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Fragments – 16

Drawguns : 2

[…]

C’était une magnifique cérémonie, quoique bien trop fastueuse au goût d’Ettore ; elle envoyait le mauvais message. Dans les circonstances difficiles que connaissait l’Empire, un tel déploiement de richesses et de traditionnelle magnificence ne pouvait être reçu par le peuple que comme une provocation.
Commettant une légère entorse à l’étiquette, Ettore se permit tout de même de détourner un peu le regard, se disant que sa position lui donnait cette prérogative, et que de toute façon, le respect forcené de ladite étiquette dans l’assemblée ferait en sorte que personne ne le voit faire. Cette rapide vision panoramique lui suffit à se rassurer tout en laissant filtrer un sourire ironique. Le peuple ne verrait rien de cette célébration, puisqu’il n’y était pas convié ; comment aurait-il pu se sentir provoqué ?
Par le biais des rapports journalistiques autorisés, éventuellement, d’ici quelques semaines, une fois que les bulletins impériaux auraient eu le temps de circuler. Mais ce n’était pas son travail, de penser à ce genre de choses, alors il concentra à nouveau son attention sur la tête du cortège, là où le faste et l’arrogance magnifique trouvaient leur personnification, en la personne de l’Empereur, évidemment. Il souriait, comme l’imbécile heureux qu’il était, oublieux du monde et de ses difficultés, emportant sa tour d’ivoire avec lui partout où il allait.
Le respect de l’étiquette vola soudain en éclat, en même temps que la grande porte de la basilique.
L’explosion fut d’autant plus retentissante que l’acoustique du lieu s’y prêtait terriblement bien, causant la terreur et d’horribles maux de têtes à l’assemblée entière. Fort heureusement, la masse des spectateurs se trouvait loin de l’entrée, et personne ne fut gravement blessé.
Et au travers de la fumée et des flammèches éparpillées un peu partout, surgit une troupe hétéroclite aux uniformes indiscernables, couverts du sang des gardes qui avaient la charge de la protection du lieu le temps de la cérémonie qui venait d’être brutalement interrompue. Tout un symbole. Ettore, fort de son expérience de la Guerre Coloniale, ne se laissa pas déstabiliser plus de quelques secondes. Il tira son sabre pour se porter au contact de l’ennemi, aux côtés de quelques vieux barbons comme lui qui sentaient l’excitation d’un combat trop lointain leur démanger les doigts.
Il se freina en entendant les chants monter des gorges chaudes de leurs assaillants, dans une harmonie aussi magnifique qu’effrayante. Il ne les connaissait que trop bien ; c’étaient des chants de guerre Autoch, leurs chants de mort les plus sacrés. Le message était clair et sans ambiguïté. Personne n’allait ressortir vivant d’ici, pas même ceux ou celles qui avaient osé faire résonner leurs harmoniques entre les murs de la basilique ; ceux-là même dont les pierres avaient été extraites du mont le plus sacré des Autochs à la fin de la guerre, comme un dernier crachat sur le tombeau de leur Culture mourante.
Ettore se résigna à avancer, malgré la peur qui commençait à nouer ses tripes, à faire suer sa paume contre la poignée de son arme. La troupe rebelle, elle, ne semblait pas pressée non plus d’en découdre, pas parce qu’elle était effrayée, non, mais parce qu’elle était décontractée, sûre de son fait. Il n’y avait plus personne pour leur faire réellement obstacle ici, une fois la garde éliminée. Ettore se précipita aux côtés de son Empereur, comme quelques autres anciens soldats de l’assemblée. Faute d’une idée pour s’en sortir, il fallait essayer de préserver leur dernier symbole.
Une femme au sourire arrogant se détacha de la troupe qui au même moment cessa de bouger. Csi ce n’était pas une sorcière Autoch, elle en portait en tout cas tous les attributs connus. Elle tira un couteau d’un fourreau de cuir à sa ceinture, dont émanait une lueur pâle. Un enchantement, dont Ettore n’arriva pas à reconnaître la nature à temps. Le temps sembla s’arrêter alors que la sorcière se campa fermement à quelques pas de l’Empereur. Personne n’osait bouger.

« Tyrane Teofera. »

Le tyran mourra.
Elle tendit soudain le bras et laissa tomber le couteau devant elle, pointe vers le bas. Il s’enfonça profondément dans le sol alors qu’elle faisait déjà demi-tour, emportant sa troupe avec elle.

[…]

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