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Dominion of the fallen T1 – La chute de la maison aux flèches d’argent

Abandon à la page 332/544 (Editions Pocket)

J’ai, et j’aurai toujours, j’imagine, un problème avec le fait d’abandonner mes lectures, surtout dans des intervalles courts. Mais quand la rencontre littéraire ne se fait pas, elle ne se fait pas, et c’est tout ; l’accepter, c’est gagner en sérénité et en temps de lecture profitable.
Et pourtant, avec Aliette de Bodard, j’étais étrangement confiant. C’est un peu bête, mais puisque c’était elle qui sur Twitter avait relayée la première ma chronique des Lions d’Al-Rassan – celle-là même qui avait été partiellement traduite par son auteur à destination de son public anglophone – je m’étais dit, peut-être naïvement, j’en conviens, que si elle avait aimé cette chronique, il y avait une bonne chance qu’on se retrouve aussi dans son travail d’écriture. Et donc, quand je suis tombé sur La chute de la maison aux flèches d’argent en occasion, je me suis dit que le moment était venu de tenter le destin.
Alors certes, j’ai été un peu ralenti par la découverte du fait que c’était un premier tome d’une trilogie pas entièrement traduite en français, mais après avoir été rassuré sur le fait que ce volume se bouclait assez bien sur lui-même pour ne pas forcément nécessiter d’avoir la suite à portée de main, je me suis décidé. Et j’ai emmené le roman avec moi aux Imaginales, me disant que ce serait vite lu avant de repartir vers d’autres aventures.
Autant dire que je me trouvai fort dépourvu quand la fin de la semaine s’en fut venue, et que je n’avais toujours pas terminu.
D’où l’abandon. Parce qu’au bout d’un moment, avec mon rythme de lecture normal, ne pas avoir fini un roman de ce volume après autant de temps, c’est un signe indéniable qu’il y a galère.

Une étrange, étrange galère, que cette lecture. Parce que je n’ai jamais cessé d’être intrigué, à vrai dire. Ce qui explique tout à la fois le temps que j’ai mis à avancer dans le roman, mais aussi le fait que malgré mon profond ennui, je n’ai pendant plusieurs jours pas cessé de me remettre à l’ouvrage, jusqu’à finalement déclarer forfait. Je dirais que ce qui fonctionne le mieux, c’est sans doute le concept de base : les intentions sont bonnes, il y a dans ce roman tous les ingrédients ou presque d’une excellente histoire. Entre les personnages aux motivations et origines nébuleuses et leurs rapports complexes dans un monde aux règles encore plus complexes et les conséquences diverses de leurs conflits, accords et désaccords, normalement, on était dans ce que je pourrais considérer comme une zone de confort pour moi. Et pourtant, ça n’a jamais vraiment marché. Et tout le long de ma lecture jusqu’à mon abandon, j’ai eu le sentiment curieux d’essayer d’allumer un feu de joie avec des étincelles d’espoir ; mais, trop disparates, elles n’ont jamais su enflammer le foyer, faute d’être assez nombreuses au même moment et au même endroit.

Je crois que le gros problème de ce roman pour moi, c’est sans doute son défaut de constance et de liant. Des changements de point de vue pas toujours clairs, une intrigue trop dispersée et un world-building trop flou ont fait que je n’ai jamais vraiment été sûr de savoir ce qui m’était raconté, et pire, je n’ai jamais vraiment su m’y impliquer. Le fait est que le roman est assez riche en high-concepts de fantasy. Entre la magie de ses personnages angéliques déchus ou ses immortels ou ses mortels usant d’artéfacts chargés de magie, ses Maisons régissant plus ou moins directement la vie de tous ces gens et un héritage collectif dont on a pas toutes les clés à disposition, il y a énormément de choses avec lesquelles jongler. Trop, sans doute, puisque à plus de la moitié, je n’étais toujours pas bien sûr de comprendre comment la magie fonctionnait dans cet univers, laissant beaucoup trop de place je crois aux convenances de l’autrice pour les besoins de son intrigue plutôt qu’aux affects de ses personnages. Ces derniers, malgré un réel et un visible effort de caractérisation, n’ont jamais su me convaincre, sortant à peine de leurs coquilles archétypales à quelques occasions pour finalement me paraître inconstants ou même paradoxaux, mais sans l’étincelle d’humanité nécessaire pour les rendre crédibles.

