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Fiction n°292 – Aout 1978

Oui, c’est moche. Mais y a pas de meufs à poil.

Un petit Fiction, parce que.
Et le n°292, parce qu’on en a parlé sur les réseaux d’une manière qui était marrante, et que je me rappelle plus exactement pourquoi. Toutes les excuses sont bonnes, au bout d’un moment, il faut juste que j’assume.
Mais dédicace à Céline Badaroux, comme promis.

Le Voyage qui s’achève, Dean McLaughlin
Très chouette entrée en matière de ce numéro ! Un texte sobre et efficace, tout en mélancolie feutrée, avec le capitaine d’un vaisseau spatial chargé d’amener son équipage sur une planète habitable vouée à devenir une colonie humaine, et qui doit donc laisser sa place à la nouvelle hiérarchie en charge de construire l’avenir. Une histoire qui se suffit à elle même, laissant la part belle à l’expression de sentiments rares dans ce genre d’histoire. Pas grand chose à dire de plus, malheureusement, c’est juste cool.

Bien sûr, Chad Oliver
Y a de l’idée. Dans la construction, d’abord, avec cette intro qui nous présente un certains nombre d’éminents membres de l’espèce humaine attendant avec conviction d’être choisis par on ne sait trop quoi ; il y a une tension narrative intéressante. Chad Oliver est anthropologue de profession, et ça se sent dans ce qu’il met au centre de ses enjeux. Le hic, évidemment, quand on utilise la technique de l’élastique, comme ça, en délayant autant que possible la révélation d’un élément qu’on devine en creux, c’est qu’il faut que la chute soit à la hauteur de la montée de tension ; et qu’il faut que cette dernière soit organique, qu’on ne triche pas trop avec les dialogues et les éléments qu’on nous donne à lire, pour qu’on ne sente pas trop les contorsions de l’écrivain·e derrière les non-dits et les paraphrases.
Et bon, je ne dirais pas que c’est raté, ici, mais c’est pas non plus enthousiasmant. Disons que les coutures se voient assez vite pour ce qui est de la technique utilisée par l’auteur, donc on attend la révélation très tôt et ses quelques petits détours semblent assez vite superflus. Quant à la nature de la révélation elle-même, elle est cruellement datée, à tous les niveaux. J’imagine que pour 1978 et depuis une perspective américaine, c’est pas si mal – c’est même assez bien intentionné – mais les articulations du message que veut envoyer Chad Oliver soulèvent pas mal de poussière, je trouve. Après, il y a une deuxième chute par dessus la première, qui est un peu marrante, et qui rajoute une couche de lecture pas inintéressante à l’ensemble, mais elle est un peu gâchée par une vision pessimiste et cynique de l’humanité qui n’a pas super bien vieillie non plus à mes yeux.
Disons que c’est mitigé. Globalement positif, mais mitigé.

L’horreur hors du temps, Randall Garrett
Un texte à chute qui aurait pu être correct si le corps de son récit n’était pas si mauvais. C’est très long, terriblement pédestre, il n’y a aucune tension concrète, et ça sonne creux ; on sent trop vite et trop fort que la seule ambition de l’auteur est de nous amener à sa conclusion, et il essaie tant bien que mal de la délayer sans prendre le soin de créer la moindre atmosphère qui lui donnerait du sens, sans doute trop effrayé de vendre la mèche trop tôt. Et du coup, on a une narration qui nous dit beaucoup de choses mais n’évoque rien en dehors des impressions vagues et désincarnées de son protagoniste. Un mauvais soufflé qui retombe sans même avoir pris la peine de monter au préalable. Par contre, il m’a bien gonflé.
Humour.

Ici, il y aurait pu avoir une mini-chronique d’Écrit dans le passé, signé Pierre Bameul, sauf que, sans indication dans le sommaire, je ne me suis aperçu qu’au moment de lire sa notule introductive que je n’avais en fait ici droit qu’à la première partie du texte susnommé. Et comme je n’ai pas le numéro suivant sous le coude pour le moment, eh bien tant pis ! La suite.

