Bonjour ! Aujourd’hui en intro, je fais court, parce que j’inaugure un nouveau format sur le blog, et que c’est pas sur moi qu’on met la lumière.
Comme son nom l’indique ; carte blanche. Z’avez envie de parler d’un truc que vous kiffez, ptet’ d’un truc qui vous met particulièrement en rogne ? Je préfère la première option, mais quitte à avoir un peu d’audience, autant qu’elle serve, alors je vous donne la parole, parce que ça me fait plaisir.
Alors voilà. Aujourd’hui, c’est mon frangin, pas seulement nepo-brother du blogging, mais doué dans sa partie, qui vous cause. Son sujet, ses images, ses mots, tout ce qui suit sera signé de lui.

Imperium – Machine Head
Everything Ends – Architects
Peut-on vraiment parler de carte blanche quand l’univers dont il est question dans cette modeste chronique est autant teinté de rouge sang et de noir désespoir (ouah le mec qui joue au poète direct) ? Car dans les ténèbres du lointain futur de Warhammer 40,000, il n’y a que la guerre (sic). Ou, soyons immédiatement plus précis, dans ce billet j’avais surtout envie de vous parler du passé (mais qu’est-ce qu’il raconte ? il va se calmer avec les parenthèses ? (non)).
Pour ceux qui l’ignoraient, initialement Warhammer 40 000 – et son pendant original médiéval, Warhammer — est un univers créé en 1987 par Games Workshop pour vendre des jeux de guerre de figurines. Le succès étant au rendez-vous, ces univers seront alors déclinés au fil des années à toutes les sauces, y compris en jeux vidéo et en romans, pour en étendre le lore toujours plus massif.
Impossible de dire aujourd’hui comment je suis tombé dans Warhammer 40,000 la première fois. Le jeu vidéo Dawn of War ? Le formidable roman Déluge d’Acier de Graham McNeill ? Les magazines de Games Workshop lorsque je jouais aux figurines Le Seigneur des Anneaux ? Quoi qu’il en soit, aujourd’hui, j’ai lu pas loin de cent (100) romans se déroulant dans l’univers de Warhammer 40,000, et en grande majorité durant la saga de l’Hérésie d’Horus dont j’ai très envie de vous parler aujourd’hui.
Horus, ô désespoir
Se déroulant autour des années 30,000+, et non 40,000+ où se passent beaucoup des intrigues modernes du jeu de plateau et des jeux vidéo (d’où le fait que je parlais de passé en intro, faut suivre), cette saga s’intéresse à la chute de l’Imperium qui a mené à la situation géopolitique « d’aujourd’hui ». L’Imperium, c’est le royaume des humains, dirigé à travers les étoiles par l’Empereur, un être surhumain qu’il ne faut surtout pas qualifier de Dieu alors qu’il en a toutes les caractéristiques. Après des décennies de conquêtes à la tête de ses armées, alors à l’apogée de la galaxie quand les futures menaces existentielles des Orks, des Tyrannides, des Nekrons, des Taus et autres Eldars ne sont qu’une poussière sur son armure, l’Empereur décide de se retirer sur Terra et de laisser Horus Lupercal boucler la Grande Croisade à sa place.
Horus, c’est le Primarque préféré. Le chouchou de l’Empereur, son fils favori, le plus charismatique et compétent et le plus à même de devenir Maître de Guerre pour mener ses autres frères Primarques et leurs armées de Space Marines. Si ce n’était pas clair, physiquement et mentalement, un Space Marine même sans son armure énergétique domine tranquillement un humain normal, tandis qu’un Primarque (il y en a 18, pour autant de Légions de Space Marines), même les mains attachées et les yeux bandés, explose un Space Marine. Tout est dans la finesse dans cet univers, où tout est toujours plus grand et plus fort que son voisin. Bref.
Sauf que comme vous vous en doutez peut-être, Horus va chuter. Manipulé (dans les grandes lignes) par les Dieux du Chaos, le Maître de Guerre et environ la moitié des forces impériales vont se retourner contre l’Empereur. Va en découler une guerre civile meurtrière et inédite sur plusieurs années, car jamais un Space Marine n’avait levé la main sur un autre Space Marine. On parle ici de milliards de morts et de millions de mondes détruits qui vont engendrer la chute d’un empire que tout le monde pensait imbattable. L’échelle de cet univers, encore une fois, est absurde.
