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La Terreur Invisible, Jimmy Guieu

Jimmy, la YOLO classe dès la couverture

Que dire, à force ? C’est pas comme si j’avais la moindre excuse ou un seul vrai, bon prétexte. Ces LT comme ces chroniques m’amusent, et amusent suffisamment de gens qui me suivent pour que je trouve toujours que ça vaut le coup. Alors je continue, parce qu’on a besoin de bonnes choses de nos jours, aussi petites et parfois mesquines soient-elles ; d’autant plus avec le luxe de ne flouer réellement personne.
D’autant que, pour une fois, je ne vais pas avoir que des mauvaises choses à dire à propos de l’ami Jimmy, oh que non ; et croyez moi, ça me fait aussi bizarre qu’à vous qui me lisez.
Trêve de bavardages, et lançons nous, sans peur ni reproche.

Vous avez l’habitude maintenant, je l’espère, le lien du Live-Tweet est .

Régine Véran, journaliste et amie de Gilles Novak, enquêteur de l’étrange, est témoin d’un étrange phénomène dans son salon de coiffure habituel ; trois clients ont soudain été prises d’une inexplicable crise de rage meurtrière, ne se souvenant de rien lorsqu’elles sont enfin maîtrisées et reviennent à la raison. Le soir-même, le patron de ce même salon se rend coupable d’atroces actes de torture sur une de ses employées avant de foncer en voiture dans une foule de piétons et de s’encastrer dans une vitrine. Sur toutes les victimes, d’étranges filaments lumineux semblent se nourrir de la douleur née de leurs blessures. L’enquête qui se lance va lancer nos héro·ine·s sur une piste aussi affreuse qu’intriguante.

Évacuons d’emblée les évidences pour nous concentrer après sur ce que je considère essentiel dans ce roman. Tout y passe comme d’habitude dans le glorieux bingo/cahier des charges auquel Jimmy semblait s’assujettir au gré de ses obsessions. Je l’ai déjà dit et je l’affirme à nouveau, Jimmy Guieu n’était pas un auteur de science-fiction ; il était un ufologue et enquêteur auto-proclamé du paranormal qui projetait dans ses écrits tout ce en quoi il croyait à des fin de pure démonstration forcenée, quitte à faire preuve d’une certaine malhonnêteté et d’une mauvaise foi certaine. Ici encore, tout y passe : complots mondiaux, orthodoxie criminelle de la Science Officielle, E.T. nous tournant autour pour le meilleur et pour le pire, projection de sa propre confiance en lui dans son personnage principal et règlements de compte politiques avec ses ennemis éternels, entre autres. On passera sur la sur-sexualisation de ses personnages féminins, évidemment, mais oui, vraiment les fondamentaux sont respectés, y compris dans les dialogues d’exposition aussi lourds qu’un 33 tonnes, à l’instar des placements de produit sans scrupules, la conclusion ultra-précipitée en mode Deux Ex Machina complètement assumée ou l’usage balistique de la typographie, quoique moins qu’à l’accoutumée, pour être honnête.

Parce que voilà. Il y a, pour une fois, quelque chose qui m’a frappé dans ce roman, et c’est sa relative qualité dans la construction et dans l’exécution. Oui, je sais, ça choque. Mais moi qui malgré mon mauvais esprit lors de ces lectures partagées cherche toutes les raisons d’être de mauvaise foi pour le plaisir ludique de la chose ; à plusieurs reprises, j’ai dû simplement reconnaître que Jimmy avait fait un bon, voire très bon travail de romancier. D’abord dans les scènes de possession où il prenait le point de vue des personnes commettant les crimes inspirés par les entités hostiles prenant le contrôle de leur corps et de leur psyché. Dans l’audace formelle comme dans la réalisation de cette dernière, c’était, pour une fois, extrêmement sobre et efficace, ça faisait flipper. Jimmy, dans ces séquences, prenait son sujet au sérieux et a adapté son style en fonction pour livrer des moments de littérature assez glaçants. Et je déconne pas là dessus ; j’étais presque mal à l’aise rien qu’à l’idée de les retranscrire pour le Live-Tweet, parce que je me disais que j’aurais dû mettre un TW dessus, simplement parce que je n’avais pas et n’ai toujours pas l’habitude de lire Jimmy comme un romancier capable de créer autre chose que du contenu dont il est trop aisé de se moquer. Il a réellement réussi un truc dans ce récit, et c’est créer de réels enjeux. J’avais beau savoir que la conclusion serait à l’avantage de nos héro·ine·s, j’ai pour la première fois eu la crainte que ça se passe quand même majoritairement mal. Il m’a vraiment prouvé qu’il était capable d’écrire pour de vrai, autrement que pour lui-même et ses obsessions. Alors sans doute qu’à la relecture, je verrais des défauts d’écriture qui lui ressemblent là dedans, mais à la découverte, vraiment, j’ai été happé et surpris, comme jamais avec lui ; c’est à saluer.

Alors bon, évidemment, ça ne dure jamais, hein, on est quand même chez Jimmy YOLO Guieu. Chaque avancée dans l’intrigue se fait toujours au gré des épiphanies absurdes d’un Gilles Novak surpuissant d’intellect, ruinant systématiquement les efforts de son auteur, jusqu’à une conclusion complètement stupide de rapidité pour boucler le standard de volume habituel. Mais demeure que dans ce roman, il se passe des trucs. l’intrigue est globalement, pour 90%, la plus solide qu’il m’ait encore jamais livrée, ne cédant que rarement – quoique puissamment – aux lubies du bonhomme, et se tenant à son cadre horrifique pour la majeure partie du récit, concédant même à quelques idées conceptuelles qui claquent franchement. Le concept de créatures immatérielles se nourrissant de douleur et d’angoisse, contrôlant leurs victimes pour créer leur propre nourriture, je n’en démordrai jamais, c’est vraiment génial. C’est juste dommage que comme d’habitude, il n’y ai aucune suite dans les idées de l’auteur en dehors de ses propres priorités, complètement extérieures au monde littéraire. Je ne peux pas m’empêcher de ressentir une profonde frustration à l’idée que ce bonhomme si productif, s’il avait eu réellement envie, aurait pu nous livrer des sagas de SF ambitieuses dans un volume respectable. Jimmy Guieu, l’auteur qui en voulait pas en être un, effleurant son propre talent sans cesse, sans jamais le saisir à pleines mains. Plus je le lis, plus il me fascine au premier degré.

J’ai pas fini de vous emmerder avec lui, clairement. Il y a une mécanique à l’œuvre dans le déréglément psychologique de cet OVNI humain que je n’arrive pas à sortir de mon esprit. Je veux le comprendre, appréhender son logiciel comme peu d’autres, par une étrange fascination un peu morbide, j’en conviens, qui ne me lâche pas, à chaque lecture. Je ne me lasse pas de grapiller des morceaux d’explication à chaque exploration de son travail, d’autant plus avec le plaisir que je trouve dans le partage de ce dernier avec tous les gens que ça semble intéresser comme moi, au moins un peu.
À la prochaine, donc.

Au plaisir de vous recroiser.
En attendant, que votre avenir soit remplis d’étoiles. 😉

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