L’amidéal, Pierre Pelot
Bon, maintenant, le nom de cet auteur déclenche des sirènes d’alarme dans mon cerveau quand je le croise ; mes expériences passées avec lui n’ont vraiment pas été bonnes, et approchent même du traumatique. J’ai eu de l’espoir pour ce texte, ceci étant dit, son postulat de départ m’a intrigué. Cette histoire d’écrivain en panne de motivation/d’inspiration, qui voit débarquer un type chez lui un soir de pluie, dont les intentions et l’attitude semblent parfaitement amicales et propices à l’aider à aller un peu mieux, mais qui éveille en lui un sentiment lancinant de paranoïa, y a une histoire, indubitablement.
Et pour une petite moitié, ça se fait tranquillement, la tension monte doucement, c’est chouette. Et puis Pierre Pelot prend un virage malhabile et bizarre, et puis encore un autre, précipitant sa conclusion dans une chute au fort goût de meh, ruinant tous les efforts consentis jusque là. Y a comme un goût de mauvaise thérapie par la catharsis auto-infligée, mais sans réelle introspection ni progrès personnel. La nouvelle semble elle-même frustrée de ce qu’elle propose, comme si elle ne voulait pas vraiment aller au bout de la démarche qu’elle propose. Du coup elle en devient frustrante.
Bof.

En bas de l’échelle, Robert F. Young
Alors que lui, maintenant, je traque ses textes tel un cochon truffier de la littérature. Donc j’étais très content de le voir au sommaire. « Il y a des écrivains dont on ne se lasse jamais », confie la rédaction en intro de sa propre notule introductive. Y a pas de mystère.
Eeeet… Dommage, là aussi. Ça démarre super bien, il faut bien le dire. Super ambiance, un protagoniste efficacement croqué en quelques paragraphes, on sent le talent de Robert F. Young pour dresser des portraits et nous découper les tranches de vie qui vont avec. Le seul souci, ici, je trouve, c’est que la chute n’est pas vraiment à la hauteur de l’idée que veut défendre le reste de la nouvelle. C’est frustrant, ça fait pétard mouillé alors que formellement, je trouve que c’est assez irréprochable. Au moins, comme toujours avec cet auteur, il a le cœur au bon endroit, donc c’est pas à rouler les yeux, juste propice à un peu soupir déçu accompagné d’un haussement d’épaules. Ç’aurait pu être super, ça se contente d’être ok. On peut toujours être à fonds.

Et voilà pour la sections fictions de ce Fiction, passons aux chroniques des chroniques.
On attaque avec l’anthologie Futurs au présent, dirigée par Philippe Curval, et présentée ici par Michel Jeury. Un recueil de nouvelles uniquement composé de primo-auteurices ; chouette concept. Assez déprimant de constater en intro un propos sur la crise traversée par la SF, sur la pénurie de jeunes auteurs et sur l’étanchéité entre littérature générale et Imaginaire. 50 ans en arrière, toujours les mêmes problématiques et la même manière de les exprimer. Ça pousserait à se demander si les choses changent effectivement, même d’un iota.
Mais bref, les textes : assez dommage que Jeury ne creuse pas ses avis au delà d’un gros paragraphe et survole chaque nouvelles de quelques mots seulement. Le comprends la contrainte du format, mais peut-être que j’aurais aimé un peu plus de précisions ; je ne sais même pas de quoi certains textes parlent. En dehors de ça, le critique souligne l’excellent standard de l’ensemble et j’aurais tendance à le croire. Toute l’ironie étant que dans les 17 noms qu’il cite, seuls deux me semblent être réellement passé à la postérité : Jean-Marc Ligny et Serge Brussolo. Mention spéciale à la recension du texte du premier, où Jeury fait preuve d’une insolente clairvoyance, prédisant que Ligny à ses yeux, trouvera vraiment la place pour exprimer tout son talent dans le roman et pas dans la nouvelle.
Terrible témoin du temps qui passe. Je mettrais volontiers la main dessus. Et je trouverais ça chouette que l’idée originale de Présence du Futur puisse être reprise. N’hésitez pas à me filer un coup de téléphone. Même un mail, hein.

