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Celle qui a tous les dons, M.R. Carey

Simmer – Hayley Williams (extrait de l’album Petals for Armour)

J’ai tendance à me méfier de la hype. Pas tant comme phénomène à part entière – quoique – mais plutôt pour moi-même. S’auto-enthousiasmer pour quoi que ce soit dont on a que des ouï-dires et des éléments parcellaires, c’est surtout laisser la porte ouverte à la déception, ou pire, à la frustration. Ceci étant dit, il m’arrive de céder, parfois, quand les circonstances me semblent particulièrement favorables, par l’auteurice, la maison d’édition ou les conseils de certaines personnes dont le jugement me paraît fiable.
Sachons reconnaître à l’opération « Bol d’Air » tous ses mérites ; je ne me serais sans doute pas porté acquéreur de Celle qui a tous les dons aussi tôt si la conjecture particulière ne s’y était pas prêté, mais ce roman était tout de même sur mon radar depuis un bon bout de temps. Et j’avais très hâte de m’y attaquer, maintenant qu’il était dans ma bibliothèque numérique, et ayant tout de même une certaine confiance en l’Atalante pour me proposer un texte qui serait, a minima, nourrissant pour ma curiosité, grâce à son angle d’attaque original sur les zombies.
Il est donc l’heure de voir si la hype n’était qu’un appât qui a eu raison de moi :

Bien longtemps après la Cassure, effondrement global du monde civilisé du à la prolifération d’un champignon transformant ses hôtes en zombies affamés anthropophages, ou « affams » ; nous suivons Mélanie, jeune fille infectée qui s’ignore, dans un établissement militaire spécialement aménagé à son intention, et celle des autres jeunes enfants de sa condition, afin de les étudier. Car en effet, il semblerait que ces enfants, bien qu’infectés, ne répondent pas aux même critères que leurs semblables adultes, et Mélanie, en particulier, semble particulièrement brillante. Elle partage ses intérêts entre les cours que lui prodiguent ses professeurs, surtout Mademoiselle Justineau, à qui elle voue presque un culte et ses interrogation sur le fonctionnement du centre, notamment le sergent Parks, chargé de leur encadrement, et Mme Caldwell, aux occupations mystérieuses.

Je n’aime pas vraiment aborder ce qui fâche en premier, mais il faut le dire, ce roman est long. Bien trop long, ou du moins, terriblement mal rythmé, surtout sur sa première moitié, qui a été très difficile à traverser pour moi. Je ne dirais pas qu’il ne se passe rien, ce qui serait factuellement faux, mais les événements narrés le sont avec un style très descriptif, prenant parfois le temps de préciser des choses qui n’ont pas forcément un poids décisif dans l’intrigue, voire même n’ont pas vraiment d’importance. On prend beaucoup trop le temps, on n’ellipse rien, et c’est très compliqué à suivre sans lutter un peu contre l’ennui, il faut bien l’admettre. Et c’est fâcheux, parce que le contexte comme les personnages et leurs péripéties communes sont très loin d’être indignes d’intérêt, au contraire. Seulement j’ai le sentiment que la première partie du roman sert avant tout de mise en place à tous les événements d’ampleur qui prendront place par la suite. L’auteur jongle assez maladroitement entre les différents points de vue, sans pour autant se départir d’une focalisation externe, qui, bien qu’omnisciente, rajoute à la confusion générale, prêtant des paroles aux différents protagonistes en variant les niveaux de langues. Je dois également signaler un grief qui me paraît bien plus subjectif, dont je ne saurais dire si je dois l’imputer à l’écrivain ou à la traductrice, mais le surgissement de certains mots et expressions extrêmement désuètes m’a plus d’une fois fait m’interroger sur leur présence dans le flot relativement moderne de la narration et des dialogues. Et malheureusement, dans une lecture déjà un peu difficile, ces mauvaises fulgurances n’ont pas aidé.

