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Town 1 – Tueurs d’Anges, Rozenn Illiano

On oublie pas : Coliandre à la couverture, toujours de la triche.

Rise Against – Historia Calamitatum

Ce n’est pas nouveau : j’aime beaucoup le travail de Rozenn Illiano. À tel point qu’après avoir découvert une première partie de son œuvre, je m’étais promis qu’à l’occasion, j’achèterais tout ce que je trouverais de disponible au sein de son Grand Projet. Un cadeau de moi à moi qui lui soit profitable au passage, histoire de prolonger le cercle vertueux qu’on avait commencé à établir. J’aurais dû le faire plus tard, histoire de marquer une occasion heureuse, mais cette année ayant été ce qu’elle a été ; j’ai craqué un peu plus tôt que prévu. Et après la lecture d’Elisabeta, j’avais pas mal de choix. Ma chance voulant que j’ai un contact privilégiée avec l’autrice, elle a pu me conseiller de diriger mon attention sur Town, sa tetralogie de novellas ou courts romans, je ne saurais dire.
À partir de là, puisque ma confiance en son travail est désormais totale, il était simplement question de me laisser porter et de déterminer comment ce serait bon, plutôt que de savoir si ç’a allait l’être. Et aussi de savoir si j’allais pouvoir résister à l’envie d’enchaîner directement sur les suites plutôt que sur un autre ouvrage.
Ma confiance n’a pas été trahie, et je m’en vais vous conter pourquoi. (Concernant les suites, réponse en fin de chronique)

Anaëlle est une des rares survivantes du Cataclysme, le début de l’apocalypse qui a vu descendre sur Terre les anges, vengeurs ailés aux motivations nébuleuses mais aux méthodes expéditives. Ana doit donc composer entre les tueurs ailés, les affres d’un monde en ruines, les autres humains devenus fous et ses propres démons intérieurs pour espérer survivre. Sans compter que la loi céleste est claire ; après 600 jours, l’apocalypse sera définitivement consommée ; survivre jusque là est un défi terrible.

Je pense que si je n’avais pas déjà côtoyé un minimum l’univers du Grand Projet de Rozenn Illiano, l’immersion dans ce pan de son imagination aurait sans doute été un peu plus compliqué qu’il ne l’a été. Sans doute la manifestation la plus claire du côté « épée à double tranchant » de son ambition ; à vouloir créer quelque chose de si dépaysant, on prend le risque d’effectivement dépayser. Comme toujours, le world-building est excellent sans être omniprésent, mais peut sans doute prêter à confusion tant il mêle les influences et hybride les genres. Il faut bien dire que je me suis éclaté à découvrir toutes ces nouveautés, cohabitant avec le reste de ce que je connaissais des inventions de leur autrice, mais ça allait parfois un peu vite pour moi, nécessitant de refaire un peu le point à l’occasion pour parvenir à gérer toutes ses audaces créatrices. Je dirais cependant que le format général joue sans doute beaucoup sur cet empressement formel, nécessitant une certaine mise en place avant d’attaquer les choses sérieuses par la suite, puisqu’il faut ajuster les différents niveaux d’importance à confier à tous les éléments présents, et ils sont aussi nombreux que complexes. Bien que je le signale, je ne m’en plaindrais donc pas vraiment, sans compter que je suis plutôt partisan de l’idée qu’en termes littéraires, il en vaut mieux trop que pas assez. La force des concepts présentés par l’autrice, autant que que ce qu’ils impliquent, valait bien un tome entier d’adaptation ; il aurait été encore plus maladroit de nous balancer là-dedans sans aucune préparation préalable.
Il vaut mieux saluer le fait que le pari soit globalement réussi, malgré ses quelques défauts, que l’inverse, je crois.

