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Au bonheur des jeux, PoPésie

Act Like You Know – Fat Larry’s Band (extrait de l’album Breakin’ Out)

Il semblerait que Twitter aille vers sa mort. Ce qui me chagrine beaucoup, parce que j’aime énormément ce site et tout ce qu’il a pu m’apporter, tant personnellement que professionnellement, aussi étonnant que ça demeure à mes yeux. Et au rang de ce que Twitter m’a apporté, il faut compter la joie de connaître – fusse de si loin – celui dont le travail est le sujet de la chronique du jour.
PoPésie est à mes yeux un des phares dans la tempête que constituent certaines personnalités incroyables de ce site, ayant su capturer comme peu d’autres l’essence du micro-blogging, avec un sens aigu de l’à-propos, du timing et de la pertinence que je peux que fugacement et ponctuellement rêver de seulement égaler. PoPésie fait partie de ces gens qui ont non seulement le talent, mais la constance pour l’exprimer aux meilleurs moments et avec le maximum d’efficacité, tant dans l’humour que dans des instants appelant à plus de gravité ou de sérieux. PoPésie, en somme, fait partie de ces gens que sans *vraiment* connaître, je respecte profondément, et dont je crois que nous partageons, à demi-mot au moins, certaines valeurs et principes nous tenant à cœur, s’exprimant pudiquement au sein d’échanges enrichissants en plus d’être souvent rigolos. Et que j’aime tellement que j’ai l’impression d’être un gosse de 10 ans qui se découvre un ami dans la cour de récré quand il me suit, lui aussi. Des mois plus tard, je ne m’en remets toujours pas. Mais je m’égare, pardon.
Du coup, quand PoPésie a sorti un bouquin de jeux littéraires, je n’ai pas hésité trop longtemps. J’ai hésité quand même, je le confesse, parce que les livres-jeux, quand bien même produits par des gens que j’aime bien, ça ne reste fondamentalement pas ma came. Je suis plutôt addict à la fiction, et il est très compliqué, voire impossible, de me convaincre d’en sortir. Mais comme je vous ai dit, il y a un truc chez ce monsieur qui me le rend particulièrement sympathique ; et il aura finalement suffit de quelques exemples de ses jeux lancés sur Twitter en guise de teaser pour me faire craquer.
Et aujourd’hui, je viens vous livrer mes impressions. Sur un livre-jeu, oui.

Parce que je me suis posé la question, je l’avoue. SI je ne vais faire aucun mystère du fait que j’adore le travail fourni par PoPésie, je me suis interrogé sur la pertinence d’une chronique entière, plutôt que juste un tweet ou deux, accompagnés d’une photo avec mon pouce en l’air ; un truc un peu facétieux mais sincère. Ç’aurait pu paraître suffisant, après tout, pour ce qui n’est, d’un certain point de vue, pas un « vrai livre ». Elle revient trop souvent, cette formule. Et c’est ça qui m’a motivé, finalement, à l’écrire, cette chronique. Parce qu’en le parcourant ce « pas-vrai-livre », je me suis rendu compte très vite que si, précisément, c’est un vrai livre, à l’instar de l’immense majorité des livres qui se prennent dans la tronche un jugement de valeur immérité, uniquement hérité d’un snobisme vieille école, aussi usé et fatigué que les personnes qui le manient, comme un bouclier absurde et inutile contre leur propre obsolescence. Au bonheur des jeux, c’est, comme son nom l’indique, un livre-jeu : il y a carrément « livre » dedans, c’est pourtant pas compliqué. Mais ça va au-delà du jeu, si on veut s’intéresser au genre de ce livre. Au delà de l’évident et fabuleux ludisme de ce livre, pour moi, ce livre, c’est un roman d’amour.

