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U-H-L #11 – Le sultan des nuages, Geoffrey A. Landis

Minus Celsius – Backyard Babies (extrait de l’album Stockholm Syndrome)

Arrivé à un petit tiers de mon intégrale des nouvelles de Matheson dont je vais bientôt pouvoir vous parler sur le blog, je me suis accordé la première des deux pauses que j’avais prévu de m’accorder ; parce que 1500 pages de nouvelles, aussi bonnes soient-elles, ça prend du temps et de l’espace de cerveau disponible. Il faut savoir segmenter et prendre son temps pour faire les choses bien, parfois.
Alors en guise de pause, un UHL. Un UHL que j’ai découvert initialement en des temps où ce blog n’existait pas, figurez-vous, et dont je repousse la relecture depuis un bout de temps, précisément pour ce genre d’occasions, et aussi parce que mon souvenir de ce dernier, sans être trop acide, n’était pas non plus flatteur. Je crois me souvenir qu’à l’époque, je l’avais trouvé ok mais sans plus, le rangeant dans la catégorie des novellas pas trop à mon goût mais chouettes quand même.
J’ai changé d’avis : j’aime pas ce texte. Je n’irai pas jusqu’à le trouver mauvais, mais on est pas loin, finalement. Disons que je trouve que c’est vraiment pas ma came, d’une façon quasi agressive.

En fait, on est dans ce genre de récits où j’ai le sentiment pénible que leur auteur ne savait pas trop ce qu’il voulait raconter, et, par dépit ou par obstination, construit quand même quelque chose autour de son idée de départ, vaille que vaille. Ce qui donne invariablement des résultats bâtards, comme ici, où je n’arrive pas à identifier ce qui est de l’intention première et ce qui est de l’intention collatérale.
Cette novella aurait pu s’inscrire dans ce que j’appellerais de la SF Vancienne, une sorte de guide touristique conceptuel d’une vie humaine sur Vénus, où les personnages nous servent de prismes, visitant la planète et ses infrastructures en même temps que nous, nous faisant découvrir ses mœurs, ses us et coutumes. Je n’aurais sans doute pas plus apprécié le voyage que ça, parce que je suis le pénible de service que je suis, mais j’aurais compris la démarche. J’aurais pu alors goûter les séquences d’exposition et d’explication fournies par les hôtes des protagonistes comme ce qu’elles étaient : des expériences de pensée, des propositions sciences-fictives pures, quitte à assumer que le voyage qu’on nous raconte soit mu par un quelconque mcguffin.

Ce que ne fait qu’à moitié l’auteur à mes yeux, parce qu’il tourne l’invitation qui enclenche son récit comme une sorte d’énigme que le protagoniste devrait résoudre, sans lui accorder la moindre agentivité ou réelle personnalité en dehors de sa jalousie maladive concernant la femme pour laquelle il travaille. Il nous explique frontalement au début du récit qu’il est amoureux d’elle, très bien ; les seuls réels compliments qu’il formule à son égard, c’est qu’elle est belle et intelligente, sans jamais nous donner le moindre détail pour organiciser un minimum cet amour. Et pire, de fait, s’il s’inquiète pour elle lorsque la situation commence à légèrement se complexifier, c’est uniquement parce qu’il a le sentiment qu’elle va lui échapper et qu’il a peur de ne plus pouvoir être avec elle. Ou qu’elle ne soit plus à lui, devrais-je dire, tant je hais la jalousie et toute forme de possessivité allant dans son sillage. Et comme forcément, la jalousie du personnage empoisse la majorité des décisions qu’il prend au fil de la narration, ça affecte l’ensemble de cette dernière d’une assez dommageable ombre, à mes yeux.

Et si on ajoute à tout ça un fonds d’intrigue assez faiblard, et dont la résolution finale se fait en quelques lignes et à la lumière d’éléments de hard-sf qu’on ne peut anticiper et/ou pleinement comprendre qu’avec un bagage scientifique et culturel suffisant, ça fait beaucoup d’arguments pour dire que vraiment, c’est pas terrible. Quand on fait le bilan cumulé de tous ces défauts qui auraient pu être pardonnables pris individuellement, je trouve que ça fait beaucoup, et ça donne, comme je le disais plus haut, le sentiment d’un agglomérat d’idées, collées les unes au autres en espérant avoir suffisamment de volume et d’idées pour arriver à une sorte de synergie émergente. Sauf qu’avec des personnages fonctions, un squelette d’intrigue à peine développé et un univers résumé à quelques concepts décrits à la queue-leu-leu sans réel liant, la synergie peine terriblement à émerger.
Je ne dis pas que toutes ces idées ne sont pas mauvaises en elles-mêmes, mais sans l’approfondissement nécessaire, elles sonnent creux, pour moi. Et c’est d’autant plus dommage que leur potentiel est évident.

Bref, je ne m’attendais pas à grand chose, mais je suis quand même déçu. N’eut été ma volonté d’avoir tous les UHL recensés sur le blog, j’avoue honnêtement que je me serais bien passé de cette nouvelle balle perdue envers une collection que j’adore toujours autant. Mais que voulez vous, c’est pas pour autant que je vais renoncer à ma volonté d’être aussi honnête que possible. Et puis ça ira, dans les relectures et découvertes en retard, je suis sûr qu’il y en a des biens. Sans compter tout ce qui reste à publier. Tranquille.

Au plaisir de vous recroiser.
En attendant, que votre avenir soit rempli d’étoiles. 😉

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