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Le Tour du Disque #27 – Procrastination

Je confesse, j’ai procrastiné. *Insérez ici clin d’œil volontairement peu discret à but humoristique. Comme je l’ai déjà dit et comme je vais probablement le redire encore et encore à l’avenir ; je me rends compte au fil de ce Tour du Disque, approchant de plus en plus de la fin du cycle principal, que quand même, je prends à chaque chronique le risque croissant de me répéter. J’ai beau constater à chaque tome des thématiques différentes, et essayer de les développer au mieux, il me faut me donner de plus en plus de mal pour ne pas me donner à moi-même l’impression de me répéter, tout de même.
Et de fait, ces chroniques sont de plus en plus difficile à appréhender, dans leur écriture comme dans leur préparation mentale en parallèle de mes relectures, parce que je dois me donner du mal pour qu’elles ne ressemblent pas à toutes les autres chroniques que j’écris sur le blog. Pratchett étant si spécial pour moi, mon travail à son égard se doit de l’être aussi. C’est sans doute pour ça que j’ai un peu repoussé Procrastination, plus que ce que j’avais prévu, en tout cas. Je savais que j’aimais bien ce tome ; beaucoup, même. Mais je pensais trop bien m’en souvenir, de fait, et anticiper un certain manque de choses à en dire.
Dans une certaine mesure, j’avais raison, l’essentiel de ce roman m’était bien resté en tête. D’un autre côté, j’ai été surpris à plus d’une reprise par la myriade de détails que j’avais complètement oubliés. On se retrouve donc avec un roman qui ne jure pas dans le standard Pratchettien le plus qualitatif, à mes yeux, mais qui m’a quand même un peu déçu. Parce que j’ai eu le sentiment de ne pas vraiment y retrouver les signes probants du renouveau d’ambition annoncé par les tomes les plus récents et le changement de paradigme à l’échelle du Disque.
De fait, je pense que Procrastination est un tome transitoire. Sans doute un des meilleurs tomes de transition des Annales, certes, mais un tome transitoire tout de même.
Je m’explique.

« Et si vous voulez connaître l’histoire, rappelez vous alors qu’une histoire ne se déroule pas. Elle sinue. »

D’un côté nous avons les Moines de l’Histoire, ordre secret caché au fond d’une vallée montagneuse, chargé de faire en sorte que l’Histoire se déroule bien comme prévu, en gérant aussi judicieusement que possibles les ressources de temps disponibles. Le balayeur Lou-Tsé, membre légendaire de l’ordre, est chargé de gérer l’apprentissage de Lobsang Ludd, jeune membre de l’ordre un peu trop doué pour son propre bien. De l’autre, nous avons Jérémie Lhorloge, membre de la Guilde des Horlogers d’Ankh-Morpork, à qui une commanditaire très étrange a demandé une horloge parfaite, quoi qu’il en coûte. Or, une telle horloge, dans le passé, les Moines de l’Histoire ont connu : ça s’était très mal fini, au point de devoir réparer l’apocalypse. Il va donc falloir intervenir. Encore.

« Les gens ont besoin de gaspiller le temps, de s’en créer, d’en perdre et d’en acheter. »

