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Le Temps des Retrouvailles, Robert Sheckley

Read Between the Lines – Tom Cardy (extrait de l’album Artificial Intelligence)

Quel honneur, quel absolu privilège, que d’être aussi chouchouté par les amis d’Argyll.
Je n’avais jamais entendu parler de Robert Sheckley, l’occasion était donc parfaite, avec ce merveilleux SP toujours aussi superbement illustré par M Collette ; un très grand merci à tout ce beau monde, évidemment.
Et une fois n’étant pas coutume, je ne vais pas trop trainer en introduction. Pour le dire vite, la dernière fois que j’ai pris une telle baffe avec autant d’élan en découvrant un travail littéraire qui m’était à ce point inconnu, c’était avec Demain les Chiens.
Donc vous l’aurez compris : Le Temps des Retrouvailles, c’était absolument formidable. Brillant, même.

Alors forcément, chroniquer un recueil de nouvelles, c’est toujours un peu plus compliqué qu’un texte seul ; il faut essayer de trouver des dénominateurs communs, un angle d’attaque global, quelque chose qui fasse sens. Par chance, il y en a un qui me saute aux yeux, à savoir l’incroyable densité qualitative de l’ouvrage, pour commencer. Une rapide parenthèse s’impose pour saluer le travail curatif éditorial absolument impeccable de l’équipe d’Argyll, qui en plus d’une révision sans doute bienvenue des différentes traductions, n’a fait que des bons choix. Très franchement, en dehors de la nouvelle d’introduction que j’ai trouvée bonne mais sans plus (sans doute parce que c’était la seule qui me disait vaguement quelque chose), tout le reste m’a absolument mis sur le cul. Donc je vais pas trop m’embêter, finalement, je vais juste avoir à expliquer en long en large et en travers -mais pas trop longuement – pourquoi ce recueil est simplement trop bien.

Alors d’abord, c’est intemporel. Dans le sens où malgré la distance temporelle moyenne de plus de 70 ans, les idées, les concepts, ou même la façon de les articuler de Robert Sheckley n’ont absolument pas pris une ride. Vraiment. Alors certes, ponctuellement, il faut reconnaître qu’il n’y a rien d’inédit en soi, évidemment. Mais pour autant, il demeure une réelle fraîcheur dans les points de vues adoptés ou la construction des récits, ce qui leur donne toujours une saveur unique, quelque chose de singulier et d’assez bluffant à mes yeux.
D’autant plus bluffant que j’ai avec ce recueil lu un auteur qui semblait avoir saisi l’importance et la nécessité de certains bouleversements sociaux qui encore aujourd’hui posent problème de façon rageante, malgré son point de vue exclusivement masculin et parfois un peu vieillot (qu’il faut reconnaître). Je ne vais pas aller jusqu’à dire que Robert Sheckley était un féministe offensif et moderne ou un anticapitaliste convaincu, mais pour autant, clairement, il avait dans un coin de sa tête les constats et les réflexions en découlant logiquement qui aujourd’hui mènent beaucoup de luttes et de combats vitaux au sein de notre société, y compris dans le microcosme de l’Imaginaire. Comme quoi c’était déjà possible à l’époque, et ça fait autant plaisir que ça fout un peu les boules. Parce qu’encore une fois, on n’a pas tant mis du temps à comprendre ou écrire qu’on a simplement mis trop de temps à écouter.

Ce qui, d’une certaine façon, est au cœur du principe de la satire ; un principe que Robert Sheckley maîtrise clairement. J’ai ri autant que j’ai grincé des dents, avec cette capacité incroyable à mêler dans toutes ces nouvelles autant de rires que de constats désabusés sur la nature humaine, et plus particulièrement de nos problème de communication ou de vivre-ensemble. J’ai cependant particulièrement aimé le côté aussi ironique qu’optimiste et joyeux de toutes ces histoires à la fois absurdes et paradoxalement pragmatiques, poussant les potards tellement à fond qu’ils en touchaient le point de départ par l’autre bout.
Et forcément, à cet égard, moi qui aime particulièrement l’usage de l’altérité en Imaginaire, j’ai été plus que servi d’une nouvelle à l’autre, avec ces maintes histoires jouant d’incompréhensions ou de quiproquos souvent nés d’une erreur de perception du paradigme, ou de bouleversements de ceux préconçus par les personnages, devant composer avec l’inconnu sans filet, nous offrant autant de rappels à l’idée que rien n’est absolu à part notre méconnaissance de tant et tant de choses.

Que dire de plus sans enfoncer des portes ouvertes… Rien. C’était formidable, tout simplement. Malin à plus d’un titre, foutrement narquois sans être cynique, drôle et divertissant tout en plaquant subtilement un bon nombre de démonstrations assez frappantes, on touche là du doigt ma perfection littéraire. À *ça* de citer Terry Pratchett en référence croisée, mais dans un contexte et avec une approche pourtant complètement différente ; et surtout bien des décennies avant. N’empêche que je n’ai pas pu m’empêcher d’y penser, et que ça veut dire ce que ça veut dire pour moi, alors autant que je le dise. Tout comme il est bon de signaler que si vous avez aimé Vigilance, il y a là une parentalité inévitable.
Je veux maintenant lire du Robert Sheckley en quantité, avec optimisme et enthousiasme.
Merci pas merci Argyll. Mais surtout merci, en vrai ; parce que j’aime faire ce genre de découvertes impossibles sans votre travail sans des recommandations aléatoires et la chance d’une trouvaille dans une bouquinerie (pour le dire vite). C’est important d’aller chercher et de faire revivre ces vieux textes qui ne le sont que par l’âge et pas dans leur cœur, contrairement à certains textes jeunes qui promettent des révolutions sans les indispensables sincérités et singularités qui vont avec.
Ouais. C’était formidable. Absolument formidable. Donnez m’en plus. (‘Fin j’en achèterai hein, c’est pas le problème, vous me comprenez.)

Au plaisir de vous recroiser.
En attendant, que votre avenir soit rempli d’étoiles. 😉

4 comments on “Le Temps des Retrouvailles, Robert Sheckley

  1. Yuyine dit :

    Alors ça je vais adoré. Je suis très cliente de satire, j’apprécie quand des textes d’un autre temps ont une modernité dans l’âme et qui sont féministes. Moi je dis banco.

    Aimé par 1 personne

    1. Laird Fumble dit :

      Je croise très fort les doigts pour ne pas t’avoir induite en erreur.

      J’aime

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