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Lady Astronaut T1 – Vers les étoiles, Mary Robinette Kowal

When You Move – Stonekeepers

Je vais me répéter encore une fois, sans la moindre vergogne : ce blog est l’une des meilleures idées que j’ai jamais eues. Parce que plus j’avance dans sa perpétuelle construction, et plus je me rends compte qu’au fil des verbalisations de mes sentiments littéraires via mes chroniques, mieux je me comprends. Ça peut paraître un peu évident, comme ça, mais le fait est qu’à force de devoir creuser dans mes ressentis pour en extraire une substantifique et intime moëlle dépourvue de la moindre mauvaise foi, je me connais de mieux en mieux. Sans doute parce qu’à force de graver certaines de mes impressions dans le marbre binaire d’internet, j’en garde des traces en moi, qui parfois reviennent me sauter au visage pendant d’autres de mes lectures ; pour me hurler (gentiment) de nouvelles évidences que je n’avais pas su voir jusque là.
Si le texte d’aujourd’hui me rend particulièrement content de rédiger cette chronique, c’est parce qu’au delà de ses qualités et défauts propres sur lesquels je reviendrai évidemment, il m’a surtout permis de me rendre compte de quelque chose. En résonnant d’une façon bien particulière avec un autre texte que j’ai lu il y a quelques temps, il m’a permis d’appréhender avec précision un ressenti qui jusque là était nébuleux ; j’adore ce sentiment d’épiphanie. Et donc, ce dont je me suis rendu compte, ce que j’ai enfin compris avec Vers les étoiles, c’est pourquoi je n’avais pas réussi à accrocher à Mes vrais enfants.
Et donc pourquoi, fort logiquement à mes yeux, je n’ai pas trop accroché non plus avec le roman qui nous concerne aujourd’hui, même si je l’ai plus marginalement apprécié, tout de même. Et je m’en vais expliquer tout ça tout de suite, si vous le voulez bien.

1952. Un météore s’écrase aux Etats-Unis, causant des dommages humains et matériels terribles, bouleversant profondément le cours de l’histoire. Elma et son mari Nathaniel, respectivement mathématicienne et ancienne pilote et ingénieur spatial, réchappent de peu à la catastrophe. Mettant leurs capacités au service du gouvernement, iels se rendent très vite compte que ce météore va causer bien plus de dégâts que ceux constatés dans l’immédiat : les habitants de la Terre sont condamnés. La seule solution pour l’humanité est partir dans l’espace. Ainsi est lancé un vaste programme de conquête spatial, auquel Elma est bien résolue à participer aux première loges.

Alors si j’ai si subitement et si fort pensé à l’œuvre sus-citée de Jo Walton, c’est sans doute parce qu’à l’évidence, les deux romans partagent beaucoup de points communs, sur la forme comme sur le fond. On a d’abord l’uchronie que j’oserais qualifier de soft, permettant de modifier à l’envie des points clés de notre réalité sans avoir à trop la bouleverser ; une manière assez maline d’écrire dans notre monde avec une liberté totale sans risquer le hors-sujet. On a bien sûr une trajectoire héroïque féminine et clairement féministe, revendicatrice et éclairée, ce qui n’est pas pour me déplaire, comme on a une superbe écriture des émotions, organique et pudique sans être superficielle. On a de beaux romans humains, en somme, la principale différence entre les deux (ou trois, *wink wink*) étant à mes yeux la nature des trajectoires exposées.
Bien entendu, malgré ce rapprochement un peu grossier de ma part, les deux ouvrages sont bel et bien différents, mais ils ont créé en moi un tel écho que je me devais de citer le premier pour parler du second. Malgré toutes les indéniables qualités que je pourrais leur trouver, et il y en a un sacré paquet, avec Vers les étoiles, j’ai enfin compris qu’en dépit de tous mes vœux concernant la lumière que je voulais trouver dans mes lectures, j’avais une certaine limite.

J’ai en effet pu, à maintes reprises je crois, dire que j’en avais un peu assez des récits trop sombres, où tout le monde est méchant, où les trahisons sont légions, où la crasse règne dans les esprits et les mœurs. Comme j’ai pu affirmer ça et là que j’aimais pouvoir suivre des héro·ine·s aux valeurs positives, des personnages auxquels je peux m’attacher, que j’ai envie de voir aller jusqu’au bout de leurs rêves et de leurs ambitions malgré les obstacles, que j’ai envie d’aimer. C’est toujours vrai, dans l’absolu, mais je me suis rendu compte que d’une certaine manière, il demeurait des exceptions.
J’ai compris que malgré mon amour assumé des happy ends, je ne suis pas friand de leur inéluctabilité. Ce que je veux dire par là, c’est qu’en lisant Vers les étoiles, je n’ai pas tant trouvé de plaisir que ça, parce que je n’ai jamais eu le sentiment de pouvoir douter de la réussite de son héroïne. Je me doute que cela peut paraitre paradoxal, mais le fait de la voir réussir tout ce qu’elle entreprend, encore et encore, malgré tous les semblants d’obstacles que Mary Robinette Kowal pouvait mettre sur son chemin, ç’avait quelque chose d’étrangement lassant. Comme si ces obstacles ne semblaient jamais vraiment en être ; plutôt des mirages sans réelle consistance ou importance, perdant dès lors le moindre goût.
C’est assez inexplicable, au final, mais j’ai très vite eu le sentiment, en quelque sorte, que le roman entier n’était conçu que pour narrer la gloire absolue de son héroïne, invincible et irréprochable malgré quelques errements qui semblent ne pas vraiment compter, parce que c’est elle notre héroïne. Et de fait, malgré tous les efforts un peu trop évidents de l’autrice pour lui donner des choses à surmonter, qu’ils soient externes ou internes, on a l’impression à chaque fois que le combat est gagné d’avance, dans un motif quasi-messianique qui efface la moindre ombre. Et c’est dommage, parce que ça lasse, à force. Je ne dis pas que j’aurais voulu que ce récit se termine mal ou qu’il s’y passe des catastrophes, mais à force de voir que les mauvaises nouvelles ne comptent pas vraiment dès lors qu’elles concernent Elma, elles ne comptent pas vraiment pour le lectorat non plus.

