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Léviathan T1 – La Chute, Lionel Davoust

Don’t Let Me Down – Stella and the Storm

Pour une vraie reprise en bonne et due forme, il a fallu que je réfléchisse un petit peu. Face à ma PàL, j’ai songé que mon état de forme particulier de ces derniers temps nécessitait un certain niveau d’équilibre. Il me fallait un peu de prise de risque, histoire de ne pas trop m’endormir sur mes automatismes, mais il me fallait aussi un certain niveau de confort pour ne pas non plus chuter dans les potentielles abysses d’une trop grande circonspection. Et donc, je me suis félicité de m’être porté acquéreur de la trilogie Léviathan de ce cher Lionel Davoust, que j’aime très fort. C’était, je pense, le meilleur choix possible pour moi en ce moment, puisque je restais effectivement dans des territoires familiers, mais à la marge, dans un univers de l’auteur que je n’avais pas encore côtoyé, et dans un genre – le thriller ésotérique – que je ne connais que peu mais dont je pense globalement apprécier les codes les plus répandus.
Et effectivement, je pense que l’équilibre était le bon pour moi. La question qui se pose maintenant, c’est donc de savoir si le texte l’était tout autant.
Réponse à suivre.

2011, Michael Petersen est chercheur en biologie marine, avec l’étrange particularité de ressentir une terrible phobie à l’égard de la mer et des bateaux, héritage malheureux d’un accident maritime ayant coûté la vie à ses parents en 1984. Malgré ce paradoxal handicap, il se sent appelé par une mission prochaine en Antarctique qui nécessitera de lui qu’il dépasse ses blocages, et abandonne sa femme et son fils pendant trois mois. Or, dans des coulisses dont il ignore tout, au sein d’une organisation ancienne et surpuissante, on voit ce voyage d’un très mauvais œil. On charge Masha, une agente en sommeil depuis des années, de tout faire pour empêcher cette expédition d’avoir lieu. Mais il s’avère que Masha n’a pas envie de remplir aveuglément sa mission, Michael représentant plus qu’une cible à ses yeux. De leurs deux rébellions aux racines bien différentes vont naître des bouleversements terribles.

Crevons l’abcès tout de suite. J’ai la chance d’entretenir de bonnes relations personnelles avec Lionel Davoust, qui, lorsque j’ai évoqué il y a un certain temps, mon envie de lire Léviathan – à l’instar du reste de sa bibliographie – m’a gentiment prévenu, en me disant clairement que ce roman souffrait d’une introduction bien trop longue, et qu’il le construirait totalement différemment s’il devait l’écrire aujourd’hui. Naïf et aveuglé par mon fanboyisme que j’étais, j’ai gardé l’avertissement sans lui prêter un trop grand crédit, l’humilité du monsieur étant une de ses grandes qualités, au côté de son massif talent.
Sauf qu’il semblerait bien, quand même, que ledit talent lui confère aussi une vraie forme de lucidité. Parce que oui, en effet, il faut constater que l’introduction de ce roman est beaucoup trop longue. Moi qui vante toujours le sens aigu de l’efficacité de Lionel Davoust, dans La Chute, le compte n’y est pas du tout. Pour le dire clairement, même au delà de l’introduction elle-même, tout ce bouquin, à l’exception notable de son dernier tiers, se traîne terriblement ; si ce n’avait été pour l’avertissement préalable et le fait de savoir que ce roman n’était que le premier d’une trilogie par un·e de mes auteurices favorit·e·s alors débutant·e, j’aurais peut-être laissé tomber. C’est mon grief principal à l’égard de cet ouvrage, trop de verbiage. Entre les descriptions, les atermoiements interminables des personnages – surtout Michael, difficile à totalement supporter – et les scènes dont je me demandais parfois pourquoi elles étaient là et dans un tel volume, je trouve que ce roman manque cruellement, pour sa majeure partie, de synthèse.

