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Les Ménades, Nicolas Texier

Abandon à la page 137/336 (Version numérique)

Ça m’emmerde, vraiment, de devoir ouvrir cette catégorie sur le blog ; moi qui me targue d’une véritable résilience quant aux ouvrages qui me déplaisent ou m’indiffèrent. Mais j’ai remarqué, quand même, que les efforts consentis de ma part pour arriver aux bouts d’une bonne partie de ces bouquins qui n’étaient pas faits pour moi me laissaient à chaque fois ou presque sur les rotules, et m’empêchaient de garder un rythme de lecture constant et, surtout, sain. C’est un peu égoïste, je l’admets, mais j’aime trop lire pour m’en priver dès qu’un roman me force à aller puiser dans des réserves d’énergie et de temps qui pourraient m’être plus utiles pour d’autres ouvrages qui auraient mes préférences.
Dans ce cas précis, cela me peine d’autant plus que c’est une maison d’édition dont j’aime beaucoup le travail qui en fait les frais, puisque ce roman m’est parvenu en numérique en compensation d’une malheureuse pénurie de papier dont elle n’était pas responsable qui a causé un retard dans la livraison d’autres romans que j’attendais. J’avoue que je culpabilise un peu d’abandonner pour la première fois depuis si longtemps dans ces circonstances précises.
L’ironie est d’ailleurs encore plus cruelle, puisque ce roman me faisait réellement envie (notamment grâce à sa très jolie couverture, encore une fois), et que malgré cet abandon, je ne peux décemment pas le qualifier de mauvais ; mais je crois qu’il faut aussi que je sache m’écouter. Si j’avais dû aller au bout, j’aurais pris des jours là où un roman du même volume correspondant à mes goûts aurait sans doute été fini en deux ou trois fois moins de temps ; et j’ai autant envie que besoin de garder un certain rythme dans mes lectures.
Donc, en présentant mes plates excuses à mes amis des Moutons Electriques et à l’auteur de l’ouvrage Nicolas Texier, et en insistant sur l’idée que cet abandon est plus certainement une question de contexte malheureux que de réelle et profonde incompatibilité littéraire, je vais rapidement vous expliquer pourquoi j’ai abandonné cette lecture.

Le problème, je crois que c’est l’ennui. Alors pas un ennui brutal, induit par une histoire inintéressante, un univers plat, ou des articulations narratives ratées, non ; plutôt un ennui insidieux et sournois, qui a mis du temps à s’imposer à mon esprit. Puisque le concept est bon, avec ces trois jeunes filles marginales au temps d’une Grèce post-Guerre de Troie, qui se retrouvent seules à pouvoir sauver les habitants de leur petite cité portuaire enlevés par des pirates et se lancent à leur poursuite. Non, je crois que comme souvent, c’est une question de cadrage, mais aussi, pour une fois, de style.

Je commencerais par le style, qui a été le plus évident dès le départ pour moi, puisque Nicolas Texier a tendance a être beaucoup trop descriptif et contemplatif à mes yeux, faisant des phrases très longues contenant beaucoup d’informations que je n’ai pas toujours trouvées utiles, à la limite de l’overdose. Et si ses trois héroïnes ne manquent pas de personnalité, et bénéficient même d’un certain souffle – mention spéciale à Agamê, d’ailleurs, qui bénéficie du meilleur traitement à mes yeux – je me suis trop souvent retrouvé avec le cerveau qui vagabondait à la lecture d’une scène trop riche en détails inutiles ou de flash-backs inopinés. Trop souvent, j’attendais juste que les événements se passent, sans jamais vraiment me poser de question ou réellement attendre ce qui allait arriver, tout en saluant froidement ce qui se passait avec une relative approbation purement analytique. Ce qui se passe dans ce roman ne m’a jamais activement déplu, mais n’a jamais su m’embarquer.
C’est pour ça que je parle de cadrage, plutôt que de rythme : puisque dans l’idée, l’enchaînement des aventures des trois jeunes femmes fait sens et ne manque pas de saveur. Sauf que la forme vient buter sur le fond et casse complètement cette idée à coup de superflu, que ce soit les longues et trop précises descriptions sus-citées ou des indications au contraire trop lacunaires ; il y a un souci d’équilibre pour moi. En clair, j’ai très souvent compris les décisions prises par les personnages, leurs motivations comme l’origine des capacités pouvant leur permettre d’avancer, mais il y avait un côté trop mécanique et artificiel dans l’ensemble ; comme l’impression qu’on ne me laissait jamais imaginer tout seul ne serait-ce qu’un infime pourcentage de ce que j’avais sous les yeux. Cet ennui insidieux venait sans doute de ce côté trop technique, exhaustif, qui tuait tout le sentiment d’abandon et de suspension consentie de l’incrédulité que suggère l’épique, dont je pense du coup avoir besoin. Je me rends compte que j’aime trop avoir de la place pour mon imagination dans ce que je lis, je me sentais à l’étroit dans ce roman, tout en trouvant paradoxalement qu’il aurait sans doute nécessité un certain travail de synthèse souffrant d’un trop gros volumes de mots. Le fait que j’ai pu autant réfléchir à ce qui n’allait pas pour moi dans ce récit, en si peu de pages, explique sans doute pourquoi j’y ai si peu avancé le temps de ma lecture.
J’ai décidé d’arrêter parce que je n’étais pas curieux de ce qui allait se passer, malgré des péripéties plus prometteuses que jamais à la fin du dernier chapitre parcouru. Je me suis dit que c’était un signe indéniable.

Mais qu’à cela ne tienne, si ce roman n’était clairement pas fait pour moi, si je ne l’ai sans doute pas lu dans des circonstances parfaitement favorables, il est peut-être fait pour vous, et c’est sans doute le moment de le lire. Si vous recherchez une fantasy historico-mythologique et des héroïnes marginales avec pas mal de caractère, je pourrais tout de même vous conseiller ce roman.
Je reste navré qu’il ne fût pas pour moi.

Au plaisir de vous recroiser.
En attendant, que votre avenir soit rempli d’étoiles. 😉

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