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Les Portes de l’Envers, Éditions Sillex

The Drop – The Blue Stones (extrait de l’album Black Holes)

Ça faisait longtemps, hein. Ne nous cachons pas derrière notre petit doigt, le mois passé, ou peu s’en faut, a été très compliqué à gérer. Pour quelqu’un comme moi, ne même plus avoir l’envie de me saisir d’un bouquin, c’est un sentiment mortifère. J’ai vaguement essayé, mais la foi n’y était plus, sans que je ne comprenne seulement pourquoi, ajoutant au marasme.
Mais l’essentiel, aujourd’hui, ce n’est pas que c’est arrivé, mais bien que ce soit terminé. Parce qu’évidemment, je ne vais pas mettre un titre et une image de couverture pour vous étaler des états d’âme qui n’ont rien à voir, quoiqu’ils soient tout de même importants – comme toujours – pour justifier correctement de ma réception de l’ouvrage en question. Ou plutôt d’une partie dudit ouvrage, puisque les éditions Sillex, fort respectables devant l’éternel, m’ont fait l’amitié de m’envoyer un petit kit contenant trois des nouvelles au sommaire de l’anthologie Les Portes de l’Envers.
Dont, si vous avez bien suivi à quoi sert un blog, je vais tâcher de vous parler dans ce qui suit.
Je vous ouvre la porte, après vous.

Pour cette fois, contrairement à ma méthode habituelle s’agissant d’une anthologie – comme Féro(ce)cités, au hasard – je ne vais pas brosser un portrait d’ensemble, puisque je n’ai pas autant de matière à manipuler : je vais me permettre d’aller un peu plus dans le détail. Même si je préfère préciser d’emblée, quand même, que cette lecture a marqué mon tout premier contact avec le concept même d’isekai, dont je n’avais absolument jamais entendu parler avant en tant que genre à part entière ; ceci s’expliquant sans doute par mon absolu manque d’affinité avec la culture japonaise, dont wikipédia m’a dit en préambule de ma découverte, que découle directement l’isekai. Comme toujours, j’y suis allé un peu à l’aveugle, avec d’autant plus d’intérêt que je me disais que ma démarche me mettait un peu dans la peau des protagonistes que j’allais suivre, transposé subitement dans un monde dont je ne connaissais rien. J’aime le méta, que voulez vous.
Et comme toujours avec cette démarche, il y a du bon et du moins bon une fois le voyage terminé. D’abord parce que je demeure encore un peu blessé par mon mois de disette littéraire, et que replonger est toujours un peu compliqué, mais surtout parce que déjà d’habitude, j’ai du mal avec les récits laissant la part belle à la mélancolie, au doute et à l’introspection douloureuse. Et il s’avère que ces trois récits étaient à mon goût terriblement tristes, en dépit de toutes leurs autres qualités.
Post-introduction terminée, on peut commencer.

Et garde la monnaie !
Ça fait je crois la troisième fois que je rencontre littérairement Thomas Fouchault, après ses Fileurs de Temps et sa nouvelle dans l’anthologie Féro(ce)cités. Force est de lui reconnaître une qualité avant toute autre : le monsieur est consistant. Parce qu’encore une fois j’ai beaucoup aimé ce texte, en dépit du poids terrible de la mélancolie. Au travers d’un travail référentiel précis et juste assez déroutant pour rendre curieux sans perdre son lectorat, l’auteur manipule ici sa matière imaginaire avec beaucoup de créativité. C’est ce que j’ai le plus aimé ici ; l’envie de comprendre tout le long exactement de quoi il était question, laissant de côté ce que je pouvais réceptionner comme des inconsistances ou des incohérences d’ensemble en attendant qu’on me fournisse mes réponses. Et si ces dernières ne font honnêtement pas partie de mes favorites dans le champ de l’Imaginaire, touchant plus au symbolique qu’à la manipulation conceptuelle, le fait est que c’était trop bien fait pour que je boude au moment de la conclusion.
Certes, ce n’est pas joyeux, et ça touche à des sujets vraiment pas évidents, mais c’est assez malin, et Thomas Fouchault maîtrise trop bien à mes yeux la forme pour que ne prenne pas au moins un réel plaisir technique. C’est l’avantage d’être aussi analytique, parfois, j’imagine ; on peut apprécier comment les choses sont faites à défaut de vraiment prendre du plaisir à ressentir ce qu’elles sont. Non pas que je n’en ai pas pris, l’univers dans lequel notre protagoniste a atterri étant joyeusement déconcertant et fourmillant d’idées, mais le fait est que j’ai été plus convaincu par la forme que le fonds, ici. J’espère qu’à l’avenir cet auteur me fournira des textes peut-être un peu plus lumineux, mais ce n’est pas à moi de décider, alors je profite de ce que je trouve le plus réjouissant dans ses textes.