Évidemment, Procrastination parle du Temps. De sa nature comme de son fonctionnement, mais avant tout de la perception qu’en a l’humanité. Alors encore plus évidemment, malgré les aspects parfois métaphysiques et philosophiques de la question que soulève ponctuellement Terry Pratchett, l’essentiel de ce roman demeure plutôt un récit d’aventures relativement classique, avec les touches personnelles et autres gimmicks propres à l’auteur. En dehors de quelques audaces sur lesquelles nous reviendrons, je pense vraiment que ce roman existe avant tout pour permettre, à terme, l’écriture de Ronde de Nuit dans les meilleures conditions. Car au delà des questions universelles autour du temps, de son écoulement et de notre façon humaine de gérer les paradoxes qui vont avec ; ce roman est là pour nous exposer comment le temps fonctionne sur le Disque. Certes, on trouve chez les Moines de l’Histoire beaucoup d’éléments consacrés de l’absurde Pratchettien, mais on prend surtout des leçons en leur compagnie sur la nature du temps disquien et son fonctionnement. Fort à propos, nous suivons Lobsang et Lou-Tsé, l’apprenti et le maître absolu de la discipline, afin de pouvoir comprendre dans les meilleures conditions, au travers des yeux de celui qui ne sait rien, sous la coupe de celui qui sait tout et sait fort bien expliquer. Nous apprenons donc la nature très élastique, changeante, du Temps sur le Disque ; et dans le même temps nous apprenons déjà à accepter que tout peut un peu se passer dans ce registre, puisqu’il y a toujours les Moines de l’Histoire planqués quelques part pour rafistoler les choses en cas de pépin. Et bien sûr, c’est très malin, parce que comme toujours, en faisant du Temps une ressource concrète à part entière, qu’il faut gérer collectivement, Terry Pratchett lui confère une double utilité dans son univers ; il peut dès lors faire un peu ce qu’il veut avec sans jamais verser dans l’incohérence, et cette nouvelle matière d’absurde lui permet également de déployer ses métaphores, analogies et allégories comme il le souhaite avec sa malice habituelle. Alors forcément, le Temps étant un concept tout de même assez dense, touchant par moments à la physique quantique, le roman aurait pu s’en retrouver un peu alourdi par moments, mais bénéficie de la maîtrise acquise par l’auteur au fil des volumes pour ne pas trop en souffrir, globalement.

« Des complications survenaient toujours en douce. Tout changeait. »

Mais j’ai parlé d’une certaine déception. C’est sans doute parce que, comme je le disais en introduction, Procrastination, au contraire de La Vérité, ne s’inscrit pas entièrement dans la même démarche de renouvellement des enjeux amorcée par Terry Pratchett. À vrai dire, j’ai un peu eu le sentiment qu’à l’image des Moines de l’Histoire, le travail de ce roman était de fignoler les derniers détails avant de relancer la machine une bonne fois pour toutes ; un peu comme si l’auteur s’était soudain rappelé qu’il avait oublié quelques lignes narratives en arrière, et qu’il devait les conclure avant d’avoir le droit de repartir de l’avant. De fait, Procrastination est signalé comme le dernier tome du Cycle de La Mort, et malgré cela, ce dernier est clairement relégué en arrière-plan dans ce volume, tout comme Suzanne, malgré leurs importances respectives : iels sont devenu·e·s des personnages secondaires, et ce roman a, en partie, pour tâche de rendre compte de cet état de fait. Cela participe très simplement de la tournée d’adieux amorcées par Terry Pratchett quelques tomes auparavant, qu’il fallait à un moment définitivement terminer, expliquant la visite à Nounou Ogg comme le bouclage quasi-définitif de la trajectoire de Suzanne à la conclusion du roman. Encore une fois, on retrouve la nature transitoire de ce roman précis par l’acceptation de Terry Pratchett que certains de ses personnages n’ont plus leur place dans son univers et ce qu’il a à raconter ; parfois avec une pointe d’amertume, comme dans le rapport de Suzanne avec quelques tendances nouvelles de l’école moderne, par exemple. Je veux voir dans ce rapport, et surtout dans une part de son évolution, le témoignage personnel de Terry Pratchett, un auteur qui avait compris que le Temps – fort judicieusement – n’avance que dans une seule direction et que lutter contre le courant n’a globalement pas de sens ni de chance d’aboutir. Si Suzanne est hostile à certains changements par habitude ou à cause de son statut particulier, elle demeure conscience de ses biais et accepte au fil du récit de voir les choses un peu différemment, et à terme, d’elle-même changer ; à l’image, je pense, de son auteur, qui laissait filtrer beaucoup de ses propres pensées à travers elle. Si j’ai été surpris par moments, dans mes relectures, de croiser dans l’œuvre de Terry Pratchett quelques réflexions un peu conservatrices, j’en ai aussi croisé beaucoup nettement plus progressistes ; le tout se mêlant dans une attitude que je trouve finalement assez saine, appelant simplement à la prudence, à ne jamais oublier que les choses sont toujours compliquées, et dépendent systématiquement d’un contexte.

