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Série Noire #10

Les abandons s’espacent et ne se ressemblent pas.
Une série noire garantie sans seum.

Anatèm T2, Neal Stephenson
240/663
Que dire. Qu’exprimer, au delà de ma profonde déception. Je suis déçu de ce livre autant que de mon incapacité à aller au bout, après y avoir investi tant de temps et d’énergie. Peut-être, sans doute, même, aurais-je dû vraiment enchaîner les lectures du T1 et du T2, histoire de m’offrir le sentiment d’une réelle continuité dans l’ouvrage normalement unique de Neal Stephenson, et m’éviter ainsi celui qui m’a très vite attrapé la nuque pour ne pas me lâcher jusqu’à ce que j’abandonne.
Là où le « premier volume », dans sa dimension de mise en place et de dépaysement, avait réussi, en dépit de ses longueurs et de ses étranges digressions, à relativement me séduire ; bon sang, ce que ce deuxième tome a pu m’emmerder, mais m’emmerder ! Les gens dont je ne sais rien ou presque qui passent leur temps à se toucher la nouille sur des hypothèses et des théories scientifiques, au bout d’un moment, c’est quand même foutrement long. Je n’ai pas su me défaire de l’impression qu’on tournait en rond pour rien et que l’auteur avait perdu de vue l’enjeu censément central de son propre récit. Des informations nouvelles nous tombent certes ponctuellement sur le coin de la tronche, mais je serais incapable de vous dire d’où exactement, et comment elles ont été obtenues ; pire, si seulement je pouvais vraiment les croire, ou si je devais seulement en avoir quelque chose à faire. Je vais être honnête, si le niveau de vulgarisation de ce roman est plutôt excellent, en dépit du fait que je comprenais globalement ce qu’on me disait, techniquement parlant, il ne m’est pas venu à un seul moment le sentiment d’épiphanie que j’espérais de plus en en plus : celui qui me ferait simplement comprendre, fondamentalement, ce qu’on me raconte. Une grande saga de SF sur une rencontre interdimensionnel, ou juste un prétexte géant pour s’amuser (*guillemets avec les doigts*) à vulgariser des concepts scientifiques de haute volée pour le plaisir de le faire parce qu’on peut le faire. J’avais les ingrédients posés devant moi, décomposés à l’extrême, mais jamais la moindre instruction pour les mélanger ensemble de façon satisfaisante. Que de la technicité, pas le moindre semblant d’émotion.
Et de fait, à chaque fois que je devais me figurer les longues et pénibles séquences de lecture qui m’attendaient pour arriver à la fin, je laissais échapper un soupir plus profond que le précédent. Parce qu’aucune des hypothèses que je pouvais m’imaginer quant à la nature de cette conclusion n’était capable de justifier de m’infliger encore des pavés de masturbation intellectuelle par des fraas et soors me semblant évoluer dans un plan de l’existence à ce point étranger du mien, matériellement ou intellectuellement. J’ai lâché l’affaire quand je me suis rendu compte que même si ce qui m’était narré dans ce roman devait être retranscrit à une échelle de réalité proche de la mienne, je n’en aurais probablement pas grand chose à faire, tout du moins considéré selon la méthode purement théorique et logique du protagoniste de ce roman.
Tout ça sans compter le fait que l’auteur semble être lui-même conscient que son roman est trop dense et trop riche, puisqu’il nous répète des informations précédemment fournies parfois verbatim, histoire d’être sûr qu’on a rien raté, quitte à encore rallonger sa propre sauce.
Je dois être vraiment trop aigri, mais ce prisme scientifico-philosophique hardcore, il ruine tout sense of wonder pour moi.
Je me ferai peut-être spoiler la fin histoire de savoir si j’ai la moindre raison de regretter mon choix, mais honnêtement, à ce stade là, je n’y crois pas.

Hard Mary, Sofia Samatar
Fini.
J’ai mis beaucoup de temps à m’y mettre, refroidi par beaucoup de retours très tièdes, et de toute évidence, je l’ai bien senti.
Décidemment, avec cette autrice, y a un truc qui coince, et pas qu’un peu. Ma précédente tentative avec son travail avait été un abandon, et si la présente lecture n’avait pas été une novella, son sort aurait été le même ; ce qui explique pourquoi en dépit de sa complétion, elle finit en Série Noire. Je n’ai juste pas envie de m’étendre sur ce texte, et expliquer en long et en large pourquoi il m’a profondément déplu. Une bonne idée de départ, certes, mais une exécution foutraque, démantibulée et terriblement lacunaire. Une histoire à trous qui ne semble pas vraiment savoir ce qu’elle veut raconter ou pourquoi, multipliant les ellipses, les raccourcis, les envolées nébuleuses à licence poétique et les digressions étranges, sans jamais trouver son rythme ou un thème général auquel se raccrocher clairement. Un concept sans vision.
Bon bah ça c’est fait.

Le vagabond de l’espace, Robert A. Heinlein
76/252
Alors j’avoue que d’habitude, le n°3 d’une série noire est souvent provoqué par mes soins ; j’aime bien le principe du jamais deux sans trois. Mais pas cette fois. Cette fois, je me suis dit que j’allais pas fouiller dans mes vieilleries en cherchant l’opus le plus probablement abandonnable du lot, j’allais plutôt être optimiste et positif. Et de fait, entre mon abandon de chronique de Hard Mary et le présent roman, il y en a quelques uns que j’ai bien voire beaucoup aimés. Et Heinlein, normalement, c’est un auteur que j’apprécie pas mal, voire énormément, pour certains de ses textes.
Mais là, alors que j’ai pris ce petit volume en me disant que ça me ferait une petite respiration de plus en attendant d’autres de mes SP de la rentrée et quelques bouquins un peu conséquents à attaquer pour la fin d’année, ça l’a juste pas fait du tout.
Le concept de départ est pourtant prometteur, dans le genre choupi-sense-of-wonder sans prétention : un jeune homme déterminé à un jour aller sur la Lune, qui nous raconte sa vie et son parcours. Mais je sais pas, la sauce n’a juste jamais prise. J’aurais tendance à dire que ce bouquin a été écrit sans inspiration, si je croyais vraiment à ce concept. Plus prosaïquement, je dirais qu’il a été rédigé sans réel soin ni passion. les péripéties attendues et les clichés s’enchaînent, ne parvenant pas à vraiment surprendre, ou alors pour les raisons les plus ennuyeuses et les plus convenues dans le cadre choisi par Heinlein.
Beaucoup de techno-babble et de dilution de l’intrigue pour produire de la ligne et une impression que l’auteur s’y connait en vie spatiale – ce qui est sans doute vrai – mais au final pas beaucoup de substance pour contrebalancer la misogynie ordinaire et le déroulé à la va comme je te pousse d’une intrigue trop pulp et rachitique pour vraiment convaincre.
Ç’a sans doute son charme, dans son genre, et pour un lectorat qui aime les délires old school, mais pour l’essentiel, ici, le poids des années s’est méchamment accumulé depuis 1958. C’est pas que c’est mauvais, c’est juste que c’est vraiment plus au niveau. Et je sais de source sûre qu’Heinlein a fait autrement mieux et plus inspiré. Je vais essayer de me concentrer là dessus, en sachant désormais qu’il a pu trébucher, occasionnellement.

Elle aura mis plusieurs mois à sortir, celle-là. C’est cool.
À dans longtemps pour la prochaine ! =)

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