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Les Chevaliers de Lumière T2 – Le Pacte de Kannlor, Jimmy Guieu

Je suis incorrigible, vraiment. J’ai encore lu du Jimmy Guieu. Que voulez-vous. À force, j’éprouverais presque de la tendresse pour ce vieux grigou. « Presque » étant évidemment le mot-clé dans cette affirmation ; puisque malgré tout le fun que je peux retirer des lectures de ses romans, et particulièrement de sa série des Chevaliers de Lumière, il s’en retire quand même une bonne part de gêne et de malaise ; maintenant qu’en 1987, le bonhomme assume pleinement ses penchants politiques comme ses obsessions. Dont nous dirons avec diplomatie qu’iels ne convergent pas avec les mien·ne·s, surtout avec une bonne trentaine d’années de décalage.
Embarquons, que je vous expose tout ça plus clairement.

Comme toujours, vous pouvez avoir un aperçu plus large du talent singulier de Jimmy YOLO Guieu au travers de mon live-tweet de l’ouvrage dont il est question aujourd’hui.

Les Chevaliers de Lumière sont désormais une entité connue du monde entier et commencent à œuvrer à travers le monde pour le libérer du joug de la racaille et de la voyoucratie (sic). Seulement, la Narkoum n’est plus seule à agir dans l’ombre, et un pacte s’est vu signé entre les Russes, les Arabes et les Kannloriens, espèce alien hostile à l’humanité. Cet accord tripartite, baptisé pacte de Kannlor, signe le véritable début des ennuis pour Gilles Novak et ses amis.

Ou c’est ce qu’aimerait nous faire croire Jimmy Guieu, du moins. Puisqu’évidemment, étant donné qu’on parle d’un auteur qui devait pondre du signe pour des sorties romanesques mensuelles sans le moindre scrupule quant à la qualité ou même la simple paternité de ses ouvrages, le résultat est loin, mais alors vraiment très loin de satisfaire. Pour le dire très clairement, sans être le pire ouvrage de Jimmy d’un point de vue purement littéraire, au niveau des idées et de la fainéantise, par contre, on atteint des sommets. Et si j’ai ri d’une telle nonchalance de sa part, comme de son niveau ahurissant de conservatisme réactionnaire que je trouverai toujours ridicule ; il faut quand même admettre que ça y va très fort niveau violence symbolique et prises de positions politiques. À cet égard, il faut admettre que j’ai au moins autant grincé des dents, parce que c’était sans doute ce qu’il y avait de plus sincère dans ce très court roman.

Or, Jimmy, malgré quelques fulgurances de modernité ou de nuances perdues au milieu du reste, qui font toujours très bizarre, surtout quand il s’attaque au féminisme ou à l’anti-racisme, toujours de façon plus performative qu’active, il est surtout très vieux jeu, et assez violent dans ses convictions comme dans leurs applications. Ça torture, ça fait dans la justice expéditive et les exécutions sommaires au nom d’une justice discutable, sans doute même à l’époque de l’écriture. Ça prend Charles Pasqua comme exemple à suivre, et ça désigne l’axe Tripoli-Moscou-Téhéran comme ennemi suprême à abatre ; tout en expliquant que l’Islam c’est ok comme toutes les religions, uniquement salies par leurs faux prophètes et membres fanatiques perdus. À l’image de ses intrigues, finalement, tout ça n’a pas beaucoup de sens, ou du moins ça manque cruellement d’une réelle cohérence ; on se demande s’il voulait tant parler d’aliens et d’ésotérisme que plutôt, très simplement régler ses comptes avec cielles qu’il considérait comme ses ennemi·e·s dans une sorte de réalité littéraire fantasmée où il serait tout ce qu’il a toujours voulu être sans y parvenir.

C’est ce que je trouve le plus fascinant, finalement ; de voir à quel point ces histoires ressemblent à des histoires de gosse, où les méchants sont vraiment très très très méchants, où les gentils sont formidables en tout point, et où il n’y a jamais vraiment d’ennuis. Tous les plans se déroulent sans accroc ou presque, les héros n’ont jamais de problèmes, les seules victimes sont anonymes et en arrière-plan, et surtout, on ne fait cas de rien ou presque. C’est ce qui me sidère toujours le plus dans le « style Guieu », cette capacité des protagonistes à toujours anticiper l’intrigue, à tout comprendre tout de suite sans jamais hésiter, comme s’iels avaient le script dans la poche au cas où à tout moment.
Et du coup, aucune tension, jamais. T’as un nom, une vague description ? Hop, bouclier au narrativium, t’es perché·e, tu risques plus rien, sauf si t’es méchant, auquel cas tu risques de souffrir à un moment où à un autre, et tu l’auras sans doute bien mérité, puisque tu cumules de fait un maximum de tares de l’humanité. Narrativement, c’est aussi grandiose que ridicule, du coup, tout s’enchaîne sans aucune fluidité ni transitions ou presque – Jimmy fait quelques efforts de continuité, ici – les aventures s’enchaînent sans suspense ni tension. L’action est à la fois molle et extraordinairement brutale, sans enjeu non plus, puisque les protagonistes ne risquent jamais rien, face à des ennemi·e·s nul·le·s ou nullement préparé·e·s, ou les deux. Les Chevaliers de Lumière sont trop fort, et c’est tout ; il faut que Jimmy nous explique textuellement qu’ils ont beaucoup de travail et que tout ça va être très compliqué alors qu’on voit bien que c’est faux. Ils ont la supériorité technologique, intellectuelle et morale, le soutien de la population et d’une partie des institutions : c’est déjà plié.
Mais Jimmy a des bouquins a vendre, alors il dilue. Se répète, crée des enjeux complètement artificiels dégonflés à peine monté en neige et se répète encore à toutes les occasions, ne gonflant autrement son volume qu’avec des blagues nulles qui tombent complètement à plat, souvent à l’aide de leviers scatologiques ou sexuels. C’est navrant, et c’est de fait encore plus fascinant, de bout en bout, parce qu’on sent une sorte d’obstination perverse, forcenée. Jimmy avait des choses à prouver, avec une certaine rage, mais il ne semble qu’il ne s’en est jamais donné les moyens à de rares exceptions et de scènes ou de répliques qui fonctionnent pas trop mal ; par pure flemme ou par certitude béate d’être auréolé d’une singulière lumière. Si je vais continuer mon exploration de son œuvre, c’est peut-être aussi pour essayer de savoir, d’encore mieux comprendre.

Voilà. Encore une fois c’était nul. Presque vide. Et du coup, absolument fascinant, malgré le ponctuel ennui et la plus régulière horreur devant des propos violents et réactionnaires. Heureusement, malgré le reflet malsain que ces idées nauséabondes projettent sur notre époque, la distance les rend d’autant plus ridicules, et il est assez facile de les balayer avec une certaine ironie. J’ai ri, et je rirai encore en bonne compagnie des aberrations Guieuesques, je crois. Parce que malgré tous leurs défauts, elles ont la qualité cardinale d’une singularité et d’une sincérité iconoclaste que je ne trouverai sans doute jamais ailleurs.
Et puis ça fait rigoler pas mal de monde parmi les gens qui me suivent, et ça c’est quand même très précieux, surtout par les temps qui courent. Alors zut, oserais-je.
Au prochain épisode, donc. 😉

Au plaisir de vous recroiser.
En attendant, que votre avenir soit rempli d’étoiles. 😉

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