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L’arme de nulle part, Edmond Hamilton

Bad, Bad Man (feat. Bumpy Knuckles) – John Cena & Tha Trademarc (Extrait de l’album You Can’t See Me)

La question de l’âge d’un ouvrage littéraire, au moment de sa lecture, est toujours un aspect délicat pour moi. A quel point une oeuvre doit elle être jugée en fonction de son contexte d’écriture, et à quel point ce contexte a-t-il compté durant ladite écriture ? Et de la même façon, à quel point le contexte de lecture doit il lui même être pris en compte au moment d’exprimer un jugement sur l’oeuvre dont on veut parler ?
Le roman dont je vais vous parler aujourd’hui m’a été conseillé par un ami à qui je demandais s’il était possible de me trouver un roman qui se rapprocherait du Faucheur, de David Gunn, de la SF passablement débile et décomplexée, le genre de lecture plaisir qui ne nous fait devenir meilleur que par un processus accéléré de catharsis radicale. C’était donc le même genre de lecture à laquelle je me préparais avec délectation, m’attendant à passer au travers comme une balle de 7,62 à travers une feuille de papier.

Le premier tome de l’intégrale des Loups des Etoiles nous raconte l’histoire de Morgan Chane, qui après un différent réglé de façon un peu trop musclé, se voit forcé à s’enfuir de la communauté qui était la sienne jusque là, les Loups des Etoiles du titre. Une horde de pillards sans foi ni lois, écumant les galaxies, ne prenant que le butin, et pas de prisonniers. Se retrouvant seul, Morgan Chane atterrit presque par miracle au sein d’une bande de Mercenaires, communauté guère plus recommandable, mais dont les règles de fonctionnement lui permettront de repartir à zéro.
Tous les ingrédients sont réunis, à priori, pour que je prenne tout le plaisir du monde à lire ce roman. Un anti-héros badass, empêtré dans une course poursuite et autre péripéties violentes laissant libre cours à son talent pour la destruction… De quoi se réjouir et profiter du voyage.
Seulement voilà, quand bien même les ingrédients sont là, la recette ne prend pas. Et alors que j’avais prévu de lire l’intégrale d’une traite, force est de reconnaître qu’en absence d’un réel plaisir de lecture, je n’avance pas aussi vite que je le devrais/pourrais. Autant m’arrêter à la fin du premier tome et passer à autre chose. Mais pas sans prendre le temps de la réflexion d’abord. Hors de question de simplement laisser le bouquin sur le côté sans savoir exactement pourquoi il ne m’a pas accroché comme il aurait pu/dû.

Je crois sincèrement que l’appréciation d’une oeuvre littéraire, ou même culturelle en général, dépend fortement des attentes qu’on développe vis-à-vis d’elle en amont, et dans une certaine mesure, même de notre état d’esprit durant sa consommation – faute d’un terme plus élégant. Ayant associé d’office Les Loups des Etoiles au Faucheur dans mon esprit, l’évident décalage entre les deux œuvres a dès le départ suscité une certaine déception chez moi. Pas un bon départ donc. Mais par la suite, alors que j’ai taché de m’ébrouer de ce sentiment pour m’attaquer au vif du sujet, à ce roman en lui même pour ce qu’il était, j’ai pu me rendre compte plus profondément de ce qui n’allait pas pour moi.
Et on en revient donc à la question de l’âge. Cela pourrait paraître un peu dur, mais force est de reconnaître que ce texte a beaucoup vieilli. Il me semble qu’avec les mêmes personnages, les mêmes enjeux, peut être même le même auteur, si ce récit avait du nous être narré aujourd’hui, il ne l’aurait pas été de la même façon. L’emphase aurait sûrement été posée sur d’autres aspects de l’histoire, on aurait plus volontiers insisté sur les différentes Races co-existant dans cet univers plutôt que de nous en faire une description rapide avant de passer à autre chose. On se serait sûrement plus concentré sur les enjeux géo-politiques, les différences culturelles, ou même les psychologies des personnages principaux, qui ne sont que trop vite effleurées. J’ai eu le malheureux sentiment de suivre des fonctions narratives dotées de quelques sentiments, gravitant autour de Morgan Chane, seul personnage doté d’une véritable progression, mais dont les enjeux me semblaient mécaniques et quelques peu éculés.

Mais voilà. Juger un roman qui date de 1967 pour des défauts inhérents à son âge, alors que la science-fiction a depuis exploré un nombre infini de thématiques dont on avait même pas idée à l’époque, est ce que c’est juste ? Difficile à dire. Probablement pas.
Et si j’avais lu L’arme de nulle part avant de lire Le Faucheur, est ce que je préférerais le premier au second ? Impossible à dire. Mais encore un important travail de relativisation à faire je crois, des questions à se poser. Moi qui aime La Saga Vorkosigan comme peu d’autres de mes ouvrages de références, aurait elle existé sans Edmond Hamilton ? Combien de grands romans aujourd’hui incontournables, dans tous les genres et domaines, inspirés par des romans qui peuvent paraître terriblement vieillots à nos yeux modernes ?

Alors non, clairement, je n’ai pas aimé L’arme de nulle part, mais je reste curieux des deux tomes suivants, en considérant que j’ai somme toute apprécié la fin du premier tome, étant juste frustré de le voir passer très vite sur des enjeux qui pour moi auraient du constituer le cœur de l’intrigue plutôt que sa chute. Un cas classique de « ça termine là où ça aurait du commencer ». Je prendrais un jour le temps de m’y replonger, avec l’envie d’être agréablement surpris et de voir que ce premier tome n’était finalement qu’une mise en place un peu laborieuse pour un ouvrage global qui me parlerait plus.
Je ne regrette pas sa lecture pour autant, puisque comme toute oeuvre, elle me pose question, elle m’amène à réfléchir, et ça, ce n’est jamais perdu.

Au plaisir de vous recroiser,
En attendant, que votre avenir soit rempli d’étoiles. 😉

One comment on “L’arme de nulle part, Edmond Hamilton

  1. muriellerochebrunet dit :

    Intéressante réflexion qui m’interroge à mon tour. Je sens intuitivement que cette question (ce problème ?) de l’âge peut être toute relative par rapport au genre de littérature concernée. Adepte du roman social, et oui, on a le droit d’être éclectique :), je me régale de la littérature du XIXème siècle… En tout cas, merci encore une fois pour ces réflexionx partagées…

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