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Smoke, Dan Vyleta

Sister Sin – Nickelback (extrait de l’album No Fixed Adress)

Cette fois, pas l’histoire d’une rencontre avec une couverture. je le confesse ; cette fois-ci, l’histoire d’une curiosité piquée par une tagline et un début de résumé. L’illustration est très jolie, mais elle n’aurait pas suffit à me convaincre de me porter acquéreur de cet ouvrage. Il aura fallu que je vois qu’il partait plutôt bien parmi notre clientèle habituelle pour que je m’y intéresse un peu plus. Et puis le concept m’a parlé, alors il est rentré dans ma PàL en même temps que quelques autres ouvrages, attendant des temps propices à sa lecture. Ce temps est finalement arrivé ; quel verdict pour un roman que je prédisais sympathique sans être révolutionnaire ou particulièrement original, une lecture facile et plaisante. Je vous dis ça tout de suite.

Angleterre, fin du XIXe siècle, dans un contexte uchronique où, sur les corps des gens, les pêchés se matérialisent sous forme de Fumée, laissant sur leurs peaux et leurs vêtements une suie épaisse, témoin de leurs mauvaises pensées et actions, pouvant aller jusqu’à contaminer les pensées et actions des autres en cas de contact prolongé ou trop intense. L’ordre entier de la société en est impacté, les riches vivent à la campagne, loin de la pollution, de la saleté des pauvres gens, condamnés à pécher dans les grandes villes pour survivre.
Nous suivons Thomas et Charlie, étudiants dans une prestigieuse école privée. Le premier est un rebelle torturé au caractère bien trempé, le second une sort d’ange propre sur lui, trop bon pour ce monde, son seul ami. Et alors qu’ils sont éduqués à l’idée de ne jamais pécher, pour ne jamais se salir, à se maîtriser en permanence, des événements étranges vont les amener à questionner l’ordre établi, bientôt rejoints par Livia, jeune femme qui les accompagnera dans leur quête de vérité.

Beaucoup de choses à dire sur Smoke. D’abord un concept de départ assez séduisant, qui très tôt parvient à s’échapper de quelques clichés que je craignais fortement. La construction de tout cet univers autour du concept de la Fumée est très solide. Par le jeu d’allusions à la vie d’autres pays et systèmes en dehors du Royaume-Uni, d’abord, puis par l’attaque bille en tête de bon nombre de problématiques politiques et des implications religieuses de la Fumée sur la population. Cet aspect là du récit est assez passionnant – du moins dans la première partie du récit, mais nous y reviendrons – la dynamique créée autour des questionnements des deux jeunes héros sur la Fumée et ce qu’elle signifie pour eux et le reste de la population crée des effets de miroir sur nos propres fonctionnements socio-politiques actuels. Le prisme adolescent est toujours hyper-efficace de ce point de vue là, permettant à la fois le mystère, le questionnement et la rébellion sans jamais risquer l’incohérence. Nous découvrons en même temps qu’eux, nous posant les mêmes questions et nous soulevons en même temps qu’eux contre les injustices et scandales qu’ils déterrent à force de curiosité.

Mais, il faut bien être honnête, le roman souffre par ailleurs de gros défauts qui émaillent sa lecture de moments plus difficiles. S’il faut lui reconnaître de vraies qualités de style, notamment une jolie pudeur qui emprunte à son ambiance victorienne, ainsi que des chapitres qui sortent du fil traditionnel du récit pour s’intéresser plus précisément à des personnages très secondaires le temps de courts chapitres nous donnant des informations supplémentaires bienvenues, pour étoffer l’arrière-plan notamment. Malheureusement, l’ensemble souffre d’un rythme méchamment bancal. De grandes, longues, périodes du récit semblent tourner en rond pour tenter, sans vrai succès, d’atteindre des profondeurs trop ambitieuses, que les dialogues n’arrivent pas à retranscrire, par exemple via les réflexions un peu creuses de certains personnages. Je citerais comme défaut majeur, en tout cas celui qui m’a fait soupirer ou rouler les yeux plus d’une fois, un triangle amoureux bien trop convenu qui vient alourdir le récit de ses considérations stériles, mais surtout manquant cruellement de souffle. À l’instar de certains autres enjeux du récit, on a le sentiment très gênant d’un cahier des charges à suivre plutôt qu’une véritable volonté interne du récit à voir certains de ses événements se produire. Il se passe beaucoup de choses, sans doute trop, et on a du mal à se rendre compte de ce qui est indispensable à la compréhension des enjeux, ce qui amène à perdre une partie de son attention en route. De bonnes intentions gâchées par une envie de trop bien faire, je dirais.

Mais. Car il y a un « mais. Et de taille. Malgré cette remontrance, qui, j’en conviens, pourrait en rebuter plus d’un.e, il me faut dresser un dernier constat qui pour moi, est aussi majeur que ces reproches, rétablissant un certain équilibre dans mon appréciation globale de l’ouvrage. Le constat étant que tout ce roman tend vers sa conclusion. Pour une rare fois, j’admettrais bien volontiers que la destination vaut autant que le trajet. Car la conclusion de ce roman, son dernier twist, aussi inattendu soit-il, fait parfaitement sens et ajoute à son sous-texte une richesse surprenante qui m’a fait hocher la tête de façon assez admirative, et refermer l’ouvrage avec un vrai sourire enthousiaste. Pour toutes les faiblesses et imprécisions de ce roman, il me faut reconnaître que l’ambition derrière cette conclusion m’a bien plus séduite que le reste de ses errements. Et admettre également que certaines de ces imperfections n’en étaient probablement pas, plutôt des pièges pour le lecteur un peu trop sûr de son fait que j’étais. À trop vouloir dénicher les chausses-trappes habituels dans ce style hybride entre young-adult et fantasy plus classique, j’en ai parfois oublié de me laisser porter par les aspects que j’appréciais le plus. Mais en même temps, aurais-je autant été séduit par cette conclusion alors ? Une question aussi stérile qu’insoluble, mieux vaut me contenter de cette satisfaction finale.

Donc non, Smoke n’a pas été une grande surprise ou une révélation, ni une terrible déception. Plutôt un cocktail très aromatisé, servi dans un trop grande verre, victime d’une envie de trop en faire, mais avec en note finale une parfaite dernière gorgée, un concentré de saveurs qui vous fait vous dire que le jeu en valait la chandelle. Des imperfections, sans aucun doute, mais de belles choses tout de même, ça et là, de bonnes idées séduisantes bien que pas systématiquement réalisées au maximum de leurs potentiels. Mais il est certain que le nom de Dan Vyleta restera dans ma mémoire, lui laissant la possibilité, encore une fois, un jour, de me séduire, au hasard d’un rayon.

Au plaisir de vous recroiser.
En attendant, que votre avenir soit rempli d’étoiles. 😉

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