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Fragments – 21

Mölÿazah : 5

[…]

Tout ça s’était bien trop compliqué bien trop vite. Il y avait une odeur de panique dans l’air, qui faisait sale mélange avec celle de soufre de la Magie Démonique que secrétait les défenses du manoir. Malgré son goût pour l’adrénaline, Verbat se retrouvait quand même bien trop près de la panique, il en avait les écailles qui palpitaient. Et malgré la fraîcheur de la nuit, il était obligé de se lécher les yeux un peu trop souvent à son goût pour les empêcher de sécher sous le coup de l’émotion.
Ce qui n’était censé être qu’une simple mission de cambriolage de routine du type « on explore, on chipe, on s’casse » s’était transformée en un délire du type « cours pour ta vie, et si t’as tous tes membres à la fin, c’est que t’as eu de la chance ». Il commençait à subodorer le piège, à vrai dire, le propriétaire des lieux, selon tous les rapports préliminaires, n’aurait rien dû avoir du genre paranoïaque et surcompensateur, plutôt dilettante, nouveau riche sans conscience des risques qui venaient avec sa fortune d’arriviste. Trop d’enchantements partout, et d’un sacré niveau, et foutrement retors. Clairement, les éclaireurs de la Compagnie allaient en voir de toutes les couleurs à son retour. S’il y avait retour, évidemment, mais la bande s’y employait avec toute son expertise, il demeurait confiant, malgré tout.
Il se lécha encore les yeux, nerveusement, et jeta un regard vers Kiel, qui sondait les environs à chaque tournant de ce putain de dédale que se révélait être cette satanée villa, pour trouver le meilleur itinéraire de sortie sans avoir à repasser par l’entrée principale. Elle était farcie de démons dévoreurs de chair, qui auraient demandé bien trop de dépense énergétique pour seulement faire une pause de quelques secondes dans leur frénésie.
Et Kiel n’avait pas l’air sereine, ce qui ne pouvait pas être un bon signe, pour le coup. Elle avait le poil empoissé et la bave aux lèvres à force de courir et d’envoyer des sondes magiques en permanence ; encore quelques minutes de ce traitement, et elle tomberait dans les vapes.
Mais iels avancèrent néanmoins, abattant les statues de pierre animées par encore une autre pléthore d’enchantements, remerciant intérieurement les esprits à chaque occurrence pour le manque de prévoyance du proprio qui les avait sans doute achetées pas cher, en plâtre, et pas en marbre ou en bronze.
Heureusement, Etherod, lui, paraissait infatigable, et semblait même s’amuser comme un grand fou, sa stature de colosse empêchant quiconque de le qualifier de petit, peu importe les circonstances. Ses deux cognées en main, il se précipitait au contact de la moindre menace avec une témérité qui forçait le respect autant qu’elle tordait les tripes de peur par procuration, ou faisait s’interroger ses camarades sur sa connaissance de la notion de peur, d’ailleurs. Il ne rangeait ses armes à sa ceinture que pour invoquer de monstrueuses boules de lave qu’il projetait avec une joie communicative sur ses opposants de toutes natures sans sembler consentir le moindre effort. Avoir un Arcanien, Marqué comme il l’était de surcroît, il fallait bien dire que ça avait ses avantages.
Mais, à force de tours et de détours, à cause de la fatigue et de la désorientation induites par la course-poursuite et tous les ennemis qui semblaient ne jamais vraiment lâcher l’affaire, iels finirent par tomber dans un cul-de-sac. Ou tout du moins, une dernière porte blindée, visiblement bardée d’enchantements d’un niveau encore supérieur à tout ce qu’iels avaient croisé jusque-là.
Verbat y vit instantanément la fin de la route et se laissa tomber contre un mur en même temps que sa dague, épuisé et démoralisé ; personne n’avait le niveau – ou même simplement l’énergie – pour passer un tel obstacle sans risquer un fatal retour de flammes. Ses pupilles s’humectèrent d’elles-mêmes au contact de ses larmes. Il se couvrit les yeux du bras, attendant la sentence avec résignation.
Il leva le bras en entendant une gigantesque explosion beaucoup trop proche pour l’empêcher d’être curieux. Un énorme trou béant s’était ouvert dans le mur juste en face de lui, donnant miraculeusement sur l’extérieur, qu’Etherod l’invitait à franchir avec un grand sourire plein de dents.

« Hey, c’est pas toi qui m’encourageais à faire preuve de pensée transversale ?! »

[…]

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