J’peux pas, j’ai génocide
La période, simplement évoquée en quelques lignes dans les règles de Warhammer 40,000 initialement, a tellement passionné les joueurs et est devenue une pierre si centrale de cet univers dystopique qu’elle est aujourd’hui devenue une saga en dizaines de tomes. Entre les 54 de L’Hérésie d’Horus, les 10 dédiés uniquement au dernier carré, le Siège de Terra, et la toute nouvelle saga qui s’intéresse à la suite directe des événements, difficile de dire que Games Worskhop n’a pas senti et exploité le filon (sachant que tout n’a pas été traduit). Bien sûr, tout n’est pas bon. Avec une saga aussi massive, des dizaines d’auteurs différents et des livres de remplissage qui ne peuvent que pâlir face à certains tomes charnières, impossible de tout apprécier. J’ai même sauté quelques bouquins, en cours de lecture ou en amont en lisant quelques critiques au préalable.
Pourtant, même quand j’ai été le plus fatigué par cette saga à rallonge conçue en grande partie par Games Workshop et Black Library pour faire de l’argent le plus longtemps possible, j’y suis systématiquement retourné. Et je ne compte actuellement pas m’arrêter là. Contrairement à mon « syndrome The Walking Dead » (j’ai continué la série pendant des saisons par souci de complétion alors que c’était NUL), Warhammer 40,000, et plus spécifiquement la période de l’Hérésie d’Horus, est un vrai plaisir (coupable) que j’assume pleinement malgré ses nombreux aspects répétitifs et bas du front. Comment l’expliquer ?
Tout d’abord, je pense que j’aime l’univers de W40K pour son sérieux permanent, son âpreté et son absence de manichéisme. Les vrais héros hors Space Marines formatés sont très rares, et presque toutes les factions en présence sont mauvaises à différents degrés. Même l’Imperium est une dictature xénophobe ultra-patriotique qui ne fait pas dans la dentelle avec ses ennemis et ses propres grouillots, et les motivations des rebelles d’Horus peuvent parfois s’entendre (et parfois pas du tout). Primarques et Space Marines ont été génétiquement créés par l’Empereur pour obéir et faire la guerre. Dès qu’il s’agit de réfléchir au-delà, et notamment à l’après-Croisade, les problèmes ne sont jamais loin.
Orgueil et Préjugés (racistes)
J’aime aussi la violence totale et omniprésente de cet univers démesuré sans pitié, riche en technologies et juste ce qu’il faut de magie du Warp pour éradiquer son prochain. Très peu de personnages sont à l’abri d’une mort subite, et l’arrivée du Chaos au cœur d’un Imperium en pleine confiance est un délice pour créer des récits dramatiques. Sans surprise, les combats, qu’ils soient au sol dans la boue, à bord de Titans de la taille d’immeubles ou dans l’espace entre des vaisseaux spatiaux cathédrales titanesques, sont parmi les meilleurs, toutes licences ou toutes œuvres confondues. Rares sont les affrontements dans des romans dont je me souviens encore, mais certains de l’Hérésie d’Horus sont gravés à jamais dans ma mémoire (merci messieurs McNeill, Abnett et Dembski-Bowden notamment).
Si les affrontements déchirants et violents entre anciens alliés et frères d’armes sont sans surprise au centre de bien des romans, la période de l’Hérésie d’Horus est également riche en politique, en intrigues, en trahisons et en questions plus fines. La place de la religion, absolument interdite à cette époque là avant de devenir la norme en 40,000, est aussi centrale dans de très nombreux débats. Si l’intrigue se place souvent à hauteur de Space Marines ou même de Primarques, la saga n’oublie pas aussi de redescendre régulièrement à hauteur d’hommes et de femmes lambda pour mieux faire vivre l’horreur de cette période quand on est moins qu’un tout petit rouage dans une machine Impériale massive et écrasante.
Nous ne sommes certes pas devant l’œuvre littéraire la plus complexe ou riche narrativement parlant, mais s’arrêter à des surhommes qui tapent sur d’autres surhommes serait tristement et faussement réducteur (mais parfois vrai, et on est aussi là pour ça, greu). Pour trouver un peu d’humour, de romance et des joutes verbales enlevées, il faudra probablement aller lire ailleurs (ou éviter les Space Marines, au moins). Mais pour les amateurs et amatrices de grandes fresques dramatiques qui se prennent très au sérieux tout en faisant vrombir des épées tronçonneuses sur fond de guerre totale, de désespoir et de rancœur, vous êtes au bon endroit. Si vous êtes également sensibles à la stratégie du MCU qui consiste à regrouper de temps en temps des personnages qui ne se croisent pas souvent façon Avengers, vos boutons seront également cliqués régulièrement.
