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Fragments – 14

Mölÿazah : 2

[…]

« Amirale, amirale, on a un problème ! »

Bének se retourna doucement avec un sourire amusé sur le visage et une part de gâteau dans la main, sans se départir de son calme.

« Le contraire aurait été étonnant, en plein milieu d’une bataille de cette envergure. Dis moi. »

Cela avait beau faire plusieurs années qu’il était son premier lieutenant, il n’arrivait pas à s’y faire ; ça parasitait systématiquement ses pensées. C’était le chaos, partout autour du navire principal de l’Armada, on voyait fuser des projectiles magiques et physiques d’une multitude de natures dans toutes les directions, sans jamais vraiment pouvoir être sûr de leurs cibles ni de leurs points de départ, on risquait la mort à simplement respirer l’air du large ; et elle, elle se tenait en plein milieu de son pont principal, à la merci du destin. Sereine.
Et elle mangeait son dessert. Elle disait qu’elle n’était bonne à rien le ventre vide.
Elle avait même une traînée de crème pâtissière à la commissure des lèvres. Il ne voyait que ça, une pourtant infime tâche jaune qui jurait terriblement avec sa peau bleue magie.
Il ne pût s’empêcher de faire un petit geste de la main pour lui signaler alors qu’il entamait son rapport, en se morigénant intérieurement d’avoir encore perdu quelques précieuses secondes à devoir s’adapter à quelque chose qu’il connaissait pourtant par cœur.

« Les Laehts ne sont pas seuls, finalement ; il semble qu’ils aient engagé une unité de mercenaires Hauts Elfes équipés de scaphandriers qui nous attaquent depuis la côte. Nous avons déjà perdu un navire, frappé sous la ligne de flottaison par des explosifs. Nous avons tenté de déployer une unité de chasseurs marins, appuyée par une autre de mages, mais leurs armures sont renforcées avec de la karélite, et nous manquons d’allonge pour les atteindre au corps à corps sans risquer des pertes graves. Le capitaine sur place s’avoue débordé, il a demandé votre aide. »

Bének avait tout écouté avec attention tout en essuyant le coin de sa bouche du bout des doigts. Elle ne prit que le temps de se lécher ceux encore couverts de sucre pour réfléchir à la situation, en regardant vaguement dans la direction de la côte d’où venait la menace. Elle s’éclaircit tranquillement la gorge.

« Dis au capitaine de s’éloigner de la côte pour gagner du temps, et faites contourner l’équipe de scaphandriers par nos chasseurs marins ; s’il le peut, qu’iels feignent la fuite pour diviser leur attention. Pendant ce temps là, qu’il rassemble ses mages spécialistes en bombardement pour qu’iels pilonnent la côte sur la longueur entre les secteurs 4 et 7. Qu’iels économisent leurs tirs dans un premier temps, en faisant attention à la zone précise où iels font le moins de dégâts ; ce sera là que sont les machines qui alimentent les scaphandres et qu’il faudra insister ensuite. Elles seront sans doute protégées par des stocks de karélite aussi, mais ils ne tiendront pas éternellement si les tirs sont précis et concentrés. Et les scaphandriers le sauront très bien. Soit ils restent sous l’eau et se noient, soit ils rebroussent chemin pour avoir une chance de s’en sortir et nos chasseurs pourront les cueillir. Dans les deux cas, ils sont perdants. Romps. Transmets. »

Tandis que son premier lieutenant saluait et repartait en courant vers la station de communication pour transmettre les consignes, Bének se tourna vers le large pour contempler la bataille en cours, qui se déroulait globalement selon ses plans ; les Hauts Elfes étaient un contretemps pénible mais assez prévisible, elle avait intégré cette variable à ses calculs.
Ce serait une victoire aisée sans trop de pertes, et elle devait s’en réjouir, y compris pour le camp ennemi, qui pâtissait plus d’un gouvernement et d’un État-major stupides et entêtés qu’autre chose. En voyant une galère couler, elle se félicita d’avoir fait en sorte que l’escarmouche se déroule si près de la côte, cela allait permettre à beaucoup de survivre en la rejoignant à la nage.
Elle fût soudain distraite par une vibration malsaine.
Elle se retourna vers la cale avec appréhension et hurla :

« Cheeeeeef ! J’ai faim ! Il vous reste de la sulfura fourrée ?! »

[…]

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