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Rêves d’apocalypse, Rozenn Illiano

Automatic – half·alive (extrait de l’album Persona)

Je ne sais plus quoi dire en intro des chroniques concernant Rozenn Illiano, alors pardonnez moi, je ne vais même pas essayer de faire semblant.
L’important, c’est que cette autrice très (très) chère à mon cœur et à ma bibliothèque ressort un de ses anciens romans sous un nouveau titre. Adieu donc Onirophrénie, et bonjour Rêves d’apocalypse ! Et comme toujours, bon petit soldat que je suis, il me fallait être présent pour aider à la propa… promotion ! Parce qu’aider Rozenn Illiano à se faire connaître et à vendre ses livres, pour moi, c’est important, fut-ce un bouquin à la fois.
D’autant plus qu’ici, sauf erreur de ma part, on est sur le dernier roman signé de sa plume qui me soit inédit. Au bout de ce qui doit être une bonne quinzaine d’ouvrages au bas mot, anciennes éditions comprises – j’ai la flemme de faire le compte maintenant, pardonnez moi – ça représente quelque chose de spécial, et ça fait un petit quelque chose au palpitant, il faut bien l’admettre.
Et ce qui est cool, en plus, c’est que non seulement la publication du jour est bonne – je ne vais pas non plus vous faire l’offense du moindre suspense – mais en plus, elle renouvelle ce petit phénomène miracle qui se produit à chacune de mes lectures et qui ne cesse de m’émerveiller : j’ai des choses à dire qui ne sont pas exactement les mêmes que les fois précédentes.
Woohoo.

Je l’ai déjà dit et je le redis sans peine ni vergogne : lire Rozenn Illiano, pour moi, c’est rentrer à la maison. Mais au delà du confort et de la familiarité de ses écrits, volume après volume, j’ai ici été frappé par un constat d’autant plus merveilleux que je suis extrêmement surpris de ne pas l’avoir verbalisé plus tôt.
À vue de nez, ça doit bien faire 2 ou 3 fois minimum, Rêves d’apocalypse compris, que je lis l’apocalypse narrée par l’autrice dans son univers, que ce soit l’avant, le pendant ou l’après. Et je suis à peu près certain que si ce n’était pas pour elle, je pourrais fort bien m’en être lassé, à force. Sauf que non. Non seulement je ne m’en lasse pas, mais j’en demande toujours plus. Et ça tient à quelque chose de conceptuellement très simple, mais bien plus complexe dans son exécution : elle parvient à chaque foutue fois à changer de perspective d’une manière suffisante pour qu’aucune de ses histoires ne se ressemble.
L’histoire de Lili ici n’est pas celle du Temps des Cendres, pas plus qu’elle n’est celle de Sinteval, quand bien même les circonstances, les contraintes et les luttes sont globalement les mêmes. Le secret tient évidemment, comme toujours, au sens si particulier et fin de l’autrice de la psychologie littéraire, nous livrant des personnages d’un souffle confondant, aussi fascinants qu’attachants. On les suit autant pour savoir ce qui va leur arriver que ce qui va leur arriver.

Alors après, une fois évacuées les évidences complimentatoires, parce que ne nous mentons pas, à ce stade, je manque cruellement d’objectivité et de recul sur le travail de ce qui est désormais une des mes autrices favorites sans réel conteste possible, il faut en venir à ces choses à dire évoquées dans l’introduction, qui ne sont pas vraiment des reproches mais un peu quand même, mais pas vraiment. Je m’explique.
Originellement, Onirophrénie a été publié dans la foulée de Town, saga qui depuis a été retravaillée en profondeur et rééditée sous le nom du Temps des Cendres. Or, Rêves d’apocalypse n’a pas bénéficié de ce travail de réécriture, et ça se sent quand même un petit peu, surtout quand comme moi, vous avez presque tout lu de l’autrice. Pas pour dire que c’est mauvais ou mettre Rozenn Illiano à l’amende, hein, il ferait beau voir ; mais force est de reconnaitre, quand même, qu’après la densification massive et extrêmement convaincante du Temps des Cendres, on sent bien que le roman qui nous concerne aujourd’hui n’a pas été écrit de la même manière. Quelques ellipses un peu trop longues et frustrantes pour ce qu’elles occultent, un rythme global parfois un peu précipité, pas la même attention aux détails, sans trop souffrir de scories regrettables, la comparaison qui s’impose est forcément parfois un peu dommageable.

Ceci étant dit : je comprends complètement. Parce que même sans l’argumentaire initiale de Rozenn Illiano au moment de me proposer ce SP en même temps qu’au reste de sa liste de diffusion, j’aurais sans doute compris à quel point ce roman lui est personnel et important. Et de fait, quand on balance autant ses tripes sur le papier que je crois que l’autrice l’a fait ici, ça ne doit pas être aisé d’y revenir et de modifier quoi que ce soit.
Parce que c’est ça aussi qui fait que j’aime vraiment ce roman, malgré ce que j’appellerais un certain manque de volume ; il est émotionnellement assez puissant, et on sent qu’il est unique dans le reste de la production de son autrice. Si on retrouve comme toujours certains de ses thèmes fétiches, entre les familles trouvées, la marginalité et l’occultisme, j’ai quand même été frappé par un élément qui dénote assez clairement. En dépit de la compagnie qu’elle parvient à se faire et de ses entourages successifs, l’héroïne de ce roman est particulièrement seule. La gémellité en particulier étant un thème central des bouquins de l’autrice, pour ne pas dire un pilier fondateur, lire un personnage souffrir d’une telle solitude, reflet évident d’une blessure intime, ça frappe, et ça marque. Allez savoir, peut-être que la dépression de Lili, ses tourments intérieurs et sa tendance à l’auto-sabotage, m’ont parlé plus personnellement que je l’aurais voulu, expliquant mon attachement à sa trajectoire, c’est bien possible. N’empêche que c’est pas facile d’écrire tout ça de façon organique, convaincante et empathique, alors peu importe, je verrais toujours ça comme une autre réussite de Rozenn Illiano. Ça explique sans doute pourquoi j’aime autant la lire, encore et encore.

Oui, objectivement, je dois effectivement concéder que j’aurais bien voulu un peu plus de chair conceptuelle et narrative sur l’ensemble, qu’on prenne un peu plus le temps de creuser quelques passages de l’intrigue ; ç’aurait été un excellent prétexte pour passer plus de temps avec ces adorables personnages. Tout comme ça aurait sans doute permis de tisser plus de liens avec les romans qui se rattachent de près ou de loin à l’histoire de Lili, comme, au hasard total, la trilogie des Marcheurs de rêve ou celle du Temps des Cendres. Mais si j’ai l’air de pinailler, c’est juste que je suis accro, vous comprenez.
La vérité, c’est que je suis toujours sidéré de la constance dans la qualité de ce que propose mon autrice préférée. Alors je compense comme je peux, j’espère que vous me pardonnerez.
Et puis sinon, bah tant pis pour vous. À force de me lire vous dire de le faire de toutes les manières possibles, si vous n’avez toujours pas passé le cap, c’est votre faute, pas la mienne.
Na.

Au plaisir de vous recroiser.
En attendant, que votre avenir soit rempli d’étoiles. 😉

One comment on “Rêves d’apocalypse, Rozenn Illiano

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