D’autant que par ailleurs, le contrat habituel est rempli, avec des personnages nuancés, aidés dans leurs constructions et évolutions respectives par une narration interne qui alterne entre les trois parties qui composent l’ouvrage, s’éclairant mutuellement ; à la fois pour mieux nous faire comprendre les différentes motivations de nos héro·ïne·s et découvrir peu à peu à travers leurs regards les enjeux principaux de l’intrigue, entre révélations parfois fracassantes et entretien des mystères, généraux comme particuliers. Comme toujours, la sensibilité de Rozenn Illiano fait merveille, bien que pêchant un peu dans l’intégration des différences de caractères et d’expression dans la narration, se rattrapant plus volontiers dans les dialogues et leurs réactions, qui portent efficacement l’essentiel du récit. Comme à son habitude, elle maintient un superbe équilibre entre tous les éléments du récit, nous en racontant tout à la fois sur les personnages et ce qu’ils vivent, en s’appuyant sur eux pour faire avancer les choses, alternant les moments d’émotion, de douceur, de gravité et de frontalité brutale, sans jamais se perdre, trouvant quasi-systématiquement le ton juste pour l’instant à narrer.

On sent déjà que cette tétralogie sera dense, démultipliant les fils d’intrigue, qu’ils soient liés aux personnages, à ce qu’ils vivent, ou à ce qui dépend d’eux. Ce premier volume pêche sans doute un petit peu, à cet égard, par excès d’ambition, ne se donnant pas forcément toujours le temps de prendre son temps, là où un rythme un peu moins effréné lui aurait été profitable, en évitant par exemple quelques ellipses précipitées. Mais ce que ce (léger) reproche révèle selon moi, plutôt qu’une faiblesse réelle de ce premier tome, c’est bien le standard général de qualité de l’œuvre de Rozenn Illiano. M’étant attaqué à Town après des merveilles telles que Midnight City ou Night Travelers qui sont sorties bien après, je ressens les progrès qu’elle a fait depuis le temps. Et si Tueurs d’Anges est bon, voire très bon, il accuse simplement le poids des années, le relatif manque d’expérience de son autrice à l’époque ; tout en gardant ses forces premières, ce qui est bien l’essentiel.

Rozenn Illiano a des qualités uniques, un talent singulier et une éthique de travail à saluer, qui lui permettent, malgré le temps et la diversité thématique ou générique de ses ouvrages, de maintenir un standard de qualité exceptionnel sur l’ensemble de son travail. Alors, certes, il faut admettre que par ses quelques défauts formels et sa légère précipitation, Tueurs d’Anges crée une certaine frustration, manquant peut-être quelques occasions de nous apprendre plus en calmant légèrement son rythme. Mais le reste de l’excellence prodiguée par son autrice compense largement, à la fois par de superbes moments d’écriture, et par l’établissement d’un univers et de personnages plein de promesses qui sauront, j’en suis sûr, me surprendre plus d’une fois encore. Il est à saluer qu’un aussi bon récit puisse être considéré comme « mineur » à l’aune de ses héritiers, ne souffrant finalement que de l’inévitable comparaison ; l’ordre dans lequel j’ai enchaîné mes lectures du Grand Projet joue sans doute sur mes perceptions.
Et non, du coup, je ne vais pas pouvoir résister à l’envie d’enchaîner directement sur ses suites. Rendez-vous très prochainement pour qu’à nouveau j’en dise du bien sur ce blog, puisque j’en suis à ce niveau de confiance.

Au plaisir de vous recroiser.
En attendant, que votre avenir soit rempli d’étoiles. 😉

3 comments on “Town 1 – Tueurs d’Anges, Rozenn Illiano

  1. Yuyine dit :

    J’avoue que ce Grand Projet m’épate mais me fait aussi très peur. Je crains cette masse de textes, je ne sais pas par où commencer xD

    Aimé par 1 personne

    1. Laird Fumble dit :

      Je comprends tout à fait.
      Mais tu peux le prendre à peu-près par où tu veux, c’est ça qu’est bien.
      Je trouve que j’ai eu de la chance de commencer par le Phare au Corbeau, c’est une très bonne introduction.
      Au pire, t’as un guide sur le site de l’autrice. 😉

      J'aime

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