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Le Moineau de Dieu, Mary Doria Russell

Abandon à 21%/chapitre 11 (version numérique ActuSF)

Je ne sais plus qui a dit ça, mais ça me paraît approprié : dans la vie, on gagne ou on apprend. Avec l’abandon du jour, j’ai beaucoup appris, encore une fois. Je ne dirais pas que ça compense entièrement mon agacement, mais ça aide à relativiser, tout de même. Parce que je sais que j’aurais pu pousser plus loin, sans doute, mais je sais aussi qu’en arrêtant là, j’ai économisé beaucoup de l’énergie que j’aurais bêtement dépensée à soupirer. Alors qu’à la place, je vais pouvoir enchaîner sur autre chose, avec un peu plus de sérénité, et surtout, exposer tranquillement les raisons qui ont fait que j’ai décidé d’arrêter les frais ; en verbalisant à chaud mon ressenti au plus près, je saisis une occasion d’apprendre, précisément.

Commençons par la première leçon : je suis définitivement trop influençable. Parce qu’en annonçant publiquement que j’allais attaquer ce que je pensais être un ouvrage faisant assez clairement l’unanimité dans la sphère littéraire de l’Imaginaire, un de ces « classiques à rattraper » j’ai provoqué quelques réactions. Et pour être clair, je ne ressens aucune rancune envers les personnes qui ont voulu m’encourager à passer un bon moment en partageant leur enthousiasme, non. Au contraire, ce serait plutôt mon esprit biaisé auquel j’en veux ; parce qu’il n’a pas été capable de faire abstraction de ces réactions, les prenant pour des promesses. Comprenez bien : je suis – à peu de choses près – un bloc de marbre, lorsqu’il s’agit de lire. À mon corps défendant, mais tout de même. Ce n’est pas nouveau, je suis bien plus analytique qu’émotionnel dans mon rapport à la littérature, à de rares exceptions. Je n’ai pas dû pleurer à propos du moindre ouvrage depuis mes 15 ans, minimum. Alors quand on me promet les larmes et l’émotion, je me méfie, forcément, et ça crée un biais d’attente quant à la lecture qui m’attend. Et c’est précisément ce qui est arrivé ici. Je m’attendais à quelque chose de fort, de « dur mais beau », selon la formule de quelqu’une de confiance. Et m’y attendant, j’ai moi-même, très bêtement, quoique involontairement, déformé mon prisme de perceptions. Voilà pourquoi d’ordinaire je me prémunis un maximum des détails des bouquins que je lis : je nous connais trop bien, moi et mes biais. Pour le coup, rien à reprocher au roman en lui-même, à cet égard, c’est uniquement de ma faute, j’aurais mieux fait de garder mon choix pour moi-même.

Deuxième leçon : il semblerait que ma tolérance à l’éclatement chronologique des histoires que je lis commence à trouver ses limites. Là, par contre, c’est sans doute la faute du roman, quand même. Parce que d’habitude, je suis assez friand de récits non linéaires, disséminant les éléments de leurs intrigues au gré de chapitres spatio-temporellement éloignés, dans la limite du raisonnable. Le souci, ici, c’est l’absence de ladite intrigue. Mon problème avec Le Moineau de Dieu, c’est qu’il met en place une promesse dans ses premières pages, et une belle promesse, en plus, pour s’échiner dans les dizaines et dizaines de pages qui suivent, à ne pas la tenir. Et si je conçois la nécessité d’une certaine mise en place, comme je respecte la capacité de Mary Doria Russell à distiller certaines de ses informations avec une certaine retenue, ma patience a des limites, tout simplement. Et de fait, bah, je me suis fait chier très vite, c’est pas plus compliqué que ça. Je comprends qu’on puisse considérer ça comme un défaut chez moi, hein ; mais personnellement, j’ai du mal à supporter qu’on me fasse miroiter éternellement une friandise pour constamment repousser l’échéance de ma dégustation. Le concept de départ du roman était très alléchant, mais à force de littérairement tourner autour du pot dans une interminable structure en spirale, l’autrice m’a complètement perdu.
Parce que dans cette bien trop longue première partie, on oscille uniquement entre un avant et un après, certes remplis de bons et beaux moments, mais qui font néanmoins allure de remplissage, tardant bien trop à simplement en venir au fait. Trop de détails semblant inutiles ou développés à l’excès, me donnant presque l’impression, personnellement, que Mary Doria Russell était bien plus intéressée par les aspects purement humains de son récit que l’argument science-fictif qu’elle se proposait initialement de développer. Ce qui, le cas échéant, aurait pu tout à fait me séduire, parce que ses personnages sont absolument charmants et clairement profonds ; mais dans le cadre d’un récit assumant de s’intéresser à ce sujet précis, et non à un récit se présentant sous des atours de science-fiction, clairement secondaire – voire tertiaire – ici. Si j’ai été si agacé, et pour le coup, je pense, sans influence extérieure, c’est parce que j’avais le sentiment que ce roman n’a pas su faire un choix tranché entre tranches de vie et récit métaphysique, voulant mêler trop d’ambitions dans un cadre trop restreint, se retrouvant donc à devoir tenter des audaces formelles malvenues pour parvenir à ses fins. Comme souvent avec moi, le même récit, simplement cadré différemment, sans doute de façon plus linéaire, mais surtout de façon plus synthétique, plus simple, aurait sur trouver le chemin de mon cœur.

Et croyez bien que je regrette de devoir abandonner, d’autant plus si tôt dans la lecture. Mais je me connais. Si mal parti, il y avait trop peu de chances que ce roman parvienne à une totale rédemption à mes yeux ; trop de soupirs et d’agacement, je n’aurais fait qu’aggraver la situation. Le mauvais roman au mauvais moment, sans doute, ça arrive. Au moins, je me préserve pour de meilleurs moments à venir, et je continue à apprendre.
Je ne doute pas que le roman soit pétri de qualités pour qui saura les trouver, je ne suis simplement pas de cielles-là, pas maintenant.

Au plaisir de vous recroiser.
En attendant, que votre avenir soit rempli d’étoiles. 😉

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