C’est l’histoire d’un homme qui aime tant les lettres qu’il joue avec, d’un amour si débordant et magnifique qu’il a à cœur de le partager autant que possible avec les autres. Et comme il est passionné, il y met tout ce qu’il a de drôle, de fiévreux, de contagieux. Ce livre aurait pu n’être qu’une collection de mini-jeux un peu malins et de quiz malicieux, gentiment moqueurs à l’occasion ; aux yeux de certaines personnes, il ne sera peut-être que ça, et ce sera alors passable ou suffisant. Mais personnellement, j’y ai vu bien autre chose, en plus de l’évident talent du sieur PoPésie pour faire des blagues contextuelles et référencées. Parce que s’il faut du talent pour faire rire avec le seul mot boulgour placé à l’endroit parfait pour lui faire révéler tout son potentiel, il en faut beaucoup plus, je crois, pour faire comprendre, entre les lignes d’un pastiche ou d’une parodie, ou même d’un quiz sur les figures de style, tout le chemin parcouru pour parvenir à engranger tout ce savoir littéraire ; et ce, sans la moindre pédanterie ou la moindre condescendance. Il en faut, de la passion et de l’amour – oui, j’insiste – pour aller piocher dans des siècles de classiques et moins classiques, et en invoquer la substantifique moëlle sans jamais donner l’impression de se placer soi-même sur un piédestal. Et du talent, aussi. Comme il en faut pour aller trouver ces mêmes références convoquées par d’autres que lui aujourd’hui. Ça tombe bien, du talent, PoPésie en a plein.

C’est pour ça que j’ai voulu consacrer une chronique à ce livre, plus qu’un étroit tweet. Il me fallait de la place pour signifier tout mon respect. Parce que PoPésie, au travers de ce roman ludique, m’a rappelé quelque chose d’important, qui s’était peut-être un peu effacé de mon esprit au fil des années : c’est important de savoir s’amuser de ce qu’on aime, comme de ce qu’on aime pas, indifféremment. Parce que si j’ai picoré ce livre, plus que je ne l’ai lu chronologiquement, m’y plongeant de temps en temps sans m’y consacrer trop longuement ; je ne saurais pas dire, sur sa base seule, quelles œuvres ont réellement la préférence de l’auteur ou lesquelles souffrent son rejet. Et c’est très bien comme ça, parce que ne ressort finalement de l’ensemble que la passion. PoPésie aime la littérature dans son ensemble et nous partage tout ce qu’il a à disposition avec une passion uniforme, dépouillée des oripeaux de mépris ou de condescendance auxquels nous sommes trop souvent assujettis par les temps qui courent.
Il est important de se rappeler régulièrement à quel point il est bon de ne pas tout prendre au sérieux tout le temps. Au contraire, le jeu en lui-même, et le ludisme qu’apportent l’humour et leurs joyeuses contorsions permettent parfois – souvent – d’encore mieux comprendre ce que l’étude rigide et plombante cache à certains yeux fatigués ou indifférents.

Un roman d’amour, donc. Et un très bon, avec ça. Quoique peu conventionnel, je vous l’accorde. Alors qu’encore une fois, ce n’est pas forcément ma came, au départ. C’est la force de la passion, ça : dépasser les bornes, repousser les frontières. Créer du lien. J’ai envie de relire du Beckett, parce que j’avais oublié à quel point j’adore En Attendant Godot. Tenter du Marguerite Duras, pourquoi pas, histoire de voir si la parodie est tant dans la parodie que ça. Redonner une chance à Balzac ou Flaubert, si longtemps après, maintenant que j’ai capté quelques détails qui m’avaient échappés lors de leurs études, il y a si longtemps ; ou simplement parce que maintenant j’ai des éléments d’humour qui pourraient me permettre de me mettre juste à la bonne distance pour les apprécier différemment, enfin, à l’aide de références communes. J’ai envie de creuser là où je pensais que je n’avais plus envie de creuser ; là où même je n’aurais peut-être jamais songé à creuser.
Parce que c’est ça aussi, le truc. À la base, mon kiff à moi, c’est l’Imaginaire, pas les Lettres consacrées. Mais la passion crée des ponts : je suis convaincu que si PoPésie a su me convaincre moi, de peut-être, un jour, les traverser pour trouver un hypothétique bonheur littéraire ailleurs, il est capable de le faire avec bien d’autres que moi. Et ça, c’est formidable. Je défie quiconque de me dire le contraire sans sentir le mensonge les salir.
D’accord, peut-être que j’en fais un peu trop. Que voulez-vous. C’est la passion.

Au plaisir de vous recroiser.
En attendant, que votre avenir soit rempli d’étoiles. 😉

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