Ensuite, Denis Guiot nous parle de Clone, mon double, de John Varley.
Encore un témoin terrible du temps qui passe, la moitié de la chronique est consacrée à une charmante explication du concept de clonage. 1978, un temps où même pour la SF, le clonage c’est de la SF. C’est vertigineux. En dehors de ça, une chronique bien trop verbeuse à mon goût, qui fait des phrases, et qui joue beaucoup trop de son goût pour la référence externe et les citations in extenso du texte dont elle traite, pas un grand plaisir de lecture. Néanmoins, on ne peut pas lui nier son enthousiasme et la conviction de ses arguments ; au final, elle m’a rendu curieux. Et là aussi, la conclusion nous disant que John Varley est un nom à retenir est à mettre au crédit de l’auteur.
Et vous auriez parié sur la présence de Romain Gary dans un Fiction, vous ? Bah moi non plus. Mais n’empêche que Michel Jeury nous parle de son Charge d’âme. Enfin il nous parle surtout de la guerre éternelle entre littérature générale et la SF, parce qu’apparemment la saison des marronniers c’est toute l’année quand on évoque certains sujets (et je ne jetterais pas la première pierre). Et en gros, que le bouquin est chouette, et qu’évidemment Gary écrit super bien, ce qui aide. Je peux pas dire que ça me rende particulièrement curieux, mais je ne suis pas hostile à une tentative, si l’occasion devait se présenter.
On enchaîne : La peste à New York, de Gwyneth Cravens et John S. Marr, toujours par Michel Jeury. Qui nous le présente comme un passionnant roman de politique/science-fiction, au corps défendant de l’éditeur du texte, sans doute frileux à l’idée de « faire de la politique ». Les temps changent, pas les gens, il faut croire. Le chroniqueur, en passant, suggère malicieusement un potentiel sujet de thèse que je trouve assez captivant : les présidents des Etats-Unis dans la SF. J’avoue que ce serait marrant, et je m’en serais voulu de ne pas le mentionner.
Et encore Michel Jeury pour Les 10 000 prochaines années d’Adrian Berry, dans une collection nouvelle dirigée par Gérard Klein consacrée à la littérature prospective. Et si le bouquin a l’air aussi technique que passionnant quant à ses implications futures, je salue la vision politique de Jeury qui en critique les aspects technocratiques et son « impérialisme technologique ». J’imagine que le bouquin a ses aspects captivants du point de vue de la recherche, mais nul doute que pour la part la plus humaniste du fandom, ce ne sont que des fantasmes aux conséquentes sanglantes.
Alors on passe au Complot pour tuer Souvanoff, de Serge Jacquemard, chez Fleuve Noir. Du thriller efficace aux accents de politique-fiction auquel goûte Michel Jeury, mais pas assez pour aller plus loin que la simple description de l’histoire et de ses éléments reflétant la réalité. Sans moi, mais sans acrimonie.

Roger Bozzetto prend le relais, pour nous parler de Mai 86, de Jacques Sternberg.
Et je vais être honnête : j’ai rien compris. Tout à son envie de faire des phrases bien stylées et d’étaler sa culture en multipliant les références pour le principe de faire des références, le critique en oublie de nous raconter simplement et précisément ce que le bouquin de Sternberg essaie de raconter lui-même. Sans parler de simplement nous donner son avis. Je me console en me disant que ça simplifie ma propre recension.
Passons donc aux Miasmes de mort de Richard Matheson, anthologie assemblée par Alain Dorémieux.
Et je crois que ce critique est celui que je déteste le plus lire depuis le début de mes aventures en Fiction. Mon dieu que ça se lit écrire et que ça fait des phrases ampoulées pour exprimer la moitié de ce qu’une phrase plus simple aurait réussi à dire. Mais bref, il a l’ai d’avoir beaucoup aimé. Et puis c’est Matheson, donc évidemment que je suis curieux.
Ensuite, c’est Confessions d’un barjot, de K. Dick.
C’est encore le bordel. C’est pas de la SF, mais c’en est un peu quand même parce que c’est Dick, avec ses obsessions ; la littérature se serait bien passé de ce roman, mais il est quand même intéressant, en vrai. Des listes, des accumulations, des références croisées qui ne disent rien, des formules creuses et une sorte de flux de conscience désorganisé pour parler des bouquins qu’il chronique, je suis très agacé par ce Roger Bozzetto, vraiment. Au point que je passe ses deux dernières chroniques, qui n’en sont pas vraiment. J’ai la flemme de le lire de toute manière. Faudra que je me fasse violence si je le recroise.