En fait, d’une certaine manière, le récit a manqué de crédibilité pour moi parce qu’il est trop positif. Quelque part, il est trop beau pour être vrai. Je me déteste presque de dire ça, mais j’avais l’impression de lire un bingo des bons sentiments, par moments. Alors que j’adore ça, les bons sentiments, vraiment ; mais il faut leur opposer un minimum d’adversité pour leur donner du pep’s, à mes yeux. Ou du moins équilibrer leur rapport au réel au sein du récit. Pas se contenter de les aligner sagement au fil du récit et de péripéties sans suspense réel autre que leur déroulé propre. Tous les partis pris par Mary Robinette Kowal sont bons, par ailleurs, indéniablement, et les échos qu’elle provoque entre son récit uchronique et notre réalité actuelle sonnent juste, forcément ; mais pour autant, je trouvais que l’ensemble avait un arrière-goût d’artifice. Comme si quelque part, il y avait eu une check-list remplie pour donner à ce récit toutes les caractéristiques d’un roman parfait selon un cahier des charges bien précis, manquant au final de la petite touche d’imperfection ou d’audace qui aurait rendu le tout plus humain à mes yeux. Ma frustration nait sans doute du fait que, d’une part, le roman avec moi prêchait un converti, et que de l’autre, il manquait de force évocatrice par des aspects bien trop lisses : j’ai manqué de grain intellectuel à moudre et d’effet de surprise, tout simplement.

Alors voilà. Aussi mesquin que ça puisse paraître, je dirais que la principale qualité de Vers les étoiles a été de me faire comprendre pourquoi je n’avais pas tant aimé Mes vrais enfants que ça, malgré ses qualités évidentes. Ces romans ne sont pas mauvais, non, surtout pas. J’ai même clairement préféré mon expérience avec le roman qui nous concerne aujourd’hui qu’avec celui qu’il m’a évoqué, même si la marge est assez légère. Il faut juste savoir accepter et comprendre que parfois, les ouvrages que nous rencontrons ne sont pas fondamentalement faits pour nous. C’est le cas aujourd’hui, avec un roman qui malgré ses nombreuses forces, était simplement trop lisse pour mes goûts et mes attentes, versant trop du côté des bons sentiments et pas assez de la vision de la science-fiction que j’affectionne le plus.
J’aurais préféré plus d’antagonisme, plus de coups du destin, des personnages plus affirmés et humains, moins gentils, moins purs, peut-être ; j’aurais sans doute préféré un peu de sang de larmes et de sueur, ou en tout cas l’impression que ce que je pouvais croiser de similaire dans ma lecture n’était pas là parce qu’une autrice s’est dit que ça ferait mieux pour son histoire. J’aurais préféré quelque chose de moins calibré, de plus imparfait. De plus sincère, peut-être, oserais-je, si j’avais cette audace.
Mais comme toujours, demeure que je suis content d’avoir lu ce roman, parce qu’il m’a permis de comprendre encore plus précisément quel lecteur je suis en projetant une lumière nouvelle sur un roman qui me faisait encore m’interroger ; c’est une certaine chance, et un réel luxe.
La question maintenant étant : est-ce que j’ai envie de lire la suite de la série Lady Astronaut.
Meh.

Au plaisir de vous recroiser.
En attendant, que votre avenir soit rempli d’étoiles. 😉

4 comments on “Lady Astronaut T1 – Vers les étoiles, Mary Robinette Kowal

  1. L'ours inculte dit :

    Ah je vais acheter mes vrais enfants alors 😀

    Aimé par 1 personne

    1. Laird Fumble dit :

      Ah bah si t’as aimé l’un oui tu devrais aimer l’autre. =)

      J’aime

  2. Elwyn dit :

    Si ton avis est mitigé, il me donne envie de découvrir le titre tout de même, alors, merci ?

    Aimé par 1 personne

    1. Laird Fumble dit :

      Bah merci à toi, c’est un super compliment que tu me fais, je trouve. 😀

      J’aime

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