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La Machine T2 – Les fils du feu, Katia Lanero Zamora

Last Train to Nowhere – Ghost Hounds (extrait de l’album First Last Time)

Un de mes défauts dans la vie, c’est de régulièrement commencer des choses pour ne pas les terminer. Ça s’applique évidemment à mes lectures et à toutes les sagas, trilogies et même certains diptyques, commencé·e·s mais jamais terminé·e·s, quand bien même le début aurait été prometteur. Et j’aime pas ça. Alors quand j’ai fini le premier tome de La Machine, je me suis promis de pas laisser traîner trop longtemps, cette fois, mince.
Et donc voilà, j’ai fini. Et je suis là pour vous dire qu’en dépit d’un second tome faisant globalement montre des mêmes qualités cardinales que son prédécesseur, je suis franchement déçu.

J’ai très vite compris que ça n’allait pas aussi bien se passer que la première fois en lisant la transition directe faite entre ce tome et le précédent par une très longue ellipse et un déroulé narratif de nouveau assez lent ; après le crescendo final venant couronner de succès le slowburn du premier volume, je n’étais pas préparé à de nouveau devoir lire une longue mise en place préalable à une accélération finale. Pour le dire clairement, j’ai trouvé que ces Fils du feu, globalement, manquaient assez cruellement d’intensité, tout en manquant, paradoxalement, d’ampleur ; ce qu’on pourrait résumer à un problème général de rythme, finalement. Je ne peux toujours pas dire que je me suis ennuyé, non, puisque je suis allé au bout sans aucun problème et avec fluidité ; mais j’ai trouvé que l’autrice n’avait pas su gérer correctement les instances d’accélération et de ralentissement de son intrigue, passant parfois beaucoup trop vites sur des scènes nécessitant plus d’efforts, ou s’appesantissant sur des détails qui n’en méritaient peut-être pas tant. On a certes le droit à beaucoup de séquences très réussies ou à d’autres un tout petit peu moins mais qui fonctionnent à plein au bénéfice de la longue construction préalable de la structure du roman ; mais il n’empêche qu’après un tome entier de mise en place puis une explosion, je m’attendais à une conclusion à la hauteur de cette explosion, pas à exactement la même structure en crescendo final après deux tiers de mise en place.

D’autant que cette redondance structurelle cause à mes yeux des échos négatifs dans la narration, qui pendant un temps, à force de vouloir à tout prix ménager son suspense et son dernier tiers, en vient un peu à tourner en rond, sur ses idées comme sur le fonds de ses événements ; me ramenant logiquement aux problèmes de rythme que je citais plus haut. Parce que le plus gros problème de ce volume à mes yeux, c’est sans doute son déséquilibre assez évident entre les ambitions créatives et évocatrices de l’autrice et le volume qu’elle s’est allouée. Trop de scènes et d’idées à caser, entre les trajectoires purement humaines de ses protagonistes et les trajectoires géopolitiques du pays qu’ils habitent, pour un roman de fait précipité dans l’exécution de la plupart d’entre elles. Comme souvent pour moi : trop de lièvre à chasser, et aucun réellement attrapé au final. Enfin pas vraiment, je suis un peu injuste. Les histoires d’Andrès et Vian, pour un cœur un peu moins pétrifié que le mien, sont émouvantes en dépit de mes reproches techniques ; et de la même manière, le propos politique du roman reste tout à fait pertinent, quoique un brin caricatural par moments, ou complètement abusé en une instance précise qui m’a fait lever les yeux au ciel et gémir ostensiblement.

Le truc en fait, je crois, c’est que le squelette général de tout le diptyque est impeccable mais manque juste de chair dans ce deuxième tome pour parvenir à réellement me convaincre. Ses événements sont sans doute les bons à raconter dans l’optique des ambitions de l’autrice, mais il manque à l’ensemble une certaine amplitude pour en quelque sorte mériter certaines de ses scènes et séquences les plus marquantes. C’est sans aucun doute à mettre sur le compte de mon éternelle clinicité littéraire, si j’ose dire, mais j’ai trouvé que certaines scènes se voulant particulièrement émouvantes ou éprouvantes manquaient pour moi d’une mise en place spécifique pour toucher à une réelle émotion plutôt qu’à une idée d’émotion. Pour chacune de ces scènes, je voyais tout à fait l’intention de Katia Lanero Zamora, et la narration était à chaque fois adéquate, mais la superficialité de la préparation due à la démultiplication des enjeux dans un volume trop restreint me faisait me dire qu’il y avait un goût de trop peu. Ou, dans le cas de la conclusion, un arrière-goût amer : si je comprends et salue l’intention de l’autrice d’en arriver là et de la manière qu’elle a choisie, j’ai trouvé que c’était presque trop facile, trop rapide ; curieusement, que ça manquait de contexte et de préalables. J’aurais pu y croire avec une construction plus riche et plus exigeante, au long cours ; là, c’était trop subit. Presque naïf, ce qui ne colle pas avec le reste du récit à mes yeux.
Bêtement, je pense qu’avec une structure un peu révisée et une plus grande amplitude narrative, courant probablement sur trois tomes plutôt que deux, en prenant plus son temps pour développer certains des aspects les plus intéressants de son œuvre, et surtout en évitant quelques écueils un peu évidents, l’autrice m’aurait pleinement convaincu.

Comme souvent, heureusement, je ne peux pas dire que ce roman soit mauvais ou une complète chute par rapport à son volume précédent, non. Il conserve à mes yeux une bonne part de ses qualités et y adjoint une certaine audace dans quelques uns de ses choix les plus risqués ; je les salue pour ce qu’ils suggèrent de courage dans un récit comme celui-là, dans lequel on en aurait cyniquement attendu d’autres. Le récit fonctionne tout à fait, et d’autant plus si au contraire de moi, vous êtes capables de ressentir de réelles émotions durant vos lectures : certains moments doivent sévèrement piquer. Mais moi qui suis dénué de ce pouvoir d’empathie au travers du papier, j’ai trouvé que cette conclusion était précipitée et manquait de l’ampleur que méritaient ses sujets, thématiques comme humains. Je suis déçu parce qu’il m’en fallait plus, pas parce qu’il y en avait trop ou que c’était mal ficelé ; je suis sans doute plus difficile que Katia Lanero Zamora n’est inconséquente dans son écriture. Ses choix n’étaient simplement pas ceux que j’aurais fait à sa place, si j’ose dire. Ça se joue à pas grand chose.
Nonobstant, merci l’ours pour la découverte.

Au plaisir de vous recroiser.
En attendant, que votre avenir soit rempli d’étoiles. 😉

2 comments on “La Machine T2 – Les fils du feu, Katia Lanero Zamora

  1. Avatar de oursinculte L'ours inculte dit :

    On a vraiment des cerveaux qui fonctionnent pas pareil, toi et moi XD (et c’est fort amusant)

    Aimé par 1 personne

    1. Avatar de Laird Fumble Laird Fumble dit :

      Ouais, t’es trop sensible.

      J’aime

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