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Les Chevaliers de Lumière T3 – La terreur venue du néant, Jimmy Guieu

J’essaie de les espacer, mais les séances d’auto-flagellation Guieusiennes finiront toujours par un peu me manquer. Parce que je crois avoir trouvé dans l’amateurisme flamboyant de cet escroc littéraire une sorte de mètre-étalon me permettant de mieux remettre en perspective toutes mes lectures suivant mes expériences en sa compagnie. Comme je l’ai déjà dit dans mes autres chroniques, je ne suis pas tant fan du travail de Jimmy Guieu, même d’une façon un peu perverse – j’en conviens – que simplement fasciné par sa démarche si pétrie de paradoxes, de contradictions et de fainéantise érigée en méthode de travail. Peut-être à tort, je me dis qu’à force de lire ses bouquins, je finirai un jour par comprendre ce qui animait réellement ce singulier énergumène au delà de l’argent facile que devaient lui assurer ses placements de produits et ses émissions ésotériques. Je veux réussir à me faire une idée ferme et définitive sur sa sincérité.
Disons le clairement, ce troisième volume des Chevaliers de Lumière, à ce sujet, m’a un peu aidé, d’une façon complètement inattendue.

Comme toujours, un lien vers mon Live-Tweet de cette singulière expérience de lecture.

Gilles & Régine sont désormais des Chevaliers de Lumière à part entière, et sont en lice pour une promotion au sein de l’organisation. Pour l’obtenir, iels devront suivre un rite initiatique étrange, ignorant tout ou partie des tenants et aboutissants de la mission qui leur est confiée. Tout ce qu’iels savent, c’est qu’iels vont être envoyé·e·s dans le passé, en juillet 1982, à Marseille, dans une ligne temporelle parallèle, afin d’y mener à bien l’opération qu’on leur confie à l’aveugle.
Sur place, on suivra aussi Jean-Claude Maurel et ses amis, victimes d’une étrange et inexplicable série d’agressions dont les auteurs semblent invisibles.

Première observation : ce roman est sans conteste possible à mes yeux le moins bien écrit et maîtrisé que j’ai jamais lu, y compris dans le paradigme Guieusien, ce qui dit quand même quelque chose. Ce roman part dans tous les sens, à toutes les occasions, ne sait absolument pas ce qu’il veut raconter, c’est complètement n’importe quoi du début à la fin. Le truc, c’est que l’histoire qui aurait dû être celle de ce roman ne peut absolument pas coller à la diégèse crée par Jimmy YOLO Guieu dans ses deux tomes précédents. Son inspiration éhontée d’événements censément réels – dans quelques-unes de leurs dimensions au moins – ressemble à un caprice, une intégration au forceps contraire au bon sens. Mais il a envie, alors il le fait, quitte à tricher avec les lois du continuum espace-temps, encore plus que d’habitude, parce que ça lui permet de se faire mousser et d’inclure autant de notes de bas de page *Authentique et de références à ses propres ouvrages et aventures revendiquées que possible. Sauf que de fait, le roman est complètement déséquilibré, changeant de point de vue et de temporalité en permanence, parfois après seulement quelques paragraphes ne racontant rien mais comblant le vide criant dans son objectif de signes. C’est proprement hallucinant de fainéantise ; on a beau croire qu’on connait les combines, elles restent toujours aussi surprenantes de redondance et de cynisme.

Et puisqu’on parle de cynisme, j’ai des choses à dire. Je l’ai déjà dit : pour ce que je rigole avec mépris et distance de pas mal d’abus de Jimmy Guieu, notamment de son usage balistique des parenthèses ou des points d’exclamation, comme de ses positions politiques – parce qu’il faut bien – je dois dire que je n’ai jamais autant grincé des dents en le lisant que lors de cette lecture précise. Parce que comme je l’évoquais et comme il l’évoque dès son exergue, cette histoire est grandement « inspirée de faits réels », vécus par le Jean-Claude Maurel du roman. Et le fait est que si la majorité des événements relatés sont risibles par leur ridicule et le fait qu’ils n’ont pas causé trop de dégâts ou aucuns définitifs ; l’évocation des morts de deux des personnages, et donc de leurs alter-egos réels comme des pions dans un complot extra-terrestre, il faut bien dire que là, je n’ai pas eu le cœur à rire du tout. Au contraire. C’est un nouveau pan de la personnalité très discutable de Jimmy Guieu que j’ai découvert et qui nourrit encore plus avant ma fascination autant que mon dégoût. Parce que si je peux toujours croire au moins en partie à sa sincérité quand il s’agit de l’existence des Petits Gris ou d’un monde au delà de nos perceptions, cette instrumentalisation de drames humains pour un roman, surtout aussi mauvais, me débecte au premier degré.