« Rien en vérité, absolument rien, n’avait qu’une seule et unique facette. »

Ce qui nous amène, je pense, à Lou-Tsé. Sans conteste la plus grande réussite du volume, à la fois en tant que pur personnage, aussi amusant que riche d’enseignements, mais aussi littérairement, pour le symbole qu’il représente dans la démarche que je décrivais auparavant. Je pense que Lou-Tsé, par le truchement de La Voie de Madame Cosmopilite, sert lui aussi de pivot transitionnel ; sa capacité à exprimer « les sagesses explicites, celles qui sont cachées au vu de tous, que presque personne ne recherche » est là pour remplacer, d’une certaine manière, le regard de Suzanne sur la réalité. Car elle et lui partagent cette propension à regarder les choses réellement en face, à les voir telles qu’elles sont, dépouillées des histoires qui les entourent. Et de fait, ces personnages sont si puissants dans l’intrigue parce qu’ils parviennent à ignorer les fables que le reste de l’humanité se raconte en permanence, comme le font par ailleurs un VImaire ou une Mémé Ciredutemps, d’ailleurs. Lou-Tsé, par son statut spécial de balayeur, n’est aussi efficace que parce qu’il sait faire fi de la notion de hiérarchie, qu’il connaît le pouvoir de l’écoute, de la patience, d’une certaine forme de maîtrise du temps. Il n’agit pas pas vite et bien ; il agit quand il le faut et comme il le faut, précisément. De la même manière que Suzanne est efficace parce qu’elle est froide et calculatrice, mais avec le bien commun en tête avant tout, il ne s’agit pas de faire ce qui est bon, il s’agit de faire ce qu’il faut, prenant sur elle les soucis d’image qui peuvent aller avec. Suzanne est une représentation de la logique froide mise au service de la vie, sachant faire preuve de nuances, en faisant l’opposante parfaite aux Contrôleurs de la Réalité.

« Ils avaient l’habitude de prendre des décisions en commission, seulement après épuisement des possibilités de ne rien faire pour résoudre le problème en cause. Les décisions prises par tout le monde revenaient à des décisions prises par personne, ce qui excluait tout risque de responsabilités. »

