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Jésus vidéo, Andreas Eschbach

Abandon à la page 132/608

Je crois que je deviens difficile. Ou littérairement aigri, quelque chose dans ce goût-là, je ne sais pas trop. Peut-être que j’ai lu tellement de bouquins extraordinaires ces dernières années que l’effet de contraste devient cruel, que je suis simplement fatigué par les circonstances, ou alors, peut-être que le fait d’avoir accepté une première fois de me laisser aller à abandonner une lecture il y a quelques temps a ouvert une boîte de Pandore personnelle. Je suis peut-être devenu impatient, inconstant ; si un bouquin ne parvient pas à m’accrocher assez fort ou assez vite, vient alors trop facilement la petite voix à l’arrière de mon esprit qui me laisse entendre qu’il n’y a aucun mal ou aucune honte à abandonner une lecture en cours. Et c’est vrai, en soit. Je le crois sincèrement ; même si ça m’emmerde toujours autant.
D’autant plus dans le cas qui nous concerne aujourd’hui, parce que j’ai entamé ma lecture de Jésus vidéo avec curiosité et enthousiasme, des mois après un achat à demi impulsif, nourri par le souvenir ému et assez exceptionnel d’Un milliard de tapis de cheveux, une novella que j’ai lu il y a bien longtemps, mais qui m’a solidement fait retenir le nom d’Andreas Eschbach. Et j’avais envie de retrouver cette étincelle de génie déterrée à l’époque après un conseil enfiévré d’un ami.
Sauf que j’ai abandonné, donc. Ce qui veut dire que quelque chose n’est pas aussi bien passé qu’à ladite époque.
C’est le moins qu’on puisse dire.

Contrairement au roman, ne traînons pas : je me suis beaucoup trop vite ennuyé. Et pour être tout à fait honnête, je me suis très vite agacé, aussi ; après m’être ennuyé, j’insiste. C’est là la raison première de mon abandon : c’est looooooooooooong. Si long. J’ai très vite eu l’impression que l’auteur voulait tout raconter, tout dire, tout montrer, tout expliquer, à propos de tous ses personnages. Il lui a fallu 60 pénibles pages pour seulement arriver commencer à esquisser les premiers aspects de son élément déclencheur, après avoir joué à tendre, retendre, détendre et retendre l’élastique de sa tension narrative, sans jamais réellement avancer. Alors certes, je suis le premier à souhaiter lire des personnages complets, avec du souffle et des motivations complexes, mais vient un moment où il faut quand même que l’intrigue dont ces personnages font partie avance un minimum pour que ces personnages fassent quelque chose. Pour tout dire, j’ai commencé à sérieusement douter en lisant un chapitre de 11 pages dans lequel un des personnages prend son café le matin et pense à qui il est et comment il fonctionne. Substantiellement, rien que de très intéressant, d’autant plus qu’Andreas Eschbach, par ce truchement, fait preuve d’une réelle clairvoyance, pour un roman sorti en 1998 ; mais il ne fait que le dire, il ne le montre, jamais.

Un cas d’école de démonstration inverse du concept de Show don’t Tell, donc, voilà mon problème avec Jésus vidéo. On a dans ce roman un concept central hyper prometteur et super malin, mais qui n’apparaît qu’à partir de 60 pages, et dont les personnages ne semblent absolument pas saisir les implications. Non, ils continuent tous à tranquillement vivre leur vie sans le moindre sens de l’urgence que la découverte faite par l’un d’entre eux devrait suggérer. Alors oui, on fait graviter quelques intérêts financiers ou espoirs de pouvoir et d’influence à gratter grâce à cet événement central, mais je n’ai jamais senti la moindre tension dans la narration ou les pensées des personnages. À la place, je n’ai eu le sentiment d’avoir le droit qu’à une litanie de descriptions superflues, de réflexions hors-sujets, et, pire que tout, un terrible ego trip de l’auteur lui-même, se projetant très frontalement dans sa propre histoire à travers un personnage d’auteur de science-fiction allemand. Ça ne s’invente pas. Et si je conçois franchement sans problème qu’un·e auteurice mette toujours un peu ou même beaucoup de soi-même dans son travail ; je dois aussi admettre qu’un peu de subtilité et de discrétion me rend la démarche plus digeste. Là ça frisait le ridicule, et je ne m’en veux qu’un tout petit peu d’oser le dire.

On est finalement dans un cas assez, voire très, similaire à celui du Moineau de Dieu ; ce n’est pas tant que j’ai à mes yeux manqué de patience, mais plutôt que le roman ne m’a pas assez donné d’éléments pour me laisser croire que sa promesse allait être tenue. Quand on m’invite à suivre un roman de science-fiction aux aspects de techno-thriller autour d’un concept central qui détonne violemment de la réalité, avec du potentiel voyage dans le temps et un probable complot ou quelque chose d’approchant pour aller avec, je veux une narration digne d’un tel techno-thriller. De l’action, de la tension, des enjeux. Pas une galerie de personnages qui passent la moitié de leur temps à regarder dans le vide en pensant à leur passé et leur présent sans accorder l’importance qui est due à cet événement qui pourrait être de nature à bouleverser les fondements de la Culture dans laquelle ils vivent. Parce que si je veux bien qu’un de nos personnages soit un antagoniste ne pensant qu’en termes d’argent et/ou de pouvoir potentiel et se moquant d’avancées scientifiques majeures, à la rigueur ; je conçois nettement moins aisément que cielles censé·e·s être nos héro·ine·s se mettent à songer à leurs chances ou perspectives de coucher ensemble plutôt qu’au fait que peut-être quelqu’un·e dans le futur est retourné·e 2000 ans en arrière dans le temps pour filmer Jésus. Ou quelque chose dans le même genre : Andreas Eschbach n’a pas réussi à me donner envie de savoir quel serait le fin mot de cette histoire ; aucun risque de spoiler majeur, au moins.

Déçu, donc. Méchamment.
Il faudra que je relise Des milliards de tapis de cheveux pour être sûr, maintenant, parce que ça date pas mal, mine de rien. Je me dis que le format nettement plus resserré de l’ouvrage ainsi que l’aide de la nostalgie me rendra sans doute plus magnanime. On verra bien.
Dans l’intervalle, j’aurais bien du mal à conseiller Jésus vidéo à qui que ce soit. Même si je n’en ai pas lu plus de 20%, j’avoue que ces derniers ont été pénibles à parcourir, faute d’un contenu suffisant pour m’accrocher et de me donner la motivation suffisante pour aller au bout. Meh.
J’aurais plus de chance une autre fois, sans doute.

Au plaisir de vous recroiser.
En attendant, que votre avenir soit rempli d’étoiles. 😉

2 comments on “Jésus vidéo, Andreas Eschbach

  1. Ayant entendu parler en bien il y a des années d’Un milliard de tapis de cheveux, son nom est resté gravé dans mon esprit parmi ceux des auteurs et autrices que je sais vouloir lire un jour et c’est ce qui m’a attirée vers ta chronique. Tout ce que j’en retire, c’est que je vais rester sur mon envie première et le découvrir, un jour, avec Un milliard… !

    Aimé par 1 personne

    1. Laird Fumble dit :

      Il va sans dire que je soutiens ta démarche. =)

      Aimé par 1 personne

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