
IF IT DOESN’T HURT – Nothing More
Full Disclaimer : j’aime beaucoup Denis Colombi. Depuis un certain temps maintenant, il fait clairement partie du top 5 de mes personnes favorites rencontrées sur le net. Pour être totalement transparent, je suis *officiellement* le Robin de son Batman. Je dis ça histoire que vous compreniez bien qu’il y a un biais, ici. Dès lors que j’ai appris qu’il allait publier son premier texte de fiction dans une de mes maisons d’éditions préférées, il était déjà inenvisageable pour moi que ma lecture se passe mal ; j’aime et respecte trop Denis pour ça, que ce soit en tant que sociologue ou en tant qu’être humain. Si l’objectivité critique était déjà un mythe à mes yeux de base, elle est passée au stade de vague rumeur à propos du récit qui nous intéresse aujourd’hui.
Mais par chance, il s’avère que de toute manière, même si je n’avais pas connu et apprécié l’auteur au préalable, j’aurais aimé le texte, puisqu’il est de toute évidence très bon. Et encore mieux, il l’est d’une manière qui me donne des choses à dire au delà de vils compliments extra-littéraires.
Embarquons donc.
Même si je ne suis pas un client très fervent de l’idée que l’Imaginaire trouve sa valeur première dans sa qualité d’échappatoire de la réalité, force est de reconnaître que le sense of wonder demeure une métrique non négligeable dans l’appréciation de ce que je lis. Si ce n’est pas ce que je recherche en priorité dans mes lectures, j’aime aussi l’Imaginaire pour sa capacité à, en quelque sorte, sculpter le rêve. Dès lors, comme tout bon nerd qui se respecte, j’aime les gros robots qui tapent sur des gros monstres. Je suis donc tout à fait favorable à l’idée qu’on me raconte des histoires impliquant des gros robots qui tapent sur des gros monstres.
Mais si j’aime lire ces histoires, et si j’aime qu’on me fasse rêver avec des choses improbables ou impossibles en faisant fi des limitations techniques ou éthiques que ces rêves impliquent, j’aime encore plus quand on ramène le rêve au niveau du sol. C’est mon très limité mais parfois dense côté scientifique, j’imagine, qui adore voir être explorées les ramifications les plus bassement quotidiennes et techniques de ce qui semble juste trop cool de loin. Et qui de fait, ne l’est pas tant que ça dès qu’on y regarde de plus près. Et qui, paradoxalement, le redevient encore plus, mais d’une autre manière.
Et c’est exactement ce que fait Denis Colombi dans cette novella, en nous invitant Au cœur des Méchas, auprès d’une technicienne qui nous raconte son parcours de petite main, d’invisible de la prouesse collective, faussement individualisée par des enjeux capitalistiques et politiques. Ici, mon côté pinailleur devant l’éternel m’oblige à signaler que le choix d’une narration en adresse directe au lectorat, au travers d’un inexistant personnage vecteur écoutant notre narratrice lui raconter sa vie, n’est toujours pas mon favori ; que ce soit à cause de quelques formules et réflexions ne sonnant pas très organiques aux précieuses oreilles de mes yeux, ou à cause d’une oralité parfois un peu perdue au fil du récit, mais franchement, c’est mesquin de ma part. L’essentiel est d’autant plus largement préservé que ce choix narratif totalement logique à partir de l’excellent choix de cadrage de l’auteur permet à son récit de prendre toute l’ampleur humaine et symbolique possible.
C’est là que c’est particulièrement bon, pour moi. On peut prendre ce récit au plus premier des degrés comme de façon allégorique, et ça marchera excessivement bien dans les deux cas. On peut se concentrer uniquement sur le parcours de notre héroïne, et rentrer ou non en empathie avec son parcours, ses doutes et épreuves, comme on peut y lire une métaphore géante de choses totalement étrangères aux Méchas, mais extrêmement proches de réalités contemporaines. Et encore mieux, dans les deux cas, on peut quand même trouver une dose d’émerveillement dans les quelques scènes de divertissement que convoque Denis Colombi, tout comme dans la solidité de son intrigue, tout à la fois malicieusement référencée et délicieusement singulière.
Bref, c’était excellent. Un regard original ou du moins réellement singulier sur un thème pouvant sembler inexploitable sans sombrer dans le cliché, qui parvient avec intelligence à justement éviter ces écueils, tout en sachant s’amuser, raconter une bonne histoire, et nous inviter à quelques instants de réflexion fort pertinente. Un succès. Le genre d’évidence parfaitement calibrée qui fait plaisir, en dépit de la difficulté à verbaliser les choses de façon à parfaitement lui rendre JUSTICE.
Au plaisir de vous recroiser.
En attendant, que votre avenir soit rempli d’étoiles. 😉

Les méchas c’est la vie.
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La bagarre kiféréfléchir, c’est quand même cool
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Grave.
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