Puisque enfin, les plus grands méchants de l’univers Pratchettien ont leur tome pour briller et exposer à fond leurs motivations et leur fonctionnement, Terry Pratchett poussant à cette occasion leurs capacités à fond. Et j’aime beaucoup ce que les Contrôleurs représentent, en tant qu’antagonistes, invoquant au passage la célèbre balance opposant la Loi et le Chaos. Ils fonctionnent extrêmement bien en tant qu’ennemis parce qu’ils sont avant tout des révélateurs. En poussant leur logique d’organisation forcenée et de contrôle absolu dans des retranchements ridicules, Pratchett montre les paradoxes inévitables de telles ambitions, d’autant plus en les opposant clairement à l’entropie qu’ils détestent tant. Il est impossible de pousser la Loi à fond, parce qu’elle touchera nécessairement au Chaos par l’autre bout à force d’exagérations et de diktats confinant à l’absurde ; d’autant plus que le moindre dérèglement, de fait, prendra des proportions d’autant plus terribles et ingérables. Je crois deviner, à vrai dire, dans les Contrôleurs de la Réalité, une analogie, encore une fois, des dérives managériales modernes que Terry Pratchett a pu dénoncer et satiriser encore et encore au fil des ses romans, sa cible favorite, je crois, quand il manquait d’antagonistes nouveaux sur lesquels retomber. Il s’agit de moquer ceux qui, une fois au pouvoir, refusent de s’adapter au temps qui avance, aux choses qui changent, quoi qu’on y fasse ; ces gens qui voudraient que plus rien ne bouge, jamais. À la fois parce que ce serait plus simple à appréhender, mais surtout, ça éviterait d’avoir à prendre le moindre risque de se tromper et de devoir, en conséquence, apprendre et changer.
C’est là tout le sens de l’humanisation des Cavaliers de l’Apocalypse, en ce sens. La Mort, au fil de ses aventures passées, est clairement le membre de la bande qui s’est le plus imprégné de l’humanité, comprenant maintenant presque d’instinct à quel point « L’humanité c’est le changement ». Il a déjà tant changé et a déjà fait le travail d’acceptation allant avec que la chevauchée face aux Contrôleurs de la Réalité pour empêcher l’Apocalypse lui paraît évidente ; alors qu’il lui faut convaincre ses camarades n’ayant pas vraiment encore fait ce travail d’acceptation et d’évolution. Ce n’est que lorsqu’ils comprennent que le monde a changé et qu’ils doivent changer avec lui pour pouvoir encore y exister et lui permettre de perdurer qu’ils se décident et agissent. On peut certes regretter que certaines choses changent, on peut trouver ce changement inconfortable, difficile, mais le combattre n’est pas viable ; il est plus sage, sans doute, de s’interroger sur les mécanismes amenant à ces changements, pour mieux les comprendre, les accepter et les accompagner. Ne pas se reposer sur ses lauriers, en somme. Encore une fois, on peut sans doute deviner les réflexions du Terry Pratchett de la réalité se refléter dans son travail et les atermoiements de ses personnages.

« Mais il est possible, à la longue, de contracter certaines habitudes de pensée dangereuses. Par exemple que, même si toutes les entreprises importantes ont besoin d’une organisation minutieuse, c’est l’organisation qu’il faut organiser plutôt que l’entreprise. »

À cet égard, on peut constater pour la première fois je crois un changement dans la méthode d’écriture de Terry Pratchett, avec l’intégration au fil du récit d’extraits d’un ouvrage appartenant à la diégèse, le livre sacré de Wen l’Éternel Surpris. Je ne pense pas que cette intégration soit capitale, en soi, ne signalant pas un changement de paradigme déterminant pour l’auteur, mais encore une fois on le voit tester quelque chose de nouveau à l’échelle des Annales, lui permettant de développer quelques points secondaires de son univers et de son intrigue à l’aune de ce roman particulier avec plus de confort. Mais cela participe tout de même, je pense d’un évolution partielle de son style, continuant à intriquer la forme et le fond comme il l’a toujours fait, simplement d’une nouvelle manière, continuant à raffiner ses techniques d’écriture. On a par exemple dans le premier quart du récit une analepse particulièrement acrobatique, directement intégrée au fil du récit de façon à en faire directement partie sans jamais rompre le fil de l’intrigue ni sa sinuation ; un moment de lecture que j’ai trouvé personnellement assez virtuose (même si je comprendrais aisément être seul dans ce cas). Mais voilà, demeure que malgré la nature relativement peu ambitieuse de ce roman en terme de thèmes ou d’inspirations – en comparaison surtout des volumes à venir – retombant notamment dans la parodie directe, avec les évocations du Q de James Bond ou des leçons étranges de Karaté Kid, plutôt que dans la satire qu’on lui reconnait, on sent tout de même que Terry Pratchett ne veut pas rester complètement sur ses acquis. Certes, ce roman est transitoire et sert à boucler des enjeux qui trainaient un peu trop, mais il y commet tout de même bon nombre d’efforts pour garder sa ligne nouvelle. Il va plus loin que le simple Carpe Diem que Wen L’Éternel Surpris aurait pu représenter, il donne à Dame Ligion une portée symbolique très forte – un parallèle entre elle et l’auteur est d’ailleurs absolument inévitable, avec le recul – il ne se contente plus de lister des tropes et de gentiment les moquer, il s’efforce d’en tirer quelque chose en plus, au delà de l’évidence narquoise.