Finissons plutôt cette portion critique des livres de SF avec Charles Moreau et sa chronique croisée de trois romans de A.E. Van Vogt : Planètes à vendre, Invasion galactique et Les Galactiques secrets. Fun fact : j’ai abandonné le premier.
Mais c’est là le luxe de ces petites sessions archéologiques : j’apprends que le changement de ton soudain qui m’a fait fuir le premier texte est sans doute à mettre sur le compte du fait qu’il est en fait la première partie d’un agrégat de nouvelles écrites par Van Vogt qu’il a réunies en roman. Ceci explique cela.
Pour le reste… J’ai ici lu trois résumés narratifs et thématiques qui vendent de façon assez honnêtes ces trois romans. Le problème, c’est que pour avoir abandonné le premier avec un certain dégoût, et avec la réputation que des gens de confiance prêtent à Van Vogt, il faudra en faire bien plus pour me donner envie de lui donner une autre chance en dehors de rencontres fortuites. Un coup pour rien, donc.

Passons au fantastique, puisque la revue elle-même fait la distinction, dans une section pilotée par Nathalie Dudon.
On passera vite, et pour cause, c’est assez lacunaire. Les maisons suspectes et autres contes fantastiques de Thomas Owen recueillent les suffrages de la critique en quelques lignes ; les éditions du Masque en prennent pour leur grade à propos de la mauvaise qualité de leurs traductions avant qu’on parle de leur version du Faiseur d’épouvantes de Graham Masterton, qui lui est taxé d’être un bon thriller gâché par son ton moralisateur. « Walt Disney qui aurait viré à gauche », ça se pose là. Et on conclue par Histoires anglo-saxonnes de vampires, anthologie réunie par Jean Marigny : là non plus la chroniqueuse n’est pas tendre, avec le choix des textes comme leur arrangement thématique, et surtout pas avec la traduction opérée par l’anthologiste.
Tout ça ne donne pas très envie.

Cinéma ! C’est Gilles Gressard qui prend la plume maintenant.
Avec un intro ce que je devine être une profession de foi pour le critique, constatant tristement que les fans de SF en littérature peuvent parfois regarder le cinéma de SF de haut, et que ce dernier a du mal à s’imposer comme un genre cinématographique à part entière, sans parler de respectable. De fait, pour ces deux dernières observations ; je suis moins sûr pour la première. Mais soit : l’idée ici, c’est d’affirmer que des chroniques cinéma ont leur place dans une revue littéraire, pour peu qu’elles s’intéressent aux mêmes thèmes au sein du même genre. Très bien.
Premier film, Ruby, de Curtis Harrington. Honnête critique pour un honnête film, aussi fauché semble-t-il être. J’aime bien le ton de Gilles Gressard pour ce premier contact ; il y a de la chair et des arguments dans sa recension. Je serais curieux de voir ce film.
Ensuite, une sorte d’anthologie du cinéma d’animation avec Nouveau Cartoon à Hollywood, sept courts métrages réunis par Paul Dopff et Gabriel Cotto. Je ne savais même pas que ce genre d’initiatives avait pu exister. Pas beaucoup d’informations à retirer ici, mais comme morceau d’histoire du cinéma d’animation, ça doit se poser là, puisque chaque film, piloté par une équipe différente, semble utiliser une technique propre et proposer quelque chose de sincère et neuf pour l’époque. Curieux.

Chronique spéciale, maintenant, titrée A propos d’Yverdon, signée Serge Delsemme.
Où il est question d’une convention de SF. Et où bon, je rigole un peu de voir, là encore, les mêmes thèmes revenir encore et encore. Même s’il aime à les fréquenter, l’auteur trouve que les tables rondes tournent en rond, et le fandom avec lui. Ironie du temps qui passe sans vraiment passer. Inventaire des prix, signalement d’un de ces derniers remis à un fanzine apparemment trop réac pour le goût de certaines personnes sur place : on se croirait à la maison, d’une certaine manière.
Instantané évocateur, petite chronique bien sympathique.