Cependant, sans savoir dire si le roman progresse intelligemment ou si je me suis fait à son style en y progressant moi-même, il faut dire que sa seconde moitié est bien plus solide que la première, et beaucoup de ses défauts y sont gommés. Les personnages y sont mieux caractérisés, leurs pensées retranscrites avec plus de clarté, leurs points de vue mieux découpés au fil des chapitres. Ces derniers perdent en régularité de volume ce qu’ils gagnent en consistance et en rythme, se concentrant nettement mieux sur l’essentiel, et bien que faisant parfois preuve de quelques longueurs, il faut bien dire que j’ai traversé cette seconde moitié avec beaucoup plus d’allant et d’envie, et surtout sans autant batailler avec mon envie de passer à autre chose. Il faut à cet égard sans doute saluer l’intrigue elle-même, qui concentre la majeure partie de l’intérêt global du roman, avec ce vecteur de contagion original et cette idée de donner à une petite fille une bonne partie des clés pour résoudre les problèmes qui se posent à un groupe d’adultes qui en a la charge. Si les caractérisations pêchent dans la première partie, elles sont nettement mieux creusées dans la seconde, parvenant finalement à s’extraire avec une certaine élégances des clichés dans lesquelles elles s’étaient empêtré : entre le soldat bourru et désabusé mais avec un cœur d’or, cette enseignante plus dure qu’elle n’en a l’air ou cette scientifique ne pensant qu’à son travail devenu presque sacré. Tout n’est pas parfait, mais l’intention de faire quelque chose d’autre que ce qui est attendu est tout de même plaisant, et d’autant plus satisfaisante qu’elle parvient à réellement surprendre, tout en restant tout à fait cohérente.

Mais cette dichotomie est assez curieuse et gâche le potentiel de ce qui aurait pu être un excellent roman, jouant notamment sur le principe de cette jeune fille intelligente à l’extrême, fonctionnant selon des règles différentes des nôtres, dans un monde dont les règles n’ont rien à voir avec les nôtres non plus. Le cocktail aurait pu être détonnant, tout comme le fonctionnement des affams aurait pu laisser place à bon nombre d’excellentes idées. Je crois que le roman souffre tout simplement, comme beaucoup d’autres de son genre, d’une envie de trop en faire, voulant caser dans son récit, par exemple, des rapports humains et amoureux clairement superflus et bien trop forcés. J’aurais tendance à dire que le récit souffre un peu trop souvent d’une question de distance avec ses enjeux, se concentrant trop sur certains qui ne semblent pas compter, et pas assez sur ceux qui en semblent revêtir une véritable importance. Surtout en considérant que Mélanie donne son titre à l’ouvrage, qu’elle en est clairement l’enjeu majeur et le personnage le plus captivant, mais qu’elle doit partager les trois quarts du roman avec ses compagnons de voyage. Aussi logique que ce soit, puisqu’elle n’est qu’une fillette et qu’elle n’a pas connaissance de tous les enjeux autour d’elle, son intelligence aurait pu justement être un vecteur intéressant pour effectivement tout voir par ses yeux, surtout en considérant à quel point son regard sur les choses est neuf en comparaison des adultes. C’est assez frustrant pour le lecteur que je suis, même si je peux concevoir à quel point il est difficile, voire piégeux, d’écrire un enfant, qui plus est aussi intelligent qu’elle, sans très vite tomber dans l’écueil du singe savant. Et d’autant plus frustrant que les chapitres écrits de son point de vue, surtout vers la fin, sont sans doute les plus intéressants et les mieux écrits.

Alors que retenir de Celle qui a tous les dons ? C’est compliqué. D’un côté, nous avons des personnages plutôt organiques, un récit intriguant et un univers pas dénué d’intérêt, mais de l’autre nous avons une première moitié terriblement poussive et des enjeux un peu perdus entre le premier et le second plan. Compliqué, oui. S’il eût fallu que je laisse tomber cet ouvrage avant son pivot narratif le plus captivant, je n’aurais sans doute eu que des mauvaises choses à en dire ; et si je n’en avais pas entamé la lecture pour ce blog, c’est sans doute ce que j’aurais fait. Une bonne nouvelle donc, somme toute, que je me sois accroché. Car au delà d’avoir été agréablement surpris par certains revirements de situations, et surtout la conclusion, j’ai finalement réellement été séduit par l’intention. Ce roman est loin, très loin d’être parfait, mais il a su batailler suffisamment fort, je crois, avec ses défauts, pour en devenir tout à fait recommandable, pour les adeptes du genre, en tout cas.
Je ne regrette pas, et je me pencherai sans doute sur le deuxième tome, au moins par pure curiosité.

Au plaisir de vous recroiser.
En attendant, que votre avenir soit rempli d’étoiles. 😉

3 comments on “Celle qui a tous les dons, M.R. Carey

  1. Symphonie dit :

    Je ne savais pas qu’il y avait une suite, le tome 1 se tient tout seul ou pas ?

    J'aime

    1. Laird Fumble dit :

      Je dirais que oui. La fin est ouverte mais assez définitive quand même, si ça fait sens.
      Et je crois que le deuxième tome est indépendant, en terme d’intrigue.

      Aimé par 1 personne

      1. Symphonie dit :

        Merci, je le garde dans ma PAL alors^^

        Aimé par 1 personne

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