« Écoute, c’est pour ça qu’il existe des règles, tu comprends ? Pour qu’on réfléchisse avant de les enfreindre. »

En fait, ce qu’on comprend avec ce tome et la continuité qu’il développe avec ses prédécesseurs, c’est la capacité désormais bien acquise de Terry Pratchett de tirer le parti maximum des singularités de son univers au profit de ses histoires et de ses démonstrations : il n’expérimente plus, il applique. Son utilisation des Igor en est un bon exemple, de même que son exploitation de récits terrestres à la sauce Disquienne, comme L’Horloge de Verre de Bad Schüschein au sein des Contes de Crime. Partant de concepts connus, leur appliquant la logique du Disque jusqu’au bout, Terry Pratchett en fait des objets littéraires et concepts nouveaux, dont il peut tirer un profit maximal, bénéficiant à la fois d’une complicité acquise de son lectorat, conscient des prémisses, et des spécificités nouvelles qu’il confère à ces objets et concepts. De là, ses démonstrations sont d’autant plus limpides qu’on détient déjà une part de leurs interprétations avant même la fin de l’histoire ou son utilisation au sein du récit. Encore plus malicieusement, toujours dans cette logique d’intrication que j’évoquais plus haut, à l’échelle de Procrastination, ce rapport d’apprentissage au travers des histoires s’inscrit dans une vertigineuse mise en abyme, puisque le roman interroge aussi nos rapports à ces histoires et à leurs leçons.
L’idée de Pratchett est ici, je crois, d’avancer qu’il est trop facile de tirer les mauvaises leçons d’une bonne histoire, comme l’inverse est possible avec suffisamment de recul critique. Comme le dit de façon lacunaire Lou-Tsé au fil du roman, tout n’est pas une leçon, mais tout est une épreuve. Ce n’est qu’une question de cadrage et d’ambitions. Il ne tient finalement qu’à nous et nous seul de trouver la capacité vitale d’assimiler ou de repousser les leçons qui pourraient se cacher dans les histoires de plus ou moins grande amplitude que nous passons notre temps à nous raconter.

« Pour ce que j’en sais, Suzanne, trop d’humains passent beaucoup trop de temps à revivre dans leurs têtes des guerres qui se sont déroulées des siècles plus tôt. »

Bon, j’admets, pas trop mal, pour un texte que je qualifie de transitoire. Je maintiens cet épithète, parce que je persiste à penser que Terry Pratchett a trop passé de temps dans ce roman à expliquer comment le voyage dans le temps est possible à l’échelle du Disque pour ne pas avoir une idée derrière la tête en sachant pertinemment que le suivant sur la liste des Annales est Ronde de Nuit. Tout comme je persiste à penser que l’auteur voulait offrir une jolie sortie à Suzanne Sto Hélit et son grand-père, à l’échelle de leurs arcs narratifs respectifs en tout cas, expliquant le nombre de fils d’intrigue renoués un peu précipitamment au fil du roman. Mais effectivement, pour un tome transitoire, on est quand même très bien. Terry Pratchett s’y fend d’un peu de philosophie et de métaphysique, à sa manière, sans trop y toucher et avec pas mal d’espièglerie, mais avec une bienveillance et une malice qui font tout de même beaucoup de bien ; tout comme il se penche sur quelques questions autour de la notion d’humanité, laissant son esprit vagabonder sur quelques pistes qui bientôt le mèneront à de nouvelles idées à exploiter, que j’ai hâte de relire en votre compagnie, je l’admets bien volontiers.
Malgré ses quelques défauts d’exécution, ce tome reste tout à fait qualitatif car Terry Pratchett y fait indubitablement des efforts pour ne pas juste raconter une histoire d’aventures temporelles un peu rigolotes, et aller au delà des évidences. J’ai eu plaisir à y replonger.
D’autant plus en y constatant la préparation des prochains tomes à venir.
Et oh boy que ces prochains tomes sont des gros morceaux.
On se retrouve là bas, même si je préfère vous prévenir, je vais devoir prendre un peu d’élan.

