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Rouge Impératrice, Léonora Miano

Abandon à la page 79/648

Il est rare pour moi d’abandonner une lecture avant son terme, et encore plus de savoir très tôt dans ma découverte que ce sera le cas. D’autant plus rare que je déteste ça, surtout pour des textes qui m’ont si longtemps intrigué avant que je me décide à enfin m’y mettre. Cela fait un petit bout de temps que Rouge Impératrice est dans ma PàL, son achat motivé par la démarche me semblant aussi singulière qu’ambitieuse de son autrice ; mais aussi par ma curiosité envers un roman appartenant clairement à la mouvance littéraire de l’Imaginaire, et encore plus particulièrement, je crois – les spécialistes me corrigeront – de l’afrofuturisme, mais comme trop souvent, camouflé dans une publication généraliste.
Cet abandon est d’autant plus frustrant pour moi qu’il n’est pas la conséquence des critères habituels que je prête aux textes faisant ployer ma patience ou mon endurance. Pour autant, j’ai su très vite que je ne pourrais pas lui consacrer mon attention comme j’aurais voulu le faire, tout en pensant, assez paradoxalement, j’en conviens, qu’il avait nombre de qualités pouvant à terme me ranger dans la catégorie des lecteurices convaincu·e·s par sa lecture.
Et comme toujours dans le cas de ces abandons, puisque l’autrice s’est échinée à l’écrire jusqu’au bout ; la moindre des choses que je puisse faire est d’expliquer pourquoi je n’ai pas consenti à l’effort.

Mon problème avec Rouge Impératrice, c’est que c’est un texte terriblement étouffant. Alors pas parce qu’il déploie un vocabulaire fourni absolument dépaysant ou construit un futur africain résolument étranger ; non, ce serait plutôt à mettre à son crédit. À vrai dire, s’il ne s’était pas agi des reproches dont je vais faire un rapide déroulé dans ce qui suit, j’aurais même sans doute exprimé à cet égard un enthousiasme sans borne. Il s’agit d’être cohérent : si j’ai tant aimé Tè Mawon, par exemple, c’est précisément pour ça, et le Katiopa de Léonora Miano m’a impressionné à peu près de la même manière. J’aime à lire l’altérité, et Rouge Impératrice en est brillamment rempli. Vraiment, j’insiste, là dessus, rien à dire de négatif.
Dans un autre registre, j’aurais pu aussi, peut-être, pu simplement me retrouver en simple incompatibilité d’humeurs avec un roman se centrant, il me semble, sur une romance, genre que je n’apprécie pas particulièrement, à titre personnel. Que le récit s’ouvre sur ce qui ressemble à un coup de foudre unilatéral entre un homme de pouvoir exerçant son influence sur une femme qu’il a croisé deux fois et à laquelle le choix d’une rencontre sur pied d’égalité n’est pas vraiment donné m’a certes brossé à rebrousse-poil ; mais il restait beaucoup de temps au texte pour redresser la barre. Je ne peux donc décemment pas me prononcer définitivement sur ce sujet en toute connaissance de cause. Ça n’a certes pas aidé, mais je préfère laisser à l’autrice le bénéfice du doute : son héroïne a clairement du caractère et des valeurs à revendre.

Mais par contre, le style de ce roman m’a épuisé. De longs, trop longs blocs de texte, une surcharge de descriptions et d’info-dumps, une absence totale de respirations et de transitions claires m’ont simplement, cruellement, trop demandé. Trop souvent, je filais le long du texte en me demandant soudain comment on en était arrivé là, de qui on lisait les pensées, et surtout pourquoi. La société de Katiopa et tout ce qu’elle recèle me semblait passionnant, mais pas comme ça, aussi frontalement, aussi exhaustivement, et surtout aussi monolithiquement, si j’ose dire. Le pire étant sans doute à cet égard les quelques trop rares dialogues émaillant la narration, inclus en son sein par des italiques. On ne peut pas dire que je sois un puriste de la typographie et des conventions narratives, mais j’avoue que quand même, les guillemets et les tirets, ça amène un confort de lecture assez indiscutable que je n’étais pas prêt à sacrifier. Et même avec mon esprit analytique prompt à trouver des significations un peu partout ; voyant dans cet audacieux choix une marque supplémentaire du dépaysement culturel total voulu par l’autrice, ce qui ferait absolument sens : c’était trop. Trop, parce que tout ça rendait le texte irrespirable, impropre à donner à mon esprit les petits temps de repos nécessaires à ma concentration et à mon attention. Expliquant sans doute ces errements spirituels auxquels je faisais référence plus tôt : pas assez de jalons fixes, un flux incessant d’informations complexes, complémentaires comme contradictoires, je me suis retrouvé perdu plus d’une fois, n’attendant que la fin du chapitre pour enfin pouvoir faire un semblant de point sur la situation. Et les deux chapitres que j’ai lus étant très longs : abandon, KO technique.

Un texte trop exigeant pour moi, donc. Aveu de faiblesse sans honte de ma part, le potentiel était clairement là, mais la réalisation m’a simplement convaincu que ce n’était pas possible sans devoir y consacrer beaucoup trop de temps et d’énergie ; avec sans doute un ressenti beaucoup trop mitigé à l’arrivée de toute manière. Si le respect que j’avais avant ma lecture pour l’autrice que je considère comme pétrie de valeurs et d’idées auxquelles je ne peux qu’adhérer en reste inchangé, je ne pourrais pas faire une recension suffisamment positive de son travail d’autrice pour que le jeu en vaille la chandelle.
Une autre fois, peut-être.

Au plaisir de vous recroiser.
En attendant, que votre avenir soit rempli d’étoiles. 😉

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