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PariZ, Rodolphe Casso

One Of The Drunks – Panic! At The Disco (Extrait de l’album Pray For The Wicked)
Angels With Dirty Faces – Sum 41 (Extrait de l’album Chuck)

Lorsqu’il s’agit de raconter des histoires, tout le monde ou presque s’accorde à dire que l’originalité, ça compte. Seulement voilà, tout a déjà été raconté, ou presque. L’idée, c’est de réussir à raconter la même histoire qu’un.e autre, mais avec un petit truc en plus. Ou en moins, c’est selon. La question essentielle est donc celle de l’angle d’attaque. Il ne s’agit pas tant de raconter une autre histoire, mais de la raconter différemment.
Pour être tout à fait honnête, il faut bien dire que le thème du Zombie et des pandémies n’a finalement pas tant été creusé que ça, en tout cas par rapport à d’autre thèmes chers au domaine de l’Imaginaire ; disons plutôt qu’il a très tôt souffert d’œuvres très vite considérées, à tort ou à raison, comme majeures et empêchant peut être à d’autres façons de considérer le genre sous une autre lumière.
Entre en scène Rodolphe Casso et son premier roman, PariZ.

Nous y suivons La Gobe et son chien, La Gachette et la Goutte, trois clochards/vagabonds/parias (entourez la mention correspondante) perdus dans Paris alors que la pandémie s’est déclenchée sans qu’ils ne soient mis au courant.
Une concept simple pour un récit riche et complexe.

Commençons par l’essentiel, on nuancera plus tard ; je garde un excellent souvenir de ce roman. L’idée même de suivre des marginaux tels que ces trois énergumènes, de creuser leurs histoires personnelles pour mieux les lier à une catastrophe telle qu’une pandémie nous donne une folle envie de les suivre et de les voir avancer. Un angle d’attaque inédit, qui donne une saveur incroyable à leur odyssée, confrontant leurs failles, leurs profondes et terribles fêlures à un événement d’une ampleur forcément démesurée.
La première réussite à saluer est bien celle ci. Des personnages avec un souffle indéniable (oui je sais, je sais, je me répète : l’âge, que voulez vous), d’une complexité souvent surprenante, appuyée par des dialogues très oraux très bien retranscrits à l’écrit, qui donnent une voix aux protagonistes, rendant leurs échanges tour à tour savoureux, durs ou poignants, mais toujours délicieusement crédibles.
La seconde réussite découle logiquement de la première, et c’est l’atmosphère. Au delà de l’évidente évocation de Paris et de ses boyaux qui fonctionne à merveille, on prendrait presque plaisir à louvoyer entre les infectés dans une ville qui elle aussi est devenue morte-vivante tant la retranscription qu’en fait l’auteur est organique. Les mots eux même en deviendraient sales et poisseux, à l’instar de ces pantins voraces auxquels nos improbables héros sont confrontés.

Mais si mon principal plaisir de lecture se situait dans les interactions entre les personnages (on ne se refait pas), j’ai adoré trouver un concept original et assez brillant dans l’idée de voir ces parias, ces marginaux, laissés pour compte de la société survivre mieux que celles et ceux qui y étaient bien integré.e.s lors de l’émergence de la pandémie, comme si leur exclusion avait finalement été leur sauf-conduit. Mon seul bémol sera sûrement l’inclusion de chapitres faisant office de transitions entres les différentes péripéties de nos protagonistes, suivant certains cadavres ambulants. Ces apartés, bien qu’aussi habilement écrits que le reste et faisant même parfois preuve d’un lyrisme morbide ne manquant pas de mordant, ont plus eu tendance à me donner envie d’accélérer leurs lectures pour revenir au cœur de l’action. Bien que pas mauvais, et explorant une facette rare de la thématique Zombie, ces chapitres manquaient de cohérence avec l’ensemble et faisaient espérer une convergence avec le récit principal qui ne s’est jamais présentée, ou en tout cas pas de manière assez mémorable pour que je m’en souvienne.
Mais je pinaille.
Les différentes découvertes des personnages, leurs rencontres, leurs décisions et les conclusions de leurs divers arcs sont autant de raisons de se réjouir. On peut parler d’originalité, de surprises, mais surtout d’envie d’avoir du rab.

Le roman est bon, très bon. J’aime profondément l’idée d’aller chercher des héros surprenants, ayant autre chose à offrir que des solutions convenues, réfléchissant d’une façon qui ne serait pas la notre, nous offrant ainsi l’occasion d’explorer avec eux un univers qui ne nous appartient pas. En prenant des chemins de traverse inconnus et des raccourcis parfois crades, aux ramifications sombres, Rodolphe Casso nous amène à aller fouiller dans les tréfonds de nos esprits en même temps que ceux de Paris (ou ceux de la musique *wink wink*). Et il nous rappelle au passage qu’il n’est que rarement question que de la destination. Il faut aussi et surtout se poser la question du voyage et de la compagnie.

Au plaisir de vous recroiser,
En attendant, que votre avenir soit rempli d’étoiles. 😉

3 comments on “PariZ, Rodolphe Casso

  1. OmbreBones dit :

    Ce ne sont pas du tout des thèmes que j’apprécie, j’ai souvent du mal avec le zombie mais ce que tu dis de ce roman met l’eau à la bouche ! Je me le note du coup :3

    Aimé par 1 personne

Répondre à OmbreBones Annuler la réponse.
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