Au plaisir de vous recroiser.
En attendant, que votre avenir soit rempli d’étoiles. 😉

3 comments on “Le Tour du Disque #27 – Procrastination

  1. Noob dit :

    Le dernier des tomes de transition du Disque-Monde, et à ce titre il peut paraître en décalage par rapport aux volumes qui l’entourent. En effet, Pratchett est passé du Disque-Monde comme univers de fantasy à un Disque miroir de notre monde, et cela se ressent dans la place du surnaturel par rapport aux problèmes sociaux. Les ennemis des volumes du Guet et de la Révolution Industrielle sont des réactionnaires, et des concepts sociaux comme l’intolérance ou le capitalisme ; et même les adversaires des Sorcières étaient devenus de plus en plus proches de notre monde (on pense au duopole élitisme-ignorance de Masquarade, ou aux vampires de Carpe Jugulum qui sont plus un régime oppressif que des créatures de la nuit).
    À ce titre, Procrastination reprend une dernière fois des ennemis purement surnaturels, les Contrôleurs de la Réalité, et les place en opposition à Suzanne, la Mort, Jérémy, Lobsang, Lou-tsé et les autres. Néanmoins, on sent que Pratchett ne pouvait plus écrire d’ennemi aussi purement étranger que les créatures des Dimensions de Basse-Fosse ou que les Contrôleurs dans leurs premières incarnations, aussi servent-ils à explorer des concepts de hiérarchie et de gouvernance sans responsabilité. S’il est possible de faire des décisions collégiales, les Contrôleurs ne le font pas : ils souhaitent réécrire le monde à leur manière, le faire rentrer dans leur cadre normatif, et ne supportent pas la moindre dissension. Une bonne lecture de l’autoritarisme, mais cette fois plutôt appliqué au monde de l’entreprise : j’ai vraiment du mal à les voir autrement que comme une caste managériale qui veut imposer ses normes et explose au contact du terrain.
    Bref, même si ce roman est moins profond que les autres volumes qui l’entourent, il reste très agréable à lire. Rempli d’humour, de références bien exploitées et d’excellentes idées, c’est un joyeux foutoir qui fourmille de bons moments. =)
    Les quatre volumes suivants dans la série principale sont, je pense, parmi les meilleurs du Disque-Monde, et j’ai hâte de voir ce que tu auras à dire dessus. Je ne trouve pas que tu te répètes tant, le Disque-Monde reste un travail incrémental donc on y retrouve souvent des thématiques similaires, mais c’est très bien ainsi ! Merci donc encore pour tes chroniques (même si je ne commente pas tout, je lis, et note…). :3
    PS : Fun fact, j’ai commencé le Disque-Monde avec ce roman, il y a plus d’une décennie. Quelques références à des volumes précédents m’étaient passé au-dessus de la tête, notamment bien sûr le développement de Suzanne, mais il fonctionne malgré tout très bien !
    PPS : Vas-tu également chroniquer les romans hors-Annales du Disque-Monde ? Je crois que le Fabuleux Maurice et ses Rongeurs Savants (excellentissime, et que je n’ai découvert que récemment !) est sorti la même année que Procrastination ; puis il y a les cinq Tiphaine Patraque qui alternent avec la série principale. Je trouve que ces six romans abordent des thématiques super intéressantes !

    Aimé par 1 personne

    1. Laird Fumble dit :

      Merci beaucoup, comme à chaque fois pour tes commentaires qui font de super compléments à mes chroniques. 😀
      Je partage absolument toutes tes observations.
      Et oui, je prévois de tout faire dans ce qui touche au Disque de près ou de loin, à terme. =)

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