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Que passe l’hiver, David Bry

Abandon à la page 176/496 (Édition Pocket)

Et de 4 ; même si ça pique toujours autant. Je commencerais pour une fois par dire que la période joue sans doute plus que jamais dans mon ressenti ; je suis pas forcément dans une forme olympique, donc une certaine forme d’aigreur alliée à une profonde lassitude font que je suis sans doute encore plus sévère que d’habitude.
Mais si David Bry, d’une certaine manière, a joué de plus de malchance que d’autres auteurices sur ce blog lors de cette lecture, je sais aussi, quand même, identifier avec lucidité les points de contention menant à ce que j’abandonne cette découverte avant même la moitié.
Et comme toujours, si je n’ai pas eu le courage nécessaire pour aller au bout, et bien que je pense avoir le droit sacré et inaliénable de ne pas le faire ; j’estime tout qu’il est de la plus élémentaire correction à l’échelle de mon travail de chroniqueur d’expliquer pourquoi. Sans acrimonie, évidemment, mais avec clarté, tout de même.

Et disons le clairement, je me suis beaucoup ennuyé. Ces 176 pages manquaient d’audace, au moins un petit peu. C’était pas mauvais, mais c’était pas assez bon non plus. Une forme d’académisme circonspect dans la présentation des enjeux premiers et des personnages, une trop longue et indigeste présentation du monde et de ses règles, d’une manière trop guindée, jusque dans les dialogues ; j’avais l’impression de lire un auteur manquant de confiance en sa propre histoire et ses symboliques, ou pire, dans son lectorat, pour lui laisser le soin d’éventuellement relier les points lui-même. En comblant absolument tous les trous potentiels ou anticipant toutes les interrogations d’une façon me laissant déduire la crainte d’être accusé du moindre manquement, quitte à faire passer ses angoisses au premier plan, négligeant ainsi sa matière première, David Bry m’a perdu très vite. Trop d’exposition brute, balancée d’une façon artificielle et trop directe, sans laisser les personnages seulement exister en dehors de quelques points centraux – nécessairement archétypaux – répétés ad nauseam pour ma perception, j’ai saturé.

Et pourtant, je sentais bien qu’il y avait quelques concepts, quelques bonnes idées éparpillées là dedans, mais complètement eclipsé·e·s par un rythme étrange et assez indescriptible ; appuyant très longuement certaines descriptions ou éléments subsidiaires pour ensuite en écarter rapidement d’autres qui me paraissaient plus importants, voire essentiels. Et du coup, oui, je me suis très vite ennuyé, parce que les enjeux finaux me paraissaient clairs, certes, mais les jalons intermédiaires étaient flous, chaque question se voyant être répondue par une énigme ou un nouveau mystère qui s’ajoutait aux précédents, via des changements ponctuels de point de vue que je trouvais maladroits. Et si j’aime bien être mené par le bout du nez, j’aime bien avoir quelques petits éléments à intervalles réguliers pour sustenter un peu ma curiosité et surtout avoir une vague impression de pouvoir deviner ce qui m’attend. Ici, j’avais surtout le sentiment que tout allait s’accumuler indéfiniment jusqu’à un rush final de révélations et de retournements de situation, un format d’histoire et de résolution dramatique dont je ne suis vraiment pas friand s’agissant d’intrigues politiciennes en fantasy.

Et enfin, je dois aussi dire que le personnage principal, et surtout son traitement, ne m’ont pas aidé à m’investir dans le roman. Si je salue l’intention d’intégrer à ce récit un personnage handicapé, avec la claire volonté de le faire dépasser cette infirmité par ses qualités propres, symboliquement au moins, je ne peux pas dire que j’ai été convaincu. D’abord à cause du constant et assez insupportable rappel à ce handicap comme la caractéristique principale du héros, y compris et surtout dans des contextes narratifs ne le justifiant absolument pas. J’aurais dû compter dès le départ combien de fois est faite mention de ce handicap, mais je pense qu’on approche facilement de la vingtaine en 176 pages, et c’est beaucoup trop. Si je pense avoir compris l’idée de vouloir intérioriser ce que le personnage perçoit de son infirmité, en faisant un aspect inévitable de ce qu’il est, pas encore capable de comprendre que ce n’est qu’un détail dans la myriade de qualités qui le définissent, je ne trouve pas que cela ait été particulièrement réussi. Et de fait, j’ai très vite soupiré ou froncé les sourcils à chaque mention faite. Ç’aurait pu n’être qu’un détail dommageable à l’échelle d’un récit globalement réussi, cela a fini par être – sans doute injustement – un de mes points de contention me poussant à laisser tomber : je ne pouvais plus lire cet élément être répété encore et encore avec à chaque fois un peu moins de subtilité

Voilà, je dirais que ce roman manquait trop cruellement de subtilité pour moi. J’avais l’impression, malgré l’épais mystère de son intrigue, d’être en terrain trop familier, d’avoir déjà lu quelque chose comme ça beaucoup de trop de fois, sans assez de réelles variations pour me donner envie de continuer et d’en découvrir plus : ça manquait de souffle, tout simplement. Peut-être que la suite et la conclusion auraient pu me donner tort, mais ce premier tiers ne m’a pas donné assez de gages de confiance pour que je me donne cette peine. Alors comme toujours, je donnerai sans doute une autre chance à David Bry, un jour. Mais pour ce coup-ci, c’est raté.
À charge de revanche : je sais que des maisons d’édition de qualité chouchoutent certains de ses textes, ce n’est sans doute pas pour rien.

Au plaisir de vous recroiser.
En attendant, que votre avenir soit rempli d’étoiles. 😉

2 comments on “Que passe l’hiver, David Bry

  1. Yuyine dit :

    Par pitié, oui, laisse-lui une autre chance. Il est bourré de maladresses ce premier roman. Pourtant je l’avais beaucoup aimé pour l’ambiance qui s’en dégageait et qui prend, en effet, plus d’ampleur dans la seconde moitié. Mais les autres romans comme La princesse au visage de nuit ou, récemment, Le chant des géants sont vraiment excellents.

    Aimé par 1 personne

    1. Laird Fumble dit :

      Ah c’est un premier roman ? Merde, ça m’avait échappé, merci pour la précision.
      Bon bah le Chant des Géants ce sera ; j’avais déjà plus ou moins prévu de le prendre aux Imaginales.

      J’aime

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