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Le Paris des Merveilles T1 – Les Enchantements d’Ambremer, Pierre Pevel

Roundtable Rival – Lindsey Stirling (Extrait de l’album Shatter Me)

Vous avez sans aucun doute déjà entendu parler du merveilleux Tsundoku, un très joli mot d’origine japonaise qui désigne le concept connu de biens d’entre-nous, consistant à sans cesse acheter des livres, et à les empiler sans les lire. J’en suis une bienheureuse victime. Beaucoup de coupables à blâmer pour ma faiblesse répétée en dehors de moi, mais dans le cas présent, pour la version intégrale collector du Paris des Merveilles, les coupables sont Xavier Collette et Bragelonne. Quelle merveille que cet écrin, et quelles promesses dans ces illustrations. C’était juste un kiff, un pur plaisir de libraire débutant que de me porter acquéreur de ce livre ; non sans noter l’amusante coïncidence de voir Xavier Collette comme dénominateur commun de bon nombre de mes envies les moins raisonnables ou les plus volumineuses ( C’est toi que je regarde, Lasser). Jamais je n’avais lu un ouvrage de Pierre Pevel, n’en n’ayant entendu que de vagues échos. Je voulais simplement, pour une fois, juger un livre à sa couverture et avoir un très bel objet dans ma bibliothèque. Et puis, je me suis dit que, quand même, il était temps de m’y attaquer, et de déterminer moi-même si le contenu est à la hauteur du contenant. Voyons donc.

Nous sommes donc plongé.e.s dans un Paris uchronique, au début du XXe siècle, où la magie et les créatures féeriques issues de l’OutreMonde ont toute leur place ; les gens et les lieux sont ceux que nous pouvons connaître dans notre Histoire, mais avec des changements et des variantes diverses, une politique nécessairement bouleversée par des êtres et des rapports différents. Nous y suivons en particulier Louis Denizart Hippolyte Griffont, élégant et aimable mage de l’ordre Cyan d’un côté, et la baronne Isabel de Saint-Gil, aventurière à la morale discutable mais aux motivations louables, au charme redoutable. Dans ce Paris où intrigues et mystères vont bon train, leurs deux trajectoires seront autant d’occasions de suivre leurs péripéties que de découvrir ce monde d’enchantements et de surprises.

Premier constat, et non des moindres, tout ça se lit très bien. Une plume légère et dextre qui ne m’a jamais lassé de jolies petites formules, de saillies bien senties et de dialogues par moment savoureux, ô grand jamais ennuyeux. Je n’en regretterais que les quelques adresses au lecteur qui me paraissaient à chaque fois tomber comme un cheveu sur la soupe, en précisant tout de même qu’elles ne m’ont pas gêné en elles-même ; mais plutôt qu’elles se situaient dans cet entre-deux gênant du  »trop peu ou pas assez ». Si elles avaient été plus nombreuses, ou a fortiori justifiées dans la diégèse, je les aurais sans aucun doute plus appréciées. Mais nul besoin d’ergoter sur ce qui ne constitue au fond qu’une simple vétille subjective. L’immense majorité du texte est une joie à parcourir, c’est malin, volontiers espiègle, sans jamais perdre son temps ni risquer l’apoplexie, très bien rythmé.

Concernant les protagonistes, ils sont nombreux et tous un plaisir à suivre également, tant pour leur bagout que les valeurs qu’ils incarnent, mais sans pour autant tomber dans le piège d’en faire des icônes de pureté ou de naïveté. Des personnages entiers, donc, avec leurs qualités et leurs défaut qui nous les rendent attachants sans risquer la complaisance ou la facilité ; dont l’appréciation est magnifiée par les illustrations de Xavier Collette qui comme à son habitude sait saisir les traits et personnalités avec un talent à nul autre pareil. Toujours un bon constat à faire, ils prennent des décisions motivées et/ou réfléchies, ne sont pas badass pour le principe, prennent des coups autant qu’ils en donnent, et si leur destin, en entamant une trilogie, ne fait pas vraiment de doute pour le lecteur, on se permet quand même de se poser des questions sur la relative tranquillité du voyage. Encore un bon point donc, d’autant qu’ils et elles sont tous moteurs de l’action et non pas des pions passifs qui se contenteraient d’y répondre, ils la créent.
Les personnages secondaires ne sont pas en reste, et s’ils ne bénéficient pas du même projecteur, ils prennent une place conséquente et ne déméritent pas. Souvent amusants, jamais simples éléments de décor, ils font avancer les intrigues et les séquences dont ils sont acteurs avec des personnalités colorées et des motivations claires ; nous en apprenant plus sur eux avec un plaisir sans cesse renouvelé, grâce à des petites phrases qui en disent beaucoup avec un joli sens de la synthèse.

Tout cela sans compter, évidemment, la qualité principale du roman à mes yeux, à savoir la construction de son univers. On en découvre les détails au fur et à mesure, sans forcer ni trop en dire lorsque cela n’est pas pertinent, toujours dans le respect du rythme que j’ai évoqué. Et quelle belle richesse, à la fois dans la créativité, mais aussi et surtout dans la cohérence globale. La magie aurait pu devenir un joker, une excuse pour tous les excès, mais elle n’est qu’un élément de plus au sein d’un univers qui connaît aussi et exploite des technologies plus mécaniques, créant de fait des occasions de rencontre et de collisions des deux, dont je suis très friand. Tout comme je suis friand, par ailleurs, des atmosphères particulières que Pierre Pevel prend parfois le temps d’installer, naviguant entre la détente des salons dont on devine la fumée des cigares entre les lignes, ou le calme serein d’un square et d’une discussion sur un banc : pour finalement les envoyer s’écraser dans les récifs de scènes d’action haletantes et précises, laissant libre cours aux possibilités qu’un univers tel que celui qu’il a construit nous offre.

Et si, malgré tout, la conclusion de ce premier tome m’a laissé sur ma faim, à la fois pour sa rapidité d’exécution et ce que j’aurais du mal à appeler autrement qu’une facilité de scénario, force est de reconnaître que quelques ellipses et précipitations n’auront pas su me décevoir de l’ensemble. J’ai vraiment aimé cette lecture pour ce qu’elle était, un concentré de malice, de créativité et de promesses. Jusqu’à cet instant où, avec un (tout petit) rictus, je me suis dit que bon là, quand même, ça allait un peu trop vite pour mon goût, j’étais à fond dedans. Mais une fois cet instant passé, je me suis dit que c’était juste une question de sensibilité personnelle, et qu’il ne me fallait surtout pas bouder mon plaisir général. Au contraire, ce premier tome est rempli de perspectives très positives, et j’aurais sans aucun doute un plaisir aussi net à refaire un voyage dans ce Paris des Merveilles qui porte très bien son nom, et qui saura, je n’en doute pas, me surprendre comme il a souvent sur le faire dans ce premier tome.

Au plaisir de vous recroiser.
En attendant, que votre avenir soit rempli d’étoiles. 😉

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