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Évariste 2 – Requiem en Catastrophe Majeure, Olivier Gechter

MONEY – The Warning (extrait de l’album ERROR)

Sincèrement, je suis un petit peu embêté, pour ne pas dire vraiment embêté. Si vous ne saviez pas ou ne l’aviez pas encore deviné, j’essaie de m’astreindre à un certain volume dans la rédaction de mes différentes chroniques ; à l’aune des tailles respectives des ouvrages que j’y traite, évidemment, mais toujours dans l’optique de rendre justice à ces derniers et au travail qu’ils ont représenté pour leurs auteurices. Que j’aime ou que je n’aime pas, j’essaie de creuser au maximum mon ressenti pour en ressortir une analyse aussi poussée que possible tout en demeurant digeste. Je crois que je m’en sors pas trop mal, jusque là, mais arrivent toujours ponctuellement des bouquins qui me mettent dans l’embarras pour des raisons à chaque fois bien spécifiques.
Des fois il s’agit pour moi de décortiquer un sentiment purement intuitif au fil de l’écriture de la chronique, ou d’aller au delà de impression qu’il n’y a vraiment qu’une seule chose qui me vient à l’esprit. Aujourd’hui, c’est encore un truc nouveau, et ironiquement, malgré la simplicité extrême du problème, je le trouve presque insurmontable.
Parce que depuis la lecture d’Évariste, j’attendais sa suite avec enthousiasme. Et maintenant que je l’ai lue, je crains de n’avoir quasiment rien à dire sur Requiem en catastrophe majeure que je n’ai déjà dit sur son prédécesseur, en dehors du fait que c’était simplement un tout petit peu meilleur à tous les niveaux. Alors bon, je vais essayer, mais je ne promets rien.

Évariste Cosson, consultant en occultisme, voit son emploi du temps, ordinairement désespérément vide, soudain se remplir. En cause, la mort subite du rockeur Jimi Hendrix dans des circonstances étranges menant à des mystères encore plus épais concernant son concert d’adieux et ses liens avec sa maison de disques ; mais aussi un service à rendre à son ami Gidéon Bomba et une mission délicate à l’opéra Bastille. Autant dire que jongler avec toutes ces responsabilités ne va pas être simple. Mais il faut ce qu’il faut pour maintenir son entreprise à flots.

Alors voilà. Le cœur de mon problème, finalement, c’est qu’Olivier Gechter est un auteur aussi malin qu’intelligent. (Oui, ce sont des qualités complémentaires à mes yeux, merci bien.) Il sait ce qu’il sait faire de bien, et il s’exécute, proprement. Évariste était un roman malin et divertissant, au bon point d’équilibre entre world-bulding exigeant et aventure rocambolesque, sachant ménager ses effets avec malice comme ses hommages référentiels. En clair, c’était de la bonne. Et le truc, c’est que Requiem en catastrophe majeure – et c’est heureux – n’essaie pas de réinventer la roue. Après tout, pourquoi changer une équipe qui gagne ? D’autant plus quand on sait à quel point l’exercice d’une suite est compliqué à gérer, pour parvenir à renouveler ses enjeux sans se trahir ou trop dévier de la ligne initiale, ou au contraire pour ne pas bêtement se répéter et devenir fade par manque de contraste.
Et comme je le disais en introduction, sans rien avoir à révolutionner, Olivier Gechter réussit ici une suite impeccable. Toujours le même bon esprit, les clins d’œil à l’univers des Futurs Mystères de Paris de Roland C. Wagner, les mêmes personnages délicieusement gris et organiques, les mêmes dialogues qui fusent, notes de bas de pages espiègles, etc… La seule réelle différence à mes yeux, finalement, c’est juste que ce volume parait un tantinet plus maîtrisé que le précédent, plus contrôlé. Le fonds est fondamentalement le même, mais la forme est simplement marginalement plus lissée, ce qui limite clairement le spectre disponible de compliments à formuler sans simplement reprendre mots pour mots ma chronique précédente. Et donc, c’est un peu embêtant pour moi, parce que j’aimerais pouvoir rendre clairement justice au travail abattu par l’auteur en plus de mots que simplement : « c’est pareil mais en mieux, foncez ». Ça fait le taff, certes, mais ça manque cruellement de panache, comprenez.

Alors je vais me rabattre sur un sentiment bien particulier, un sentiment auquel, je me rends compte, j’accorde de plus en plus d’importance : Olivier Gechter s’est éclaté à écrire ce roman. C’est tout bête, hein, j’en conviens. Mais pour un roman de pur divertissement – malgré ses quelques remarques satiriques bien placées et d’autant plus délicieuses – je crois qu’il est vital que le travail n’apparaisse pas trop ; que les choses coulent naturellement. J’ai le sentiment a posteriori que certaines séquences dans ce roman n’auraient pas eu leur place, ou en tout cas pas de cette manière, dans d’autres romans du même genre. Et pourtant, l’ensemble marche à la quasi perfection (histoire de faire le mec difficile), parce qu’Olivier Gechter a injecté à l’ensemble toute sa joie communicative. À la lecture de certaines vannes, blagues ou répliques bien senties qui auraient parfois pu facilement paraître surnuméraires, je voyais son sourire satisfait, j’entendais le gloussement ravi du gosse fier de sa bonne farce. C’est ce genre de petites choses pas si petites qui donne un supplément d’âme à n’importe quel ouvrage, et pour celui du jour, bien sûr, il y en a partout ; ce qui fait que c’est une indéniable et réjouissante réussite.

Mais demeure qu’effectivement, je n’ai pas grand chose à rajouter. Requiem en catastrophe majeure est un exemple parfait de suite réussie. L’aventure demeure indépendante sans oublier ses liens avec celle qui a précédé, corrige les petits défauts passés tout en renforçant les qualités toujours présentes en force ; c’est du travail de qualité, tout simplement. Ça se lit tout seul, avec toujours un petit sourire de joie au bord des lèvres qui n’hésite jamais à se manifester à la moindre occasion un peu piquante, tout comme une moue approbatrice dès qu’une des nombreuses idées malines du bouquin se révèle dans toute son espiègle gloire.
Voilà voilà. C’était bien. Hâte de lire la suite. Sans pression, toujours, évidemment.

Au plaisir de vous recroiser.
En attendant, que votre avenir soit rempli d’étoiles. 😉

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