Et puis voilà, forcément, à force de redonner encore et encore sa chance au récit, à essayer de lui trouver un réel intérêt, et devant la démultiplication des sous-intrigues, des conflits larvés et des non-dits inexplicables, j’en ai eu marre, tout simplement. Parce que j’avais l’impression de ne simplement pas comprendre. À force de voir des transitions se faire me forçant à revenir en arrière pour être sûr que je n’avais rien raté et que oui, le texte s’était bien enchainé de cette façon, que tel ou tel personnage avait encore pris une décision que je ne comprenais pas ou qu’il n’expliquait que de façon aussi mystérieuse qu’artificielle, j’ai saturé.
Et pourtant, j’aime bien parfois qu’un·e auteurice joue avec ma confiance et fasse en sorte de me perdre, comme j’apprécie les points de vue multiples dans un récit. Mais encore faut-il que cela soit bien fait, et que le roman ne me donne pas l’impression d’être seul dans sa démarche. Et c’est ce qui s’est passé ici, je crois. Je n’ai jamais eu le sentiment que ce récit était fait pour être partagé, d’une certaine manière, mais pour faire une démonstration, un exposé, de ce qu’était cet univers et des personnages censés l’habiter. Je n’ai pas ressenti la chaleur, la fièvre de la passion, mais plutôt le froid clinique et guindé d’une autopsie.

Et j’ai bien conscience que c’est dur, comme formule, pour conclure ; mais ce n’est guère que l’expression aussi claire que possible de ma frustration et de ma déception. Parce que si la recette m’a semblé bonne, voire excellente, son exécution n’était simplement pas du tout à la hauteur, pas dans mon prisme de perception en tout cas. J’aime trop le principe du show don’t tell pour pouvoir prendre plaisir à me voir expliquer les choses en long en large et en travers sans avoir le sentiment de pouvoir me faire mon avis tout seul. Je suis prêt à croire ce qu’un·e auteurice me livre sur son univers et ses personnages, mais il faut d’abord me faire confiance en tant que lecteur pour que j’accorde ma propre confiance au fil du récit. Or, ici, j’ai eu le sentiment qu’Aliette de Bodard gardait trop son récit pour elle, et qu’elle avait presque trop peur que je le casse en le lisant ; si ma métaphore toute pétée fait sens.
Mais je me dis que ce n’était qu’une première tentative, une occasion manquée ; peut-être saurais-je trouver dans un autre de ses ouvrages ce qu’il me faut pour aller au bout avec plaisir ; si je crois que j’ai le droit d’abandonner parfois, je crois encore plus aux secondes chances.

Au plaisir de vous recroiser.
En attendant, que votre avenir soit rempli d’étoiles. 😉

3 comments on “Dominion of the fallen T1 – La chute de la maison aux flèches d’argent

  1. L’impression de ne pas comprendre les personnages et de ne pas savoir les « caractériser » était le principal point négatif de mon avis sur ce livre à l’époque.
    Bon, pas au point d’abandonne mais je comprend parfaitement ce qui a bloqué.

    J’ai quand même lu le second longtemps après juste parce que l’univers me plaisait bien, et il était meilleur sur ce point (je n’ai pas remarqué de problèmes de ce genre au niveau des personnages, même si l’intrigue restait très obscure).
    Peut être un jour je passerai au 3ieme en VO, si je trouve la motivation xD

    Aimé par 1 personne

  2. Phooka dit :

    On en a discuté et tu sais que je compatis. Je n’ai pas bcp apprécié ma lecture non plus, au point de me débarrasser du livre, ce qui chez moi est mauvais signe …

    Aimé par 1 personne

    1. Laird Fumble dit :

      Oui, clairement, entre toi et les quelques autres personnes qui m’ont fait part des mêmes doutes, je me suis dit qu’il fallait arrêter les frais.
      Content d’en avoir parlé avec toi, du coup. =)

      J’aime

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