Parce qu’à la rigueur, si ces morts avaient été traitées avec tact, et une certaine pudeur, au sein d’un roman soigné et militant pour des valeurs humanistes fortes, j’aurais pu le considérer d’un œil un peu plus bienveillant. Peut-être. Mais je vais insister encore un peu sur la médiocrité de cet ouvrage, qui constitue une circonstance aggravante. Y a rien qui va, vraiment. En essayant de brouiller les pistes pour nous faire douter des allégeances de tel ou tel personnage, Jimmy Guieu dévoile son jeu en permanence. Il fait de la rétention d’information pour essayer de créer un suspense artificiel absolument nul se dégonflant à la moindre de ses maladresses narratives, d’autant plus qu’il répète la moindre information deux ou trois fois ; sans que je sache jamais si c’est uniquement pour toujours plus diluer son volume ou parce qu’il prend ses lecteurs pour des abrutis.
Mais demeure que j’ai beau m’y attendre à chaque fois, je suis constamment ébaubi d’un tel laisser-aller dans le traitement de la narration. D’autant plus que cette fois-ci plus que jamais, il y a un réel potentiel dans l’histoire que Jimmy Guieu essaie vaguement de raconter. L’espèce de malédiction dont semble être victime Jean-Claude Maurel, bien cadrée, même dans le contexte complètement pété des Chevaliers de Lumière, aurait pu donner quelque chose de vraiment intriguant et potentiellement touchant. Sauf que Jimmy Guieu ne veut pas laisser plus de place que le strict minimum à ses yeux à quiconque n’est pas lui et ses Chevaliers. Et donc on se retrouve avec des anecdotes qui se succèdent sans fluidité, des saynètes sans consistance, une intrigue bordélique sans la moindre consistance, des personnages creux qui finalement ne servent à rien d’autre qu’être des vecteurs de la pensée de l’auteur, et une intrigue qui se reboucle dans la précipitation dans les dernières pages histoire de dire que c’est réglé, encore et toujours, quitte à se vautrer dans l’incohérence.
Je veux dire… Encore maintenant, je ne sais même pas à quoi se rapporte exactement cette terreur venue du néant du titre, puisqu’on savait très vite d’où elle venait.

J’en avais déjà une petite idée, et je ne demeure pas entièrement convaincu encore maintenant ; mais je crois bien que Jimmy YOLO Guieu n’avait rien à faire d’être un auteur à succès, ou même un bon auteur pour commencer. Non, il voulait juste révéler sa Vérité au monde. Et était prêt à tout ou presque pour ça, je crois, y compris exploiter les mésaventures de pauvres bougres qui n’avaient sans doute pas demandé grand chose à personne et aspiraient juste à une vie tranquille. Alors certes, je ne peux pas jurer que la démarche de Jimmy Guieu fût malhonnête ou cynique de bout en bout, peut-être qu’il avait les autorisations ou l’amitié des personnes dont il exploite la vie dans ce roman et dans d’autres. Mais quand même, je me permettrais d’émettre de sérieux doutes.
Et pourtant, pourtant… Quel plaisir, encore et toujours, de découvrir des romans complètement foutraques de bout en bout, où rien ou presque ne va, semblant être écrits au fur et à mesure sans contrôle aucun en dehors de quelques jalons importants, à la gloire à peine cachée de leur auteur, dans une démarche cynico-mégalo-mythomane, quasi auto-satirique sans le vouloir, empreinte de la seule sincérité d’un évident narcissique forcené qui ne voulait, après tout, qu’on lui reconnaisse le statut qu’il méritait de toute évidence à ses yeux.
Je vais pas prétendre que je me sens pas un peu sale, par moments, de m’amuser aux dépens d’une œuvre si clairement à l’opposée de mes valeurs à autant de niveaux. Mais j’y peux rien, elle continue, encore et toujours, de profondément me fasciner, d’autant plus que je partage toujours le plaisir de son exploration avec des gens que j’aime beaucoup, en partie parce que nous partageons ce plaisir étrange. Merveilleuse ironie en tout cas que de se rassembler – d’une certaine manière – autour d’un homme qui par ses lubies et obsessions, a dû beaucoup diviser.
Au prochain épisode, donc.

Au plaisir de vous recroiser.
En attendant, que votre avenir soit rempli d’étoiles. 😉

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