Toute espérance
Ici, nul souvenir du nom de Chimène Peucelle, j’étais donc en terrain complètement vierge. Et ce texte est sans aucun doute le plus triste des trois, et celui qui m’a mis le plus mal à l’aise, ce qui je crois est à mettre à son crédit ; étant donné les choix qu’il me semble opérer. Cette fois-ci, le propos est beaucoup plus direct, quoique parfois un peu trop baigné à mon goût dans un ton contemplatif, souffrant de descriptions un peu trop longues. Mais c’est le seul vrai grief que je lui adresserais, parce que complètement convaincu par le concept central à la nouvelle, assez jouissif d’inventivité et de créativité, jouant très habilement sur l’usage de symboliques, oscillant entre la subtilité et l’évidence sans jamais trop en faire. Là encore, j’ai été emporté par la curiosité, sans bouder mon plaisir, d’autant plus en lisant l’autrice utiliser les ressources mises à sa disposition par ses soins pour mener son récit à une conclusion logique et surtout pas frustrante, ce que j’avoue avoir craint à un moment. Le plaisir est ici double, parce que j’ai été surpris par un usage à contrepied d’une certaine simplicité qui parfois manque à ce genre d’histoires à mon goût.
Alors, oui par contre, cette nouvelle était un peu lourde, au niveau des sentiments, et je ne pourrais pas dire que j’ai trouvé ça beau ou réellement satisfaisant, puisqu’on est là dans un Imaginaire qui touche presque trop à la réalité pour que j’apprécie fondamentalement l’aller et retour métaphysique ; mais encore une fois, c’est sans doute dû à des soucis de mon côté que du sien. Les coups à l’estomac, il faut être disposé à les recevoir pour qu’ils puissent être profitable, et je manque d’entraînement. Donc si je devais dresser un bilan qui me ressemble un peu trop, je dirais une fois de plus que j’ai été plus convaincu que séduit, mais franchement, je prends.

Peindre les abricotiers en fleur
Là, c’est malheureusement un peu plus mitigé. Parce que mon sentiment à la conclusion de cette nouvelle, c’était plutôt la frustration, le sentiment que je déteste clairement le plus ressentir lors d’une lecture. Disons le clairement, ce n’était pas mauvais, non. Mais, et c’est un gros « mais », je trouve que cette nouvelle manquait de volume ; surtout au vu de sa conclusion que j’oserais qualifier de « en queue de poisson ». À la conclusion, pour être sincère, j’ai vérifié deux fois que mon kit était bien complet, parce que j’avais l’impression que la nouvelle ne pouvait pas vraiment se terminer comme ça. À la réflexion, effectivement, je le conçois tout de même, il y a dans cette fin une certaine charge symbolique, ouverte à interprétation, qui fait sens, oui. Mais à l’aune de tout ce que contenait la nouvelle jusque là, je n’ai pas pu et ne peux toujours pas m’empêcher d’éprouver un cruel et tenace sentiment de trop peu. Et pas du genre né d’une simple envie de toujours plus, mais d’une impression de manquement. Car si j’ai trouvé beaucoup d’idées attendrissantes et agréablement douces-amères au fil de cette lecture, il demeure que j’estime que ce texte manque de volume pour prendre sa pleine mesure. Tout ce qui y fonctionne n’y fonctionne pas à son plein potentiel à mes yeux, privé je crois d’un temps plus long pour explorer pleinement ses concepts au-delà de l’isekai lui-même.
Des transitions trop rapides, des choses dites trop vite et sans assez de gravitas, je dirais, aux côtés de personnages trop esquissés et d’éléments discordants mais aussitôt laissés de côté pour avancer au fil de l’intrigue, oui, j’ai été frustré, et beaucoup trop en comparaison de ce qui a pu me séduire. Alors encore une fois, il y avait de belles choses, mais l’inconvénient du beau, c’est bien qu’il ne me suffit plus ; le symbole doit avoir du poids à mes yeux, de la signifiance, pour parvenir à m’accrocher durablement. Ce que donc, ce texte n’a, pour le coup, pas su faire avec moi, ou pas assez fort pour imprimer de réelles images mentales dans mon esprit.

En amorce de ma conclusion, d’abord, un immense merci aux Éditions Sillex, que j’aime très fort, pour l’envoi de ce kit de nouvelles ; au delà de me motiver à retrouver le chemin de la lecture pour les faire profiter de ma maigre influence, j’ai encore fait grâce à iels une découverte littéraire inattendue. Alors je ne saurais dire si je suis simplement « mal tombé » avec ces trois nouvelles, toutes assez mélancoliques et tristes, des sentiments qui n’ont pas vraiment l’honneur de mes goûts, ou si ce ton et ces ambiances sont propres à l’isekai et ses codes, expliquant cette unicité atmosphérique et donc une certaine incompatibilité d’humeurs qui n’aurait rien à voir avec mon étrange état d’esprit actuel.
Mais il demeure, et c’est le plus important, que j’ai tout de même retrouvé dans ces trois nouvelles la même exigence littéraire que j’ai déjà croisé dans mes rencontres avec cette maison d’édition. Aussi difficile que je suis, et aussi perturbé que je suis, le standard de qualité dans l’expression comme dans la manipulation conceptuelle qui m’est si chère, je les ai retrouvés au fil de ces lectures. Serais-je aussi enthousiaste à propos de l’isekai que j’ai pu l’être à propos de la fantasy animale ou d’autres sous-genres de l’Imaginaire, je ne saurais le dire ; d’autant plus si ce genre – même à la sauce occidentale/française – emprunte tant à la dramaturgie japonaise, avec laquelle j’avoue avoir beaucoup de mal. Je ne goûte en effet guère au réalisme magique ou merveilleux qui me semble émailler la culture littéraire nipponne, en tout cas dans les – peu nombreuses, j’admets – découvertes auxquelles j’ai consenti au fil des années.
Comme toujours, que mes réserves ne soient pas à vos yeux autre chose qu’un humble avertissement éclairé par les lumières de mes goûts et de mes blocages purement personnels : si ce qui m’apparaît comme un reproche n’est qu’une qualité parmi d’autres à vos yeux, foncez sur cette anthologie. Parce que je sais que le soin qu’y apporte les Éditions Sillex assurera sa qualité bien mieux que mes sentiments.

Au plaisir de vous recroiser.
En attendant, que votre avenir soit rempli d’étoiles. 😉

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