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C’est pour le travail #2

Deuxième manche. On bosse, on bosse.

Intermezzo, Sally Rooney
Abandon page 33/500
Argh. Longs paragraphes en flux de conscience illustrant les névroses interminables du protagoniste, foutues phrases nominales qui viennent les ponctuer au rythme d’un métronome invisible rendant l’ensemble d’une écrasante monotonie… Le mot qui très vite m’est venu et ne m’a jamais lâché pendant ma courte mais intense tentative, c’est étouffant. Pas de sauts de lignes, pas de typographie pour aérer la narration et signaler plus clairement les dialogues ; pas de possibilité de respirer entre les maintes et maintes angoisses démantibulées qui ricochent dans la caboche de notre personnage. Si on ajoute à ça ce qui ressemblait de loin à encore une foutue obsession pour la sexualité comme finalité amoureuse, j’avoue avoir abandonné par crainte de vraiment m’agacer. Au moins ça semblait vouloir s’intéresser à des sujets un peu moins bourgeois qu’à l’habitude dans ce genre de littérature, c’est un bon point ; mais stylistiquement, non, pitié, pas pour moi. Du tout. Le genre de texte dans lequel j’ai l’impression de m’embourber plus qu’autre chose.

Le bestial serviteur du pasteur Huskonen, Aarto Pasilinna
Abandon page 61/363
Pas une lecture désagréable, de prime abord, c’est même un peu rigolo ; mais on est dans cet entre-deux fantaisiste qui a tendance à vite m’ennuyer, où l’absurdité est tout juste assez poussée pour justifier des écarts narratifs, mais pas suffisamment pour vraiment assumer un réel délire comique. C’est difficile à expliquer, mais ça me donne toujours la vibe de quelqu’un qui veut absolument prouver qu’il peut être drôle alors qu’il n’est pas du tout reconnu pour son sens de l’humour, et qui, à force d’essais successifs, devient de plus en plus gênant. Si on ajoute à ça un arrière-goût de misogynie fainéante avec des blagues qui sonnent comme un coup de coude dans les côtes appuyant un « les bonnes femmes, hein, j’ai pas raison », je n’ai pas réussi à réellement m’accrocher pour pousser l’expérience. Sans doute que l’écriture très portée sur l’enchaînement d’anecdotes et une intrigue qui semblait être prétexte à une suite de gags déconnectés n’a pas aidé non plus. Meh.

Un gentleman à Moscou, Amor Towles
Abandon page 84/669
Je vais vous surprendre et sans doute même vous choquer : c’était absolument et indubitablement charmant. Certes, un brin bavard à mon goût, mais il demeure que ce récit est plein de douceur et de tendresse pour son micro-univers et les personnages qui le composent, contant l’ensemble avec une bienveillance et une curiosité assez contagieuses.
N’eurent été les perspectives combinées des 600 à suivre pages et la regrettable absence – ou arrivée trop tardive – d’un enjeu concret et central à vraiment suivre pour faire le lien entre les chapitres des petites aventures du comte Rostov, j’aurais sans doute poussé l’aventure plus loin avec un réel plaisir ; mais faute de temps extensible, j’ai du faire un choix une fois que j’avais le sentiment d’être fixé sur la teneur de l’ouvrage. Peut-être que j’y reviendrais un jour.

Le Dieu des bois, Liz Moore
Fini.
Au contraire, ici, je suis un peu surpris d’être allé au bout. Pas que le roman ne soit pas bon, au contraire, mais pendant son premier quart, j’étais franchement dubitatif, anticipant beaucoup plus un abandon que l’inverse. Je crois que c’est parce qu’il m’a fallu le temps de reconfigurer mon esprit et mes attentes face à ce qui, de fait, est bien plus une tragédie de mœurs qu’un thriller à proprement parler. Certes, avec sa narration polyphonique et chronologiquement éclatée, je trouve que Liz Moore se laisse un peu trop aller à de longues séquences descriptives et démonstratives qui viennent un peu trop dire ce qu’il aurait fallu passivement raconter, nuisant un peu trop au rythme global de l’œuvre pour que je ne pinaille pas. Mais étant donné qu’on est clairement là pour éplucher un gros oignon tragique pour en explorer tous les aspects sociaux et humains possibles ; je suis prêt à accepter qu’il y dans cette histoire des surprises un peu sorties de nulles part au prétexte que ça marche mieux pour l’histoire. Et si on rajoute à ça que la motivation la plus claire de l’intrigue concoctée par l’autrice est une attaque assez frontale sur la différence de traitement dont les gens auront à souffrir selon qu’ils soient riches ou pauvres lorsqu’un drame se produit, je suis prêt à accepter quelques torsions un chouïa malhonnêtes ou faciles de la logistique narrative.
C’est sans doute pour ça que je me suis laissé attraper, au fur et à mesure : je peux faire la fine bouche autant que je veux et trouver que la présentation faite par Liz Moore était un peu trop exhaustive et longuette, le fait est que j’avais quand même envie de connaître le fin mot de l’histoire. Et une fois que je l’ai su, j’étais tout à fait satisfait. Le boulot est donc fait et bien fait. Sans superlatifs, certes, mais avec contentement. Cool.