Ceci étant dit. Malgré cet étalage un peu trop prononcé de style et d’émotions superfétatoires me semblant entrer en directe contradiction avec les enjeux que se propose de construire le récit, je ne peux pas non plus en toute honnêteté dire que j’ai passé un mauvais moment. Oui, j’ai parfois – surtout au début – lu un peu en diagonale histoire de me concentrer sur l’essentiel, mais à partir de la moitié, j’ai vraiment commencé à être curieux ; et sur le dernier tiers, alors que l’intrigue commençait vraiment à prendre pied et à gagner en rythme, j’étais happé. C’est au moins un avantage à avoir un peu trop pris son temps au départ : une fois les éléments de l’intrigue bien en place et clairement établis, Lionel Davoust ne s’est plus trop embarrassé de précautions superflues.
Je n’irais pas jusqu’à dire que j’ai été renversé ou absolument conquis ; le souci d’un thriller ésotérique demeure qu’il répond à certains codes. Si j’aime bien ces derniers, entre organisations secrètes et pouvoirs accessibles seulement aux initié·e·s, jeux de pouvoir et menaces nébuleuses, je ne peux pas non plus prétendre être ébloui par l’originalité de ces procédés. Comme toujours, ce n’est pas tant une question de concept mais plutôt d’exploitation. Et là dessus, j’ai trouvé mon compte. Alors c’est couillon parce que la principale et plus intéressante révélation du roman, j’ai failli la rater, toute noyée qu’elle était dans la regrettable myriade d’informations à l’utilité discutable déployées par l’auteur. Mais quand j’ai enfin compris – deux pages après les faits, je confesse – j’ai tout de même salué d’une moue satisfaite. Malgré mes réticences et leur bien-fondé, je ne peux pas nier qu’il y a là-dedans pas mal de choses pour me plaire.

Assez ironiquement, et avec une touche de mauvais esprit, je me rends compte que la principale qualité de ce roman à mes yeux, c’est sa capacité à me faire me rendre compte du chemin parcouru par Lionel Davoust au fil des ans. Pas pour dire que La Chute est un mauvais roman ; mais ce que j’ai pu lire de sa part par la suite est tellement meilleur que le contraste en devient presque violent. À vrai dire, ce même roman, écrit par quelqu’un d’autre, n’aurait sans doute pas autant trouvé d’excuses à mes yeux. Parce que je connais un peu l’auteur désormais, j’ai reconnu certains de ses gimmicks à venir, quoique dans une gangue d’argile encore collante, nécessitant encore un peu de soin pour arriver à une forme plus raffinée. Entre les personnages clairement créés pour être détestables qui fonctionnent un peu trop bien, la multiplicité des points de vue pour complexifier l’intrigue et ses composantes sans trop épaissir artificiellement l’ensemble, et une distillation lente mais savoureuse des enjeux pour ne pas laisser le lectorat sur sa faim ; j’ai reconnu l’auteur. Mais son travail passé a simplement souffert de son travail futur.

Mais je lirai la suite, un jour, ça c’est sûr. Si je ne démordrais pas de l’idée que vraiment, il y avait de sacrées césures à opérer dans ce premier tome, il demeure qu’à mes yeux, le travail d’un premier tome y est accompli. Présentation globale des enjeux et des personnages, menace nébuleuse mais dont l’ombre pèse sur l’ensemble de l’intrigue, relations dynamiques et complexes, un univers qui promet ; il y a de quoi faire. Alors oui, l’exécution laisse à désirer en terme d’efficacité, effectivement, et je trouve que l’équilibre entre Masha et Michael laisse clairement l’avantage à Masha pour ce qui est de l’attachement et même du pur intérêt, mais n’empêche qu’une fois le roman terminé, je voulais savoir ce qui allait suivre. Donc c’est peut-être pas parfaitement fait, mais la mission est accomplie.
Sans compter que je trouve hyper intéressant d’explorer le travail plus ancien d’un auteur dont on sait déjà quelles hauteurs il peut atteindre, en côtoyant ses balbutiements en sachant quels trésors d’éloquence il saura déployer à l’avenir. Donc oui, je suis content malgré mes griefs, pour plein de petites raisons différentes.
J’ai bel et bien fait le bon choix. Maintenant, le suivant.

Au plaisir de vous recroiser.
En attendant, que votre avenir soit rempli d’étoiles. 😉

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