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U-H-L #2 – Le Nexus du Docteur Erdmann, Nancy Kress

Come With Me Now – KONGOS (Extrait de l’album Lunatic)

Je pense qu’à ce stade, il est inutile de rappeler à quel point j’adore cette collection. Même si, pour le moment, je suis encore très loin d’avoir chroniqué ou lu tous les opus Une-Heure-Lumière, le fait que je me sois, à terme, promis de le faire, constitue sans nul doute le témoignage le plus fort de mon attachement à ces ouvrages. Mais, ce qu’il me faut bien reconnaître, c’est que désormais, à chaque fois que j’en entame un nouveau qui ne me soit pas encore passé sous les yeux, ma peur grandit. Une peur irraisonnée, et même un peu bête, celle de ne pas l’aimer, celui là. Je sais pertinemment que ce ne serait pas grave, loin de là, cela ferait juste tomber le ratio d’un infime pourcentage. Mais quand même, la peur de la déception grandit à chaque fois, tout comme la peur d’inconsciemment me forcer à aimer pour ne pas avoir à me confronter à cette déception.
Et pour l’opus qui nous concerne aujourd’hui, on n’est pas passé loin. Je vais vous raconter tout ça.

Nancy Kress nous narre l’histoire commune de quelques pensionnaires d’une résidence américaine, en particulier celle du docteur Erdmann, nonagénaire, entouré d’une galerie de personnages colorés et variés, tant par l’âge que les occupations et les caractères. L’enjeu principal du récit se concentre autour d’une série d’incidents de nature étrange frappant le docteur et certains de ses coreligionnaires, et bien entendu, leurs conséquences.

Un texte singulier, pour le moins, autant par son ton, volontiers décalé et léger, que par certaines de ses thématiques plus sombres voire angoissantes. On y évoque beaucoup de choses en peu de mots, avec une élégance certaine, mais on se demande un peu où on va, et surtout pourquoi on y va. On alterne les points de vue, à la fois pour faire avancer l’intrigue d’une façon dynamique, et également pour susciter la curiosité ou éteindre quelques questionnements annexes qui ne seraient pas forcément pertinents. Se détache du tout à la fois une maîtrise clinique mais un peu froide et des surgissements organiques mais chaotiques. Un mélange très déroutant, pour un récit dont je n’ai pas réussi, pendant une bonne partie de ma lecture, à savoir si je l’appréciais ou non, un peu perdu entre les différents aspects de sa construction. Car bien que j’appréciais sa narration et ses personnages bien campés autant que le mystère qui s’en nourrissait, j’étais plus circonspect quant à l’issue globale, car si une énigme peut être appétissante, son goût sera la plupart du temps déterminé par l’habileté de sa conclusion.

Et c’est précisément cette conclusion qui m’a finalement amené à refermer cette novella avec une hochement de tête entendu. En douceur, sans prétention ni jugement, Nancy Kress a finalement tissé sous mes yeux une tapisserie délicate, dont l’image ne m’est apparu qu’au moment où elle l’achevait, donnant finalement sens à tout ce que j’avais lu et à propos de quoi je m’étais interrogé au fil de ma progression. Si l’aspect science-fictif ne se révèle finalement qu’une explication, plus qu’un prétexte ou un contexte, ce dont je ne suis pas toujours friand, y voyant souvent un faux-fuyant malhabile ; son aspect aussi meta que diégétique lui donne ici une saveur qui me flatte le palais. Il transforme en effet tout ce récit en une sorte de gigantesque métaphore ou questionnement, selon les interprétations possibles, qui a mon avis sont multiples, toutes aussi intéressantes les unes que les autres. Je ne saurais jurer exactement du sens que Nancy Kress a voulu lui donner, mais je serais content, un jour ou l’autre, de confronter mon souvenir et mon interprétation personnelle à une nouvelle lecture, histoire de voir où j’en serai.

Mais comme souvent, je suis avant tout content que ce texte, comme d’autres, puisse m’habiter un temps, pendant que, patiemment, je l’ingère et l’intègre. Un jour sans doute, j’y repenserais, encore, et mon avis changera, ou pas. Mais dans tous les cas, j’aurais sans doute un petit sourire et je secouerai la tête à l’idée que ce texte, comme tant d’autres, m’aura accompagné si longtemps et aura changé, même si peu, qui je suis.

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