La Prof, Freida McFadden
Abandon page 41/474
Une tentative sans conviction, par acquit de conscience, juste histoire de dire que j’avais goûté avant de dire que j’aimais pas, de me faire une idée moi-même. Eh bah mes aïeux y a des mauvaises réputations qui sont pas volées. C’est pas que c’est pas bon, c’est que c’est pas bon. Et j’ai pas envie de juger cielles qui aiment, il m’aura suffi de peu pour comprendre l’attrait, c’est enlevé, ça promet du mystère direct et ça lâche pas le rythme. Mais bordel que c’est mal écrit. Entre le ton adolescent maladroit et les répétitions forcenées d’informations redondantes qui me donnaient l’impression qu’on me parlait comme à un abruti, c’était absolument insupportable. J’aurais pu pousser un peu plus loin, par curiosité plus ou moins morbide, mais le fait que le pivot central de départ du récit en question soit une potentielle relation pédophile où l’accusé serait victime d’un coup monté par une adolescente mal dans sa peau ; non. Juste non. Pas comme ça, pas en ce moment, pas après tout ce qu’on a vécu collectivement. C’est juste de mauvais goût, hors de question. C’est pas un sujet de divertissement pour un récit semblant être écrit avec si peu de soin.

Le chant des innocents, Piergiorgio Pulixi
Abandon page 85/334
Rythme hyper efficace, narration à l’os, prémisse intense et spectaculaire : y avait du potentiel.
Sauf que Vito Strega.
Vito Strega il est trop beau, Vito Strega il est trop fort, Vito Strega c’est trop un génie, Vito Strega il a un cœur d’or couturé de cicatrices sous sa carapace de dignité brute, tellement que c’est un mec bien il refuse de coucher avec sa collègue mariée à un autre alors qu’elle lui a demandé genre trois fois : Vito Strega, Vito Strega, Vito Strega. Foutu author’s pet sans subtilité ni élégance autour duquel gravite toute une intrigue presque secondaire, où s’empilent de fait des clichés beaufs, entre le magnétisme suave de son héros, son absurde perfection, ses méthodes borderline-mais-qui-ont-des-résultats, blablabla. Au moment où le chef de Vito sort une métaphore footballistique claquée au sol pour inciter la psy qui s’occupe de son poulain à le réintégrer au plus vite sur le terrain, j’ai dit stop. Le machismo suintant, merci mais non merci.

L’évènement, Annie Ernaux
Fini.
Depuis le temps, mon ignorance devenait inexcusable. Mon impression de ce roman que je savais important se résume à une simple mais essentielle citation issue de ce dernier :
« D’avoir vécu une chose, quelle qu’elle soit, donne le droit imprescriptible de l’écrire. Il n’y a pas de vérité inférieure. Et si je ne vais pas au bout de la relation de cette expérience, je contribue à obscurcir la réalité des femmes et je me range du côté de la domination masculine du monde. »
Yup. Pas toujours mon style, mais y a une âme et une méthode, là-dedans. Et un message aussi cru que sincère, et de fait, nécessaire. Respect, faute de mieux, de plus intelligent ou de plus original à dire.

Et j’aime bien l’idée de conclure cette salve sur une note positive, d’autant que je crois avoir bien envie de finir et chroniquer ma tentative suivante.
Allez.

Au plaisir de vous recroiser.
En attendant, que votre avenir soit rempli d’étoiles. 😉

5 comments on “C’est pour le travail #2

  1. Avatar de rené-marc rené-marc dit :

    j’ai lu 2 sally rooney (normal people et Où es-tu, monde admirable) et je n’accroche pas non plus, pourtant ce n’est pas loin de ce que j’aime en littgen. Mais je suis têtu et j’essaierai quand même celui-ci 🙂

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    1. Avatar de Laird Fumble Laird Fumble dit :

      Tiens moi au courant.

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  2. J’aime beaucoup la phrase d’Annie Ernaux…

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    1. Avatar de Laird Fumble Laird Fumble dit :

      Ça te surprendra pas mais moi aussi.

      Aimé par 1 personne

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