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Testament T3 – Humain.e.s, trop humain.e.s, Jeanne-A Debats

ZITTI E BUONI – Måneskin (extrait de l’album Teatro d’Ira – Vol. I)

Ah qu’il est bon d’avoir des références sûres sur lesquelles retomber avec confiance en cas de coup dur. Après un rare et douloureux abandon avec À la pointe de l’épée, quelques doutes sur ma capacité à me replonger durablement dans un roman un peu long, il me fallait quelque chose pour me remettre d’aplomb. Et de fait, après la plaisante et surprenant découverte de L’Héritière puis la délicieuse continuation d’Alouettes, j’avais toutes les raisons de croire qu’Humain.e.s, trop humain.e.s ferait office d’un tremplin de retour tout à fait acceptable dans mes affaires littéraires ; entre la légèreté attendue de sa narration et son exigence thématique, je me disais que l’équilibre serait bon.
Erreur, il était excellent, à l’instar du roman lui-même, qui vient conclure avec brio une trilogie que je pourrais désormais affirmer adorer, en particulier ce troisième et dernier volume.
Et évidemment, je vais vous expliquer précisément pourquoi.

Quelques temps après les événements d’Alouettes, la vie a plus ou moins repris son court dans l’office notariale de Géraud et Agnès, souffrant encore de tous les dossiers de divorce découlant encore de la récente épidémie de Roméo & Juliette ayant touché l’AlterMonde. On s’ennuierait presque. Sauf que voilà que débarque, confié par le Cénacle Majeur des Vampires parisiens, un étrange coffre, qui semble déchaîner plus d’une convoitise. À tel point qu’on pourrait croire que l’apocalypse approche, et pour de bon.

Évacuons d’emblée l’évidence : les bases sont solides. Très solides. Forcément, avec deux très bons volumes sous le coude, Jeanne-A Debats partait gagnante. Entre le casting désormais bien connu et attaché à nos petites émotions, le world-building complet et précis qui ne souffre plus d’aucun risque d’incompréhension ou d’impression d’incohérence, on peut se concentrer sur le bouclage définitif de tous les enjeux préparés auparavant. Et évidemment, de ce point de vue, c’est une complète réussite à mes yeux. Si j’ai aimé le très léger changement de format narratif, qui vient éclairer certaines choses selon un point de vue nouveau à l’aune de la saga, j’ai surtout beaucoup aimé la confiance de l’autrice en son lectorat, qui vient reboucler sur toutes les informations précédemment disséminées à coup de références plus ou moins subtiles et de rappels aussi malins qu’efficaces. Du pur point de vue de l’intrigue, mon grand plaisir a été de voir mes effort d’attention récompensés ; anticipant certaines choses, d’autres un peu moins, mais sans jamais me sentir perdu ni trahi, et encore moins déçu.

Mais là où je dois dire que j’ai été surpris, encore plus positivement, c’est du point de vue thématique. Pendant très longtemps, je me suis cru partisan d’une inclusivité relativement douce en Littérature, de quelque genre qu’elle soit. Aborder tous les thèmes, mais pas forcément frontalement ou au travers d’un prisme trop unique qui en réduirait la force évocatrice. Si cela fait déjà un certain temps que je doute moi-même de cette approche au fil de mes découvertes, Jeanne-A Debats a définitivement fini de me convaincre que j’avais tort ; ou du moins qu’il me faut sévèrement nuancer mon opinion à ce sujet. Parce que bon sang, ce que ce roman est énervé, et quel plaisir c’est que de le lire. S’il ne se départit évidemment pas de son humour ravageur, il sait régulièrement, et avec une force rare, nous balancer quelques scènes d’anthologie en pleine tronche sans prendre de gants autre que des gants de boxe. Si un roman se passant dans le futur devait vous convaincre que parler du futur c’est avant tout parler du présent ; en voilà un magnifique exemple.

Et si on ajoute à ce ton délicieusement revendicatif l’efficacité de ses démonstrations et le même sens de l’équilibre que dans les volumes précédents, forcément, on arrive à un excellent roman, et de fait, à une excellente trilogie. D’autant, d’ailleurs, qu’elle a su à mon goût se conclure de la meilleure des façons, aussi spectaculaire qu’intime, laissant la place à toutes les émotions qu’on aimerait retrouver dans une grande œuvre. Si j’avais trouvé le deuxième tome parfaitement satisfaisant, j’ai trouvé que ce troisième était finalement le meilleur des trois, à la fois dans ses qualités de continuité, de renouvellement, et d’éclatement des conventions ; y compris au niveau de la trilogie à laquelle il appartient lui-même. Et ça aussi, je trouve ça assez cool, en soi, parce que ça dénote que sur les constats et les évolutions auxquel·le·s Jeanne-A Debats s’était elle-même astreinte au début de cette trilogie, elle en a trouvé de nouvelles à intégrer à sa fiction. J’aime cette capacité de remise en question et d’adaptation.

Donc voilà.
Pour le dire en bref, super troisième tome d’une super trilogie. La France a du talent, et Jeanne-A Debats est sans aucun doute une autrice avec laquelle ma bibliothèque va devoir compter à l’avenir : joyeuse perspective. Je ne vois guère ce que je pourrais rajouter sur tout ce que j’ai déjà dit, dans cette chronique ou les autres.
Alors je conclurai ici, sur le constat d’une inénarrable joie, celle de découvrir, encore et toujours, des ouvrages qui savent tout à la fois m’émouvoir (un peu), me faire rire (pas mal), et me faire réfléchir (beaucoup), dans un flux incessant de plaisir.
Un toast à cette découverte ci, et à la santé de la prochaine.

Au plaisir de vous recroiser.
En attendant, que votre avenir soit rempli d’étoiles. 😉

One comment on “Testament T3 – Humain.e.s, trop humain.e.s, Jeanne-A Debats

  1. Jean-Yves dit :

    Il est dans ma PAL et je n’arrive pas à lui trouver un créneau ^^’. Mais je suis d’accord avec toi : les deux premiers sont très solides. Et c’est la marque des grand.e.s d’être capable d’aller plus loin que du simple divertissement (ce qui n’est pas sale) sans être chiant ou moralisateur en prime. Bon, faut que je le remonte…

    Aimé par 1 personne

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