Et pour finir, parce que l’étude qui conclut ce numéro après lui est coupée en deux et que je n’en ai que la première partie : le sempiternel courrier des lecteurs !
Et WOO, on commence fort. R. Bellenger, en somme explique qu’il va se désabonner de Fiction alors qu’il en a tous les numéros depuis le n°9. La raison : une couverture signée de Brantonne, symptôme selon lui de l’arrivée d’un « en-chef crétiniste et acculturel (si ce n’est pas doucement fascisant) », qui s’ajoute à la qualité en baisse des nouvelles dans la revue, et au fait que les introductions de ces dernières sont « débiles ». Ambiance.
Réponse salée mais civile de la rédaction à suivre : face à l’accusation de désormais s’abaisser au niveau du Fleuve Noir Anticipation, on se défend en expliquant que ça va, quand même, on en est pas rendu à publier du Guieu ou du Limat, non plus. Avec le luxe de la distance, j’avoue que tout ça est croustillant.
Puis un courrier pas bien passionnant à rapporter, juste critique exhaustif d’un numéro que je n’ai pas lu, expliquant (à tort) que le cinéma de SF ne pourra jamais être à la hauteur des livres de SF : on soupire fort.
Par contre, le suivant, alors là. Un jeune de 16 explique qu’il a failli ne pas tenir à ses achats de Fiction à partir du n°280, lui préférant Univers. Mais qu’il est content d’avoir perseveré, et qu’il a hâte de peut-être de nouveau croiser des échos critiques des nouvelles qu’il aura réussi à placer dans divers fanzines après avoir réussi une première fois dans Espace-Temps. Rien de bien passionnant, là comme ça, j’en conviens. Sauf que le jeune de 16 ans en question s’appelle Michel Pagel. Et je trouve ça beau.
Ensuite, deux pages et demie d’une grosse lettre d’Henry-Luc Planchat, et il en a gros sur la patate. Basiquement, dans le numéro 288, Jean-Pierre Fontana a attaqué frontalement le roman Triton de Samuel Delaney, traduit à grands soins par Henry-Luc Planchat, l’accusant d’être incompréhensible, longs extraits à l’appui. Sauf que pas un seul de ces extraits ne dépasse la page 80, selon lui, et que l’argumentaire est de mauvaise foi : « En gros Fontana se contente de dire : ça m’a fait chier, j’ai rien compris, et pourtant je suis pas con ». Quel délice.
Ce constat premier est le tremplin qu’utilise Planchat pour se plaindre de l’état de la critique « de SF » française (sic), trop décontractée et sans la rigueur et la discipline pour se le permettre, glissant même un petit taquet au fait que ladite critique est un boy’s club. Trop de mouvements d’humeur, et pas assez d’analyses des raisons de ces mouvements, en somme. Dit comme ça, forcément, je suis team Planchat.
Derrière, ça embraye sur une controverse autour d’un certain Bernard Blanc, sa volonté « d’aller tuer Jules Verne » et son rapport complexe avec l’essai de Gérard Klein Malaise dans la Science-Fiction. J’adorerais savoir exactement de quoi il retourne, ça m’a l’air passionnant, et pas seulement pour les gossips.
L’idée de Planchat, c’est juste de dénoncer l’attitude qui pousse beaucoup de critiques à tomber trop facilement dans l’invective et la polémique pour esquiver la vraie réflexion de fonds. 1978, 2025, même combat : je l’ai déjà dit et je le redis, nos réflexes et nos mauvais instincts n’ont pas changé, on leur donne juste beaucoup plus vite et souvent les moyens de s’exprimer sans filtres.
Mais soyons honnêtes, si Planchat touche du doigt des choses très justes et le dit globalement assez bien, son courrier pue l’aigreur à plein nez, et il s’en dégage avant tout une profonde tristesse ; celle du passionné qui voit son bébé d’amour être pourri par les querelles des autres.
Et le redac’ chef ne s’y trompe pas, puisque sa réponse est lacunaire, et si vous voulez mon avis, un brin lâche. En somme : merci Henry-Luc, super courrier, tu dis des choses importantes – mais je dirais pas lesquelles – et je réserve aux lecteurs et aux deux gars que tu cites le droit de te répondre, moi je suis perché.
Vraiment, le monde des adultes, c’est quelque chose.
Et puisque le dernier courrier recycle les vieilles questions de « est ce que la SF est politique » et « faut-il sacrifier la qualité à la notoriété », on s’arrêtera là pour cette fois.

Clap de fin.

Pfiouh, il était lourd ce numéro. Période de transition interne à la revue, maquette en révision, ambiance délétère, textes pas fifous : c’était pas la joie du tout. Mais j’ai encore appris des trucs, et ménagé des ouvertures vers l’apprentissage d’encore plus de trucs. Donc bilan positif, encore et toujours. Le trajet a beau ne pas être toujours facile, la destination vaut le coup d’oeil.
On n’en a toujours pas fini avec cette damnée revue, c’est moi qui vous le dis.

Au plaisir de vous recroiser.
En attendant, que votre avenir soit rempli d’étoiles. 😉

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