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Série Noire #11

Une série noire placée sous le signe de la flemme et de la fatigue.
Ou l’inverse, peut-être.

Par delà les murs du monde, James Tiptree Jr.
148/493
On est pas sur un abandon hostile, mais plutôt désabusé et triste, ici. L’ennui aura eu raison de moi.
Comme souvent avec moi, le souci, c’est que le bouquin est trop déséquilibré pour parvenir à me captiver sur le temps long. On a trois points de vue qui s’alternent et racontent trois histoires semblant n’avoir que très peu à voir les unes avec les autres, avec des tons radicalement différents, donc c’est compliqué de s’accrocher et de trouver du liant.
On passera sur le point de vue bizarre de l’entité confuse et meurtrière dont les chapitres sont écrits TOUT EN MAJUSCULE, qui ne racontent pas grand chose et font à mes yeux plus office de setup au long cours et d’interludes à pas cher ; ses séquences sont courtes et ne racontent pas grand chose, elles ne laissent pas le temps d’être frustré.
Ce ne sont pas non plus les aliens constituant le deuxième point de vue qui m’ont le plus gêné. Certes, ironiquement, le travail de l’autrice est peut-être trop poussé au niveau de l’altérité, rendant assez difficile l’identification et la compréhension complète de certains aspects de la vie de cette espèce singulière ; mais fondamentalement, leur histoire et leur façon unique d’exister valent le coup pour elles seules, aussi hermétiques puissent-elles être. J’ai toujours aimé devoir prendre le temps d’appréhender ce que je lis sans qu’on me prenne complètement par la main, décortiquer les détails pour les réassembler et créer une image d’ensemble. C’était peut-être pas parfait, mais c’était chouette.
Nan, c’est du côté du troisième point de vue que ça coince, pour moi, celui des humains. Elle me semblait presque en trop, et agir de façon performative, faute d’un meilleur mot. Et ça joue sur deux tableaux. Le premier, c’est celui d’un roman qui, je crois, ne faisait pas complètement confiance à son public, rajoutant des humains à l’intrigue de son texte par peur de les perdre juste avec ses aliens, et en en faisant des caisses au passage avec lesdits humains. Beaucoup de personnages, beaucoup de sous intrigues, beaucoup de dialogues, beaucoup, beaucoup de dilution dans la narration ; j’avais l’impression d’un texte qui essayait de me rassurer en me montrant à quel point, regarde, y a plein d’humains, promis les aliens on en parle pas trop.
Le deuxième tableau, c’est ce que je pourrais appeler avec beaucoup de mauvais esprit le « syndrome Gilles Thomas », en référence à mon impression lors de la lecture de La Jungle de Pierre, de Julia Verlanger sous pseudonyme. Ici, je tombe sans doute dans le piège de la sur analyse, le luxe que je n’ai pas eu quand j’ai lu Houston, Houston, me recevez vous ?, où j’ignorais pendant ma lecture, que je lisais une femme déguisée. Demeure qu’ici, sachant que je lisais Alice Sheldon, je lui ai sans doute prêté des intentions que j’avais comprises à rebours, la première fois. Et donc, je trouve qu’elle en fait un peu trop dans le côté masculin de son écriture, ici, de même qu’elle gère assez mal ses tentatives de déstabilisation du modèle patriarcal de l’intérieur ; disons que quand on connait l’astuce, on voit peut-être un peu trop les coutures. Et je dis ça en sachant que je n’aurais sans doute pas vu du tout lesdites coutures si je n’avais pas été au courant, j’aurais sans doute salué les quelques efforts d’inclusion et de questionnement du roman avec naïveté, tout en critiquant quand même la douloureuse lenteur des parties humaines du récit.
J’aurais pu être curieux de savoir si mon impression d’avoir devancé le twist de l’histoire de l’autrice allait être validée, mais au rythme où j’allais et avec la fréquence avec laquelle je perdais le fil de ce que je lisais, je me suis dit que j’allais prendre beaucoup trop de temps et que ça ne vaudrait pas le coup. Dommage.

Flûte, flûte et flûtes !, Isaac Asimov
Fini.
Je confesse, pour la première fois, un abandon de chronique de la flemme absolue. Je m’astreins à un certain volume minimum, y compris pour mes chroniques-lumière ; pour au moins avoir l’illusion de raconter des choses intéressantes. Or, je me suis très vite rendu compte, en attaquant ce recueil, que je ne pourrais jamais l’atteindre autrement qu’en brassant de l’air. On est sur une anthologie raisonnée chronologiquement, avec des textes du début de carrière d’Asimov, ce qui amène à une certaine fadeur pour la plupart d’entre eux ; le plus intéressant dans tout l’ouvrage est constitué du para-texte signé de l’auteur qui nous raconte des anecdotes personnelles et quelques coulisses de sa carrière. Si on omet l’égocentrisme assumé de l’exercice et les ponctuelles saillies misogynes, c’est rigolo et riche d’enseignements.
Pour le reste, c’est globalement fade et un peu ringard, en dehors d’un texte vraiment chouette, Le doigt du singe, malin dans sa construction et visionnaire dans son concept, considérant qu’il résonne avec l’existence et l’usage actuel des LLM. Mais c’est plus un coup de bol qu’autre chose, je le crains.
Quelques échos attendus de la crainte de la Bombe atomique, du traumatisme général de la Guerre Mondiale et des prémisses de la Guerre Froide, quelques vieux concepts de la SF old school ; c’est de la faute de personne mais tout ça sonne très creux, rétrospectivement. C’est même pas dommage, c’est simplement oubliable en dehors d’un quelconque contexte de recherche. Pas de mystère quant au fait qu’on ait retenu bien d’autres ouvrages signés d’Asimov.

Où cours-tu mon adversaire ?, Ben Bova
Fini
Exactement le même souci que pour le recueil d’Asimov, ici, ce qui me surprend un peu : peut-être que je commence à me faire vieux ou à sournoisement me lasser de l’exercice de la chronique quand elle concerne des ouvrages médiocres ou ne me fournissant pas assez de matière à développement.
Après, ici, honnêtement, j’ai très peu de scrupules. On est pas dans le cas de figure d’un texte iconique ou historiquement significatif comme La Chose, au contraire, on est plutôt du côté du petit texte sans grande renommée ; et je crains que ce soit aussi logique que mérité.
De fait, si je renonce à le chroniquer de manière exhaustive, c’est parce que je me suis profondément ennuyé en le lisant, et que même pour 1969, il ne me semble rien proposer de bien intéressant qui n’ait pas déjà été proposé ailleurs d’une bien meilleure manière. Intrigue dispersée, narration pédestre et désincarnée, cadrage pas inspiré, rythme aux fraises, personnages unidimensionnels, sexisme, relents de racisme et de colonialisme, concept central pauvre et sous-exploité, chute creuse ; y a vraiment rien à sauver en dehors du spectre éculé de la terreur nucléaire servi sous la métaphore faiblarde de l’ensemble. Pour tout dire, je trouve même le titre nul, en VO comme en VF : il fait à peine sens et alourdit d’autant plus toute l’introduction qu’il met du temps à s’expliquer et projette des images indues sur les attentes qu’elle projette.
On oublie et on passe à autre chose.

Nan mais c’est bien, je me préserve. Mieux vaut ponctuellement assumer mes faiblesses et mon manque de ressources plutôt que de les subir aux pires moments pour des chroniques que j’ai vraiment envie de faire.
On se console comme on peut.

Au plaisir de vous recroiser.
En attendant, que votre avenir soit rempli d’étoiles. 😉

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