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Trilogie du Singe, Pierre Léauté

Turn This ‘Round – KONGOS

Dans la série : « mes joyeuses aventures avec les (super) Éditions 1115 », voici l’inévitable nouvel épisode, dont les origines proviennent de notre joyeuse rencontre aux dernières Utopiales. Toujours content de les retrouver, je suis juste aller discuter avec les patrons, pour exactement le résultat attendu : un très bon moment. Mais comme les lascars ne sont jamais en reste, je me suis encore une fois trouvé récipiendaire d’un joli cadeau du destin, sous la forme de deux SP, dont celui qui nous intéresse aujourd’hui, sous la (malicieuse) condition que je le lise et le chronique sous grosso modo 15 jours. La contrainte n’en étant pas réellement une étant donnée l’enthousiasme des responsables de sa publication, on était dans le cas typique d’une situation dont personne ne pouvait réellement ressortir perdant : tout ce que j’aime.
Ceci étant dit, l’honnêteté et la transparence dont je me targue me commandent d’annoncer la couleur de cette chronique dès l’introduction : je ne peux pas vraiment être aussi enthousiastes que mes – gentils et non coercitifs – commanditaires du jour. Pas que j’ai passé un mauvais moment avec cette lecture, non. Mais je ne peux pas dire non plus que je me suis éclaté ; mais pour une fois, je sais exactement ce qui a coincé.
Let’s proceed.

En préambule, il faut savoir que j’adore l’uchronie ; c’est un exercice littéraire que je trouve absolument passionnant, ouvrant aux auteurices qui s’y attaquent des horizons exceptionnels de créativité et de conceptualisation. Leur seule limite, malgré cet a priori positif, est souvent la cohérence de l’ensemble et la précision nécessaire aux ramifications qu’entrainent la modification historique choisie, puisse-t-elle être réelle ou fictive. Et c’est là que le bât blesse dans ce triptyque, à mes yeux : il y a comme un manque. Parce que pour qu’une uchronie fonctionne à fond, il ne s’agit pas seulement de poser les bases, il s’agit d’en tirer un maximum. Et autant les idées que Pierre Leauté a choisi d’exploiter sont séduisantes et laissent la place à des implications vraiment cools, autant je trouve qu’elles auraient mérité bien plus que ces trois étroites nouvelles, aussi efficacement écrites soient-elles. En fait, elles constituent plus des promesses d’histoires, à mes yeux, que de réelles histoires. J’oserais dire que ça manque un peu trop de réels enjeux ; ou du moins que ceux qui sont convoqués le sont d’une façon un peu trop superficielle.

C’est peut-être le souci principal de l’uchronie : elle force à faire des choix et à exposer des ramifications extrêmement complexes, mais surtout à tisser sur le vide d’une incertitude impalpable. Et donc, je comprends, surtout dans des textes aussi courts, que soit perçue comme nécessaire la convocation de repères populaires identifiables aussi vite et clairement que possible. Le souci – principalement visible à mes yeux dans la troisième nouvelle – c’est que du coup ces repères, logiques dans un paradigme narratif, ne le sont pas forcément autant dans la diégèse dont s’empare la narration. Alors évidemment, c’est sans doute un peu la faute de mon esprit trop analytique, et à ce manque d’approfondissement des enjeux évoqué précédemment. Demeure que j’ai été frustré par le manque de ramifications conceptuelles en lien avec les uchronies choisies, j’aurais voulu que ça aille plus loin. Peut-être aurait-il fallu une seule de ces histoires poussée bien plus loin, sur un temps plus long et avec plus de détails, ou ces mêmes histoires mais plus resserrées autour d’une seule idée plutôt que plusieurs.
En réalité je ne saurais dire.

Alors évidemment, comme toujours, la valeur ajoutée des éditions 1115 est à saluer, mais c’est un acquis indiscutable, désormais ; je le signale plus pour contrebalancer ce que j’admets être une critique plus à charge qu’à décharge. Mon souci ici n’est pas tant ce qui a été mal fait – puisque en vrai rien ne l’est vraiment – qu’un potentiel irréalisé. C’était un travail honnête et somme toute efficace, mais insuffisant pour réellement me satisfaire. Un peu trop tiède, peut-être. Il m’aurait fallu plus de détails, de choix forts, allant au delà d’une inversion des attentes au bénéfice d’un effet de surprise tout relatif. Je n’en retire au sujet de l’auteur ni griefs ni enthousiasme débordant : j’ai entendu énormément de bonnes choses à son sujet, je demeure donc curieux à l’avenir pour d’autres textes de sa part, dans d’autres contextes génériques ou d’autres formats. Je ne pourrais seulement pas citer cette Trilogie du Singe comme un encouragement aussi marquant que les compliments lus à son égard par ailleurs. Je demande à voir, et j’espère être plus convaincu à l’avenir.
Je vous tiendrai au courant.

Au plaisir de vous recroiser.
En attendant, que votre avenir soit rempli d’étoiles. 😉

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