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Le Prophète et le Vizir, Yves & Ada Rémy

The Curse of the Sad Mummy – League of Legends

C’est bien, de tenter des choses. Je pense sincèrement que j’ai beaucoup évolué dans un sens bénéfique, en tant que lecteur et en tant qu’être humain, en acceptant de ponctuellement prendre des risques, de me laisser tenter sans jugement et sans a priori. Ce que j’ai encore une fois fait en recevant avec joie ce SP des éditions Pocket Imaginaire, et en décidant de le lire dans une période où je pense avoir besoin d’une certaine légèreté dans mes lectures, au moins en terme de volume ; puisque comme toujours, je ne déroge pas à ma règle d’en savoir le moins possible avant de me lancer.
Ceci étant dit – *Soupir dramatique* – pour cette fois, je dois avouer que je sature un peu de ma propre bonne volonté et de mes propres velléités exploratoires. Après cette lecture et pour quelques temps, il va peut-être falloir que je songe à revenir aux fondamentaux.
Parce que Le Prophète et le Vizir, malgré ses indéniables qualités, sur lesquelles je reviendrai évidemment, c’était vraiment pas pour moi.

Le truc, c’est que le conte philosophique, genre auquel il me semble que cette novella est un ambitieux hommage, ce n’est pas vraiment ma tasse de thé. Et assez ironiquement, pas tant dans le côté philosophique que dans le côté conte. Le merveilleux est un registre qui m’ennuie -pour rester poli – je m’en rends de plus en plus compte. Le souci de la lecture du jour est donc, pour moi, est clairement du côté de la forme plutôt que du côté du fonds. Parce que ça va trop vite, parce qu’il y a une distance assumée dans la narration, un enchaînement froid des événements qui m’empêche de rentrer dans le récit qui en est fait, un déséquilibre dans les enjeux, et surtout un aspect didactique assez insupportable. Ce qui est paradoxal, pour moi qui aime beaucoup l’idée que les contes soient des vecteurs pédagogiques ; mais pour autant, j’ai vraiment du mal à trouver justifier un ton si détaché à chaque fois, appuyant les points d’ironie dramatique ou annonçant certains événements à venir avec un faux mystère qui n’a pas le temps de s’installer correctement ou, de fait, d’exister par lui-même.

Ce qui est d’autant plus dommage ici, parce que le fonds de cette histoire de prophéties mobilisées par les Rémy est proprement passionnant, c’est même un sujet que je compte volontiers parmi mes faiblesses régulières en terme de trope, souvent sous-exploité. Et pourtant, la magie n’a pas opéré, pour cette fois, en dépit d’une exploitation vraiment maline du concept au sein de l’intrigue. Tout découle je crois des choix narratifs opérés par les auteurices, qui m’ont personnellement rappelé d’autres contes philosophiques d’une autre époque plus lumineuse, mais avec une touche de modernité et de recul historique très bienvenue. Ce qui donne dans l’idée un mélange entre tradition et modernité que je ne peux pas renier sur le principe, mais qui dans la réalisation ne fonctionne pas vraiment à mes yeux. J’ai eu le sentiment d’un texte qui avait très vite essoufflé ses meilleurs concepts en voulant rester près de ses inspirations, enchaînant ses séquences de façon bien trop déliées, les diluant dans un verbiage certes élégant, mais manquant finalement de substance ; on se retrouvait trop souvent à lire nos leçons verbatim dans le texte, simplement entrecoupées de petites aventures se ressemblant toutes un peu mais desquelles on pouvait retirer des morales diverses. Peut-être que cela manquait simplement d’une distribution de personnages un peu plus large où d’immersion dans les sentiments de ceux qui nous étaient présentés pour gagner en organisme, je ne saurais dire.

Tout ce que je sais, c’est que j’ai fini cette lecture extrêmement frustré. Comme souvent dans ces cas-là, c’était plus à cause du sentiment d’occasion manquée que d’une impression de réelle incompatibilité d’humeurs ; encore renforcé, d’ailleurs, par la conclusion particulièrement abrupte, oserais-je même dire sournoise, qui m’a fait soupirer d’agacement. Parce que j’ai eu en la lisant le sentiment d’avoir été quelque peu trahi par un texte qui en me faisant cette révélation, avouait à demi-mot qu’il aurait pu me raconter son histoire d’une toute autre façon ou avec un autre point de vue, que j’aurais trouvé autrement plus intéressant.
C’est le souci de ces textes qui tentent des choses audacieuses, il faut croire. L’idée d’un conte philosophique s’ancrant dans les traditions et l’Histoire arabes me plaît, d’autant plus quand le prisme me paraît respectueux comme ici. Mais entre l’idée et sa réalisation, il y a toujours la possibilité d’un raté dans la réalisation. Je dirais que c’est ce qui est arrivé là. Comme toujours avec moi et mon côté pinailleur, ce sont des questions de style et de cadrage qui font que je suis passé à côté.
*Hausse les épaules avec un air fataliste*

Au plaisir de vous recroiser.
En attendant, que votre avenir soit rempli d’étoiles. 😉

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