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À la pointe de l’épée, Ellen Kushner

Abandon à la page 372/574 (Édition Hélios)

C’est ce qu’on appelle un crève-cœur. Un vrai de vrai. D’abord parce que je n’aime pas m’avouer vaincu à la lecture d’un ouvrage, encore moins lorsqu’il s’agit d’une première grosse lecture de reprise après une période de relative disette littéraire, mais d’autant plus parce que je déteste, par dessus tout, être déçu. Dans le sens où j’avais choisi ce bouquin parmi tant d’autres dans ma PàL avec une réelle envie, une non moins réelle curiosité, et un damné enthousiasme que je ne pensais pas pouvoir encore avoir pour un ouvrage dont je ne savais quasiment rien.
Du « capes & d’épée », de l’inclusion, des intrigues de cour, de l’originalité, que ne m’avait-on tacitement promis pour que mes espoirs fussent si hauts à l’entame de ma lecture. Ces textes, ou du moins leur agrégation, avaient normalement tout pour me plaire ; j’étais censé être en terrain conquis. Et pour autant, par un étrange et malheureux procédé que je n’arrive pas tout à fait à m’expliquer, je dois confesser que c’est l’inverse qui s’est produit ; après un début pourtant fort prometteur.
Comme d’habitude, mais avec encore plus de soin, parce que je n’ai pas tous les éléments à ma disposition, essayons de déterminer honnêtement pourquoi ça a coincé.

D’abord, il faut peut-être prendre en considération que je n’étais pas préparé à une intégrale ; ici la faute de ma politique d’en apprendre le moins possible sur les ouvrages que je me procure à la suite de recommandations. Mais le fait est que d’attaquer bille en tête ce qu’on pense être un roman pour lire une nouvelle, puis une lettre, puis une autre nouvelle, puis une lettre, puis le roman attendu, avec à chaque fois un ton ou des points de vue différents, c’est déroutant. Pour autant, ça ne m’a pas refroidi d’emblée ; j’ai même trouvé ça rafraîchissant, sans être révolutionnaire. Non, c’est au fil du roman lui-même, enrichi des perspectives de ses préquelles, que mes problèmes avec le travail d’Ellen Kushner se sont rendus inévitables et trop lourds pour mes épaules, sans doutes fragilisées par ces dernières semaines un peu difficiles.

Et mon problème principal, c’était les personnages. Je les déteste. Tous. Je ne saurais pas dire si c’est la trajectoire de Saint-Vière, le bretteur qui constitue notre protagoniste principal qui me l’a rendu si antipathique, ou le monde dans lequel tous ces gens évoluent, mais je n’ai pas pu en apprécier un seul, même un tout petit peu. Entre leurs obsessions de pouvoir, d’honneur, de puissance, de richesse, de renommée, leurs pulsions tragiques et leurs inconsistances, j’avais envie de leur coller des baffes, tous autant qu’ils étaient. J’ai besoin de m’attacher un tant soit peu aux personnages que je lis pour avoir envie et besoin de savoir ce qu’il va advenir d’eux. Or, au bout de 372 pages, ils auraient tous pu souffrir d’une combustion spontanée m’offrant à lire d’autres aventures que les leurs sur les 200 pages qui me seraient restées, je n’aurais probablement pas levé un sourcil.
Je conçois que c’est un peu violent, comme formulation. Mais le fait est que ce n’est pas forcément étonnant, à la réflexion, une telle incompatibilité d’humeurs entre ce texte et moi. Parce que tous ces personnages et leur univers opéraient un rappel trop cruel à la réalité à mes yeux ; ça manquait d’Imaginaire, finalement, tout simplement. Et malgré certains de ses aspects les plus modernes (notamment sa bienvenue inclusivité), je ne pouvais pas m’attacher à ces personnages oisifs et bourgeois dont la seule occupation semblait être des jeux de pouvoir et de rhétorique à 19 dimensions auxquelles, pour être tout à fait honnête, je ne comprenais pas tout. Mais surtout, je ne pouvais pas m’intéresser aux trajectoires de personnages prêtant si peu d’importance aux vies des autres ou même au simple concept d’empathie, tous tournés vers leurs propres nombrils et leurs drames personnels, qui n’ont vraiment l’air d’en être que dans leurs têtes.

Ce roman et ces satellites m’ont paru plus faire le portrait d’un monde détestable dont les personnages ne sont finalement que les incarnations diverses. Si Ellen Kushner n’a absolument pas raté son coup, à mes yeux, je n’étais simplement absolument pas la cible. Ses personnages sont complexes et organiques, ses intrigues croisées font sens et racontent une histoire convaincante, ponctuellement intrigante ; seulement elle ne le fait pas dans le bon cadre pour que cela m’intéresse, tous simplement. Je n’avais pas envie de lire une tragédie dont les personnages sont les pêchés qui gangrènent le monde qui les entoure ; en tout cas pas comme ça, pas maintenant, et pas sans être certain que c’était bien l’intention de l’autrice.
J’ai abandonné parce que même si ça se lisait plutôt bien, je n’avais pas envie de prendre du temps supplémentaire pour savoir ce qui allait arriver.
Je me garderais peut-être la fin pour une autre fois, quand je serais motivé à essayer de donner une chance à Ellen Kushner de me prouver que j’avais compris de travers. En attendant, il faut que je me préserve.

Au plaisir de vous recroiser.
En attendant, que votre avenir soit rempli d’étoiles. 😉

2 comments on “À la pointe de l’épée, Ellen Kushner

  1. Yuyine dit :

    Je comprends ton ressenti. Le rendez-vous est raté mais ça n’en fait pas moins un roman intéressant. Je le garde en tête mais, moi aussi, pour un autre temps.

    Aimé par 1 personne

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