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Fées, weed & guillotines, Karim Berrouka

drug dealer (feat. Lil’ Wayne) – Machine Gun Kelly (extrait de l’album mainstream sellout)

Karim Berrouka fait partie des noms dont je regrette ponctuellement de ne pas avoir découvert le travail plus tôt, au moins un peu. Parce qu’à force de recommandations directes, interventions de qualité dans les quelques tables rondes où j’ai pu le croiser, ou autres évocations flatteuses de ses œuvres ; j’ai fini par me dire que quand même, il y avait là un pas à franchir. Il aura fallu une dernière poussée par un certain Alex Nikolavitch, dont les avis me sont précieux, pour enfin me décider, lors des dernières Imaginales d’automne. Ma confiance était telle que j’ai pris deux ouvrages de l’auteur en même temps.
Et là, c’est le moment où je vous donne mon avis sur le premier d’entre eux : j’aime bien faire les choses dans l’ordre.

Marc-Aurèle Abdaloff est détective privé, et il s’ennuie un peu. Il aimerait que son métier corresponde un peu plus à l’image qu’il s’en faisait avant de s’y lancer. Il faut dire que les adultères et les menues affaires de corruption, ça devient vite monotone. Par chance, un jour, débarque dans son bureau une étrange femme en tenue de soirée, l’air un peu revêche, limite antipathique, qui le missionne pour retrouver une femme sur la seule base de son sourire, et de trois très vieux portraits pour référence. Autant dire mission impossible. Mais précisément, c’est ce dont Marc-Aurèle avait besoin. Et en plus, la dame paie très bien. Alors au boulot. Quitte à plonger tout droit dans les emmerdes, fussent-elles d’une nature insoupçonnée.

Entre la réputation de Karim Berrouka et mon intense faiblesse personnelle pour la figure du privé en littérature – de genre – populaire, ce roman partait fondamentalement gagnant avec moi, pour être tout à fait transparent ; il avait même très peu de chances de me déplaire. Et effectivement, j’ai passé un bon moment de lecture. Je l’ai su très tôt dans le roman, grâce à une plume gouailleuse, à la joie communicative, et à des ambitions de divertissement assumées. C’est là, malheureusement, que ma chronique va sans doute pêcher par un certain manque de matière à manipuler, pour être honnête. Parce que si j’ai effectivement passé un bon moment, et que je n’ai que très peu de reproches – a fortiori mineures – à formuler à l’égard du travail de l’auteur, mes compliments sont de l’ordre de l’évidence. Ce roman affiche très tôt ses intentions, et s’échine, pendant toute sa durée, à les respecter. Dès le premier chapitre, on comprend qu’il s’agira de faire se caramboler deux univers n’ayant rien à voir le long d’une enquête spectaculaire, avec légèreté et allégresse, un discours familier voire vulgaire, juste assez pour être rigolo sans se vautrer dans la grossièreté, le tout au service d’une distribution à l’avenant. Et voilà.

Et clairement, Karim Berrouka maîtrise : c’est fun. Moi qui suis assez difficile en terme d’humour littéraire, j’y ai trouvé mon compte. Sans régulièrement m’esclaffer, j’ai un peu ri, beaucoup pouffé et souvent acquiescé devant les astuces mobilisées. Je ne peux pas dire que j’ai été renversé ; sans doute parce que ce roman en particulier est arrivé un peu tard dans mon parcours, mais je dois reconnaître que ça fonctionne de bout en bout, et que ça fonctionne bien. Si j’avais lu ce roman quelques années en arrière, j’aurais été bien plus enthousiaste, là où je ne suis aujourd’hui que convaincu. Alors, oui peut-être que j’ai trouvé la formule un poil redondante sur la fin, la conclusion un brin précipitée, perdant un peu de son charme en même temps que l’effet de surprise ; peut-être que j’aurais aimé un peu plus d’exigence ou de détails dans le world-building, mais c’est un goût personnel, rien d’autre. L’idée de Karim Berrouka me semblait être surtout d’écrire une enquête policière un peu barrée laissant la place à des dialogues savoureux et un peu iconoclastes : le contrat est indubitablement rempli.

En vrai, je suis un peu embêté de ne pas avoir spontanément plus de choses à dire au sujet de ce roman. J’ai à la fois le sentiment qu’il mérite mieux que ma polie mais froide validation, et celui d’exprimer précisément ce que j’en pense ; ni trop ni pas assez. Peut-être que mon amour des détectives privés et du surnaturel me pousse à exiger un peu trop des récits de ce genre, expliquant mon refus d’un enthousiasme que je trouverais superfétatoire ; ou alors, tout simplement, j’ai l’impression trop prégnante qu’il y avait la place pour plus dans ce récit en particulier, tout du moins pour quelque chose me parlant plus.
Mais j’ergote pour rien. Ce roman était bien, et les romans qui sont biens, c’est bien. Et dans cette optique, je vais moins trainer à lire mon autre exemplaire d’un roman de Karim Berrouka, pas trop vite mais pas trop lentement, histoire de confirmer l’idée selon laquelle le monsieur et moi sommes destinés à littérairement bien nous entendre. Ça aussi, c’est une réussite à mettre au crédit du roman du jour.

Au plaisir de vous recroiser.
En attendant, que votre avenir soit rempli d’étoiles. 😉

One comment on “Fées, weed & guillotines, Karim Berrouka

  1. Jean-Yves dit :

    J’ai rigolé en le lisant mais c’est aussi celui que j’ai le moins aimé, surtout sur la fin. Si tu as a accroché à l’humour, tu serais en terrain connu avec les autres 😉

    Aimé par 1 personne

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