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Vaisseau d’Arcane T2 – L’Empire des Abysses, Adrien Tomas

Broken Dreams Inc – Rise Against (extrait de l’album Nowhere Generation)

Dire que j’étais turbo chaud pour la sortie du présent roman serait sans doute dans le top 5 des euphémismes de l’année me concernant. Après ma très enthousiaste découverte du premier tome du diptyque Vaisseau d’Arcane, j’ai attendu son second volet avec une impatience grandissante, d’autant plus avec la joyeuse et toujours unique perspective de pouvoir m’en porter acquéreur aux Imaginales avec le luxe d’une dédicace, en plus d’une semaine d’avance. Avant même de me rendre sur place, je savais déjà que ce roman serait le premier qui ferait les frais de mon appétit littéraire une fois reparti.
Donc oui, comme je l’ai dit avec un humour – très relatif, j’en conviens – à Adrien Tomas au moment où nous nous croisions : vraiment, pas de pression.
Et, si vous suivez un peu mon rythme de lecture et de publication (ou mes rézosocios), vous aurez constaté que cette chronique est sortie très vite après ma dernière en date. Ce qui suggère que j’ai lu ce roman en un peu moins de deux jours. Un signe qui chez moi ne trompe que rarement.
Oui oui, ce second volume était à la hauteur du premier. Carrément.

Le principal défi pour moi, dans une suite en général, et dans un diptyque en particulier, c’est de parvenir à conserver l’élan initial et de ne pas trop varier d’un volume à l’autre. Parce que si on peut garder la qualité globale d’exécution, effectuer un pivot trop brutal dans les ambiances ou l’intrigue et ses enjeux, je pense que ça peut souvent causer un sentiment désagréable de dépaysement superflu qui vient parasiter la lecture. C’était donc ma crainte principale malgré ma confiance en ouvrant ce roman ; qu’en voulant clore son récit, Adrien Tomas y change trop de choses, le surcharge ou se trahisse par une envie de surprendre. Les bonnes intentions ne garantissent pas le succès à elles seules.
Eh bah non, hein, du coup. Je n’ai qu’un petit souci avec ce roman, c’est qu’il est dans une telle parfaite continuité avec son prédécesseur que je vais fatalement manquer de choses à dire sur son compte que je n’aurais pas déjà dites la dernière fois. Heureusement, j’en ai quelques-unes, quand même, parce que cet auteur y fait à mes yeux un brillant travail de romancier, mais voilà ; ce second volume est à mes yeux aussi bon que le premier dans absolument tous les domaines. C’est déjà un constat merveilleux.

Mais plus merveilleux encore, j’ai quand même pu constater que L’Empire des Abysses, plutôt que de se reposer sur les lauriers de sa prime réussite, va un peu plus loin dans ses explorations thématiques ; juste ce qu’il faut pour proprement tout conclure et apporter la nuance nécessaire aux propos développés jusque là. Et si j’ai salué la colère qui sous-tendait tout le premier volume, je dois saluer avec autant d’emphase le sentiment que j’ai ressenti à la lecture de ce deuxième opus : la rage contenue. Comprenez par là que la colère était toujours là, vive et palpable, mais enrobée dans cette ouate étrange qui nous entoure parfois lorsqu’on sent notre propre emportement redescendre doucement après l’avoir laissé s’emparer de nous. Si Les Hurleuses étaient là pour laisser éclater la juste colère d’Adrien Tomas sans trop de contrôle, L’Empire des Abysses est là pour apporter les nuances qui clarifient et arrondissent les angles, arriver au compromis plus sain et apaisé, sans pour autant nier les raisons de la colère.
Alors évidemment, ce n’est pas pour dire que ce roman est exempt, encore une fois, de trahisons, de complots et d’occasions de détester certain·e·s de ses antagonistes ou même ponctuellement certains agissements de ses protagonistes, non. Adrien Tomas continue de cultiver un sens du gris absolument phénoménal : tout le monde ou presque à quelque chose à se reprocher à un moment ou à un autre, comme l’inverse. L’idée, pour moi, est de continuer à démontrer aussi cliniquement que possible à quel point la vie est extraordinairement complexe, à la base déjà, mais surtout dès qu’on a la moindre parcelle de pouvoir et de responsabilité.

Parce que si dans Les Hurleuses, Adrien Tomas démontrait assez justement toutes les raisons pour lesquelles on a fort justement le droit d’être en colère et d’avoir envie d’autre chose ; il démontre ici à quel point la seule révolte ne suffit pas. Et réussir à passer outre ce seul désir, cette seule volonté, c’est douloureux, forcément. Ça demande des sacrifices encore plus douloureux, des compromis voire des compromissions, et surtout ça exige d’accepter qu’aucun problème n’a de parfaite solution qui soit simple. Détruire un monde injuste, oui, mais pour mettre quoi, à la place, exactement ? Sacrifier sa propre vertu au nom d’idéaux supérieurs, jusqu’à quel point? Ce genre de questions insolubles en elles-mêmes, dans l’absolu, mais posées dans la relativité d’un contexte qui révèle parfaitement leur nécessaire et intemporelle mise en contexte pour seulement avoir le droit d’exister. Tout ça, dans le récit, ça se ressent si régulièrement et avec tant de vivacité que ça en devient limpide, sans jamais empiéter sur l’intrigue ou les psychologies des personnages : je trouve ça un peu prodigieux, à vrai dire. Parce qu’entre le rythme, la justesse des choix de cadrage opérés par les changements de point de vue et la complexité de la toile des intérêts croisés, on ne perd jamais une miette de la réflexion comme de l’émotion. Foutrement balaise, pardon my french.

Ouais, pas étonnant que j’ai dévoré tout ça en une journée. J’aimerais que tous mes bouquins soient comme ça, dans une merveilleuse infinité de nuances. Intelligents mais pas pédants, rythmés, dynamiques, organiques : habités. On aime ou on aime pas un bouquin comme ça, à la rigueur, mais on ne peut pas nier sans mauvaise foi qu’il a une âme.
Et moi je l’ai beaucoup, beaucoup aimé.
C’est tout ce que j’aurais à dire à son sujet.

Au plaisir de vous recroiser.
En attendant, que votre avenir soit rempli d’étoiles. 😉

2 comments on “Vaisseau d’Arcane T2 – L’Empire des Abysses, Adrien Tomas

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