Captain Americwaaaaaaaaagh
Difficile d’ailleurs de ne pas se passionner pour les différentes Légions de Space Marines et leurs Primarques aux méthodes et caractères bien différents, qu’ils soient loyalistes ou traîtres. Tous ont un gimmick ou sont inspirés d’une faction du passé (les White Scars sont dirigés par le Grand Khan, les Ultra Marines s’inspirent de la Rome antique, les Thousand Sons sont des magiciens qui puisent dans l’Égypte, l’Alpha Legion se spécialise dans la tromperie…). Chacun trouvera forcément son chapitre/Primarque préféré, et suivre leur évolution durant l’Hérésie d’Horus est sans aucun doute l’un des principaux moteurs pour manger des dizaines de romans.
Même chose pour certains personnages clés, Space Marine ou non, récurrents durant toute la saga. Avec des dizaines de personnages à retenir, à aimer ou à détester, ces romans utilisent heureusement des dramatis personae fort utiles en début de chaque tome. Cela ne vous empêchera probablement pas de devoir aller fouiller des wikis (attention au spoils !) pour suivre l’histoire, le passé ou le futur souvent massifs de tel ou tel personnage. Je pense avoir lu un livre supplémentaire juste en wikis, tombant de rabbit hole en rabbit hole. Car c’est là l’une des prouesses de l’Hérésie d’Horus : on a beau déjà savoir dans les grandes lignes comment cette guerre civile va se terminer, impossible de ne pas continuer à lire pour en tirer le moindre détail et voir comment chaque force en présence va exactement finir.
Si le lore moderne de Warhammer 40,000 est assez simple et « basique » (c’est la merde, toutes les factions dans la galaxie se valent plus ou moins et c’est la guerre éternelle, idéale pour vendre de la figurine), celui de la période de l’Hérésie d’Horus est à mon sens beaucoup plus intéressant et « » »fin » » ». Vivre la chute et la renaissance difficile d’un empire galactique dans le détail sur plusieurs années (y compris dans la vraie vie, il va vous falloir du temps de lecture), et ce à travers le style de plusieurs auteurs, peu d’œuvres littéraires ont proposé quelque chose d’aussi ambitieux et complexe à mettre en place. Encore une fois certains tomes ne valent pas grand-chose, mais d’autres sont des best-sellers mérités. C’est également le cas hors Hérésie d’Horus.
Si j’avais un Marteau Tonnerre
Même s’il est difficile de picorer un roman de l’Hérésie de manière indépendante tant l’ensemble est plus ou moins lié, outre l’incontournable trilogie de départ (L’Ascension d’Horus, Les Faux Dieux et La Galaxie en Flammes), impossible de ne pas vous recommander au moins dans les « premiers » tomes : Fulgrim (probablement mon préféré), Un Millier de Fils, Le Premier Hérétique, Prospero Brûle, La Bataille de Calth ou encore L’Ange Exterminatus. Hors Hérésie d’Horus, je recommande souvent Déluge d’Acier de Graham McNeill pour commencer. Ce fut ma propre porte d’entrée et c’est un court roman que je trouve parfait pour se faire une idée de l’univers. Actuellement vers la fin du premier tome de la nouvelle saga The Scouring qui se déroule après la fin du Siège de Terra, je pensais pourtant en avoir terminé avec cette saga après la solide trilogie finale, La Fin et la Mort de Dan Abnett.
Pourtant, je me rends bien compte que j’ai encore envie de rester un peu dans cet univers impitoyable et un brin régressif, de pourquoi pas vous y emmener avec moi. Un peu comme World of Warcraft dans le jeu vidéo, j’y ai passé un nombre trop élevé de jours pour être honnête, et j’aurais pu investir mon temps dans davantage de choses un peu plus élevées et variées. Je ne regrette pourtant absolument rien (et peut-être que je retomberai un jour dans le MMO de Blizzard, mais là n’est pas le sujet).
Merci à Bob pour l’invitation sur son blog, en espérant que cette chronique et son sujet ne tireront pas trop le niveau intellectuel de ses lecteurs vers le bas. Comme dit : en attendant, que votre avenir soit rempli d’étoiles (et de sang pour le Dieu du sang).

Sympa cette nouvelle rubrique ! 😀
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