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Manhattan Marilyn, Philippe Laguerre

Right Now – Fire Frome The Gods (extrait de l’album American Sun)

Après quelques lectures oscillant entre longueur, qualité ou déception, je me suis dit qu’il me fallait une lecture plus accessible selon mes standards, plus « facile ». Quelque chose de rapide à lire et sans trop de risque de prise de tête. Dans mon monde, cela m’amène souvent à m’intéresser à un polar. J’ai bien conscience de ce que ce raccourci peut suggérer comme jugement de ma part, je vous assure qu’il n’en est rien ; il s’avère juste que mon esprit est nettement plus capable, par je ne sais quelle gymnastique, de se détendre et de parcourir les lignes d’un thriller sans cette soif d’analyse du sous-texte qui m’empêche parfois de profiter d’un texte à fond, autant de repos pour mon cerveau malade.
Mon attention s’est donc portée sur Manhattan Marilyn, un généreux cadeau qui m’a été fait par un libraire de chez CRITIC lors d’une visite à Rennes il y a quelques temps pour une séance de dédicaces. Heureuse coïncidence, ils fêtaient alors leurs 10 ans, et ont voulu m’en faire profiter. je les en remercie encore. Examinons donc le cadeau en question.

Kristin Arroyo est une ancienne Marine, dont le parcours et les déceptions, tant professionnelles que personnelles, l’ont amenée à joindre le mouvement politique Occupy Wall Street. Durant une de ces manifestations, elle rencontre un photographe professionnelle avec qui elle se lie d’amitié. Ensemble, ils examinent une vieille série de photos qu’elle tient de son grand-père, dont il s’avère qu’elles sont précieuses, et notamment une série consacrée à l’icône Marilyn Monroe. Il apparaît très vite que quelque chose se cache derrière ces clichés, et que les conséquences de cette découverte pourraient être extrêmement dangereuses.

Je voulais une lecture facile, qui file toute seule, autant dire que de ce côté là, je n’ai pas été déçu. Ça file vite, très vite. Des chapitres courts, un style qui se concentre sur l’essentiel, sans fioritures ni temps mort, à l’image de son personnage principal. Le roman est relativement court, et ne s’embarrasse d’aucun détour, se concentrant uniquement sur ses enjeux principaux, avec l’ambition claire, rafraîchissante et respectable de simplement vouloir raconter son histoire sans trop s’appesantir sur certaines considérations plus personnelles des personnages. Des personnages qui, malgré leurs constructions un peu archétypales, demeurent suffisamment construits et motivés pour faire avancer l’intrigue de façon logique et relativement organique. On pourrait par moment regretter les facilités et raccourcis que ces choix impliquent, mais on peut aussi saluer une sobriété aussi éclatante, qui donne envie de tourner les pages aussi vite que possible pour aller droit au but et découvrir le fin mot de l’histoire.

Une histoire qui ne brille pas tant par son originalité ni ses mécaniques relativement communes, mais pour sa qualité de constat lucide et enragé sur le monde d’aujourd’hui, ses injustices et failles. Si les tropes mobilisés n’ont rien de nouveau, c’est la façon de les mobiliser et leur utilité extra-textuelle qui m’ont donné beaucoup de raisons d’apprécier ma lecture. Les réflexions sur le pouvoir de l’argent et les capacités de nuisance des puissants tapent très juste et donnent une toile de fond malheureusement très crédible à une intrigue qui, dans sa majorité, le demeure également, à l’exception notable d’un élément que je trouve trop capillotracté pour réellement lui accorder un réel crédit. Une tâche notable et assez décevante sur une photo d’ensemble globalement séduisante jusque là. Mais qu’importe, le sel de ce genre de récit, pour moi, n’est jamais dans la crédibilité, plutôt dans le fait d’aller jusqu’au bout du concept qu’on a décidé de creuser. Et ça, Philippe Laguerre le fait très bien. Aucune raison de bouder mon plaisir donc.

J’aurais honnêtement du mal à en dire plus, de peur de trop en dévoiler. J’ai pris plaisir à dévorer ce roman en une après-midi à peine, y trouvant une pause bienvenue dans mon programme de lecture habituel. Ce n’est certes pas parfait, mais c’est franchement très solide et très divertissant, tout en prenant le temps de quelques saines interrogations. Je recommanderais sans problème si le thriller est votre genre, ou si vous avez envie d’une petite dose de mystère et d’adrénaline. Sans compter une réflexion utile sur notre modèle de société, même s’il faut bien admettre un biais personnel concernant mon appréciation de cet aspect précis du récit. Mais lire quelque chose qui nous parle en assumant complètement cette subjectivité demeure agréable, à l’image du roman en lui-même ; un plaisir à ne surtout pas se refuser.

Au plaisir de vous recroiser.
En attendant, que votre avenir soit rempli d’étoiles. 😉

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