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U-H-L #60 – Voile vers Byzance, Robert Silverberg

Children of the Sun – Poets of the Fall (extrait de l’album Clearview)

Après un gros morceau de fantasy qui tâche, un pôti morceau de SF pour respirer. Un bon rythme, c’est important.
Et donc rien de tel que l’UHL nouveau, même si pas vraiment nouveau, mais nouveau pour moi. Et pas n’importe quel UHL, puisqu’il s’agit d’un Robert Silverberg consacré. Comme à chaque fois, grand merci au Bélial’ pour l’envoi du SP, vous roxxez de la biquette (démoniaque).
Et je ne me sens absolument pas inspiré pour une introduction complexe ou originale, alors passons directement à la chronique, dont le bilan s’approchera sans doute de quelque chose comme : yup, c’est bien. Pas ce que je préfère, mais c’est bien.

Et pour parvenir à évoquer plus précisément mon sentiment, je vous propose de m’inspirer des meilleurs. En l’occurrence, je vais aller emprunter du côté de mon copain l’ours inculte qui un jour a inventé le formidable adjectif valise « éblouichiant ». L’épithète en question ne s’applique pas, je trouve, au récit du jour, mais il s’en approche ; il m’a donc fallu faire un effort créatif pour trouver mon terme à moi pouvant s’appliquer à ce Voile vers Byzance ; et ce terme, c’est « déprillant ». Brillant, mais déprimant. Oui, je sais, c’est pas au niveau de l’ours, mais à ma décharge, l’invention initiale est tellement parfaite que de toute manière, je ne pouvais pas lui arriver à la cheville ; ce n’est rien d’autre qu’un strict respect des hiérarchies, finalement.

Mais trêve de digressions et de bêtises, en vrai j’ai des trucs à dire à propos de ce texte. Quand je dis « déprimant », on est pas au niveau d’un De l’espace et du temps ou autres créations d’Alastair Reynolds à la sauce crise existentielle à l’échelle de l’humanité. On est pas loin, mais on s’en sort, grâce à notamment une série de pirouettes finales qui replace le récit de Robert Silverberg sur des rails plus modestes et optimistes. Mais n’empêche que pour l’essentiel, c’est quand même pas la turbo joie, soyons honnêtes. Le coup de la civilisation avancée décadente qui se lasse de tout au sein de sa joyeuse éternité, quitte à s’inventer des cycles de modes et bâtir des cités éphémères pour tromper l’ennui, Tanith Lee m’en soit témoin, c’est quand même pas la perspective la plus à même de vous donner le sourire pour la journée.
Mais comme je le disais, et heureusement, l’autre face de cette pièce, c’est quand même que le texte, conceptuellement, et narrativement, comme je le disais, il est assez brillant. D’abord avec ce protagoniste, comme prélevé depuis son New-York des années 1980 pour être semble-t-il balancé au milieu de ce monde du 50e siècle dont il ignore tout, et qu’on doit suivre à son niveau pour essayer de comprendre tout comme lui de quoi il est question. Et ensuite avec la jolie myriade de détails construisant cet univers de poche proposé par l’auteur, qui lui permettent de nous proposer une vision très singulière d’un concept de SF déjà éculé à l’époque de sa rédaction, mais subverti avec panache pour en proposer une lecture unique et assez captivante.

C’est pour ça que pour une fois je dis que c’est bien, alors même que tous les éléments convoqués par Robert Silverberg auraient pu m’amener à juste exprimer la même désillusion fatiguée qui me frappe dès qu’on aborde ces textes à propos d’un futur à la fois alléchant et terne, où l’humanité semble condamnée à répéter les mêmes erreurs nulles à contre-courant des progrès qu’elle semble pourtant avoir accomplis. Parce qu’ici, l’auteur y injecte une perspective neuve, la possibilité du meilleur, sans (trop) verser dans la révérence du martyr. Oui, ce n’est pas parfait, et c’est même, pour l’ensemble, assez glauque, sous des couverts clinquants, mais il s’y niche l’idée du mieux, et les éléments matériels permettant d’y atteindre. Et même, je l’avoue, une certaine forme de poésie. Du coup, même si le chemin est brin cahoteux pour moi, la destination vaut bien le coup.
Encore une bonne entrée fort justifiée dans une collection toujours plus riche.
Top.

Au plaisir de vous recroiser.
En attendant, que votre avenir soit rempli d’étoiles. 😉

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