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U-H-L #41 – L’Héritage de Molly Southbourne, Tade Thompson

Spirit – The Blue Stones (extrait de l’album Hidden Gems)

Je n’avais que des bonnes choses à dire à propos des Meurtres de Molly Southbourne. J’étais un peu plus circonspect, mais toujours enthousiaste et curieux à la sortie de La Survie de Molly Southbourne. Autant dire que cet Héritage de Molly Southbourne avait une sacrée charge à assumer ; j’ai déjà pu dire à quel point il est ardu à mes yeux d’assurer une bonne suite, ne parlons donc pas d’apporter une conclusion à une trilogie.
Je n’ai pas envie de trainer ou d’ergoter plus que nécessaire, ce troisième tome constitue un des pires gâchis littéraires que j’ai jamais lus. Et je m’en vais expliquer rapidement pourquoi.

En guise de préambule, je vais peut-être d’office accorder un joker à Tade Thompson, comme je l’avais fait a posteriori de ma chronique sur Loin de la lumière des cieux. J’ignore si les circonstances d’écriture de ce troisième volume des aventures de Molly Southbourne furent les mêmes, expliquant au moins partiellement les manquements que je vais lui reprocher dans ce qui suit, mais je vais partir du principe que c’est le cas, ne pouvant vraiment justifier autrement une telle dégringolade qualitative. M’amenant à une autre précision importante, d’ailleurs ; si je m’apprête à être acide et sans doute un peu abrupt dans mon jugement, c’est bien parce que le départ était si brillamment foudroyant que cette conclusion me paraît si décevante. Il faut avoir du potentiel, pour le gâcher ; et Tade Thompson avait à mes yeux entre les mains l’un des potentiels littéraires les plus prometteurs de ces dernières années entre les mains, pour finalement le broyer en une insipide poudre. Ce sont ses choix présents à l’aune de ce tome précis plus que son indéniable talent que je m’apprête à battre en brèche. Ceci étant dit, procédons.

La première chose, pour moi, le problème central de ce volume, c’est qu’il m’a donné le sentiment d’avoir sauté des étapes. Rarement dans ma vie de lecteur j’ai pu avoir ce sentiment d’une ellipse si terrible qu’elle crée un vide dans l’histoire, la vidant presque instantanément de son intérêt. Sincèrement, j’ai eu le sentiment de lire une fin couperet, précipitée, me demandant presque si Tade Thompson avait seulement envie de l’écrire ; éclipsant au passage tous les développements intéressants par lesquels il aurait fallu passer pour justifier pleinement les événements narrés ici. J’ai lu une aventure punchy et inventive dans le premier volume et une réflexion plus intime et introspective dans le deuxième volume, certes, moins enlevée, mais avec de bonnes raisons. Il y avait sans l’ombre d’un doute de quoi faire quelque chose d’absolument formidable et unique. D’où ma déception de lire un troisième volume ne semblant plus vouloir raconter grand chose, ou n’ayant simplement plus les ressources pour le faire. Exit le symbolisme foisonnant, dehors la créativité. Il ne s’agissait semble-t-il ici que de reboucler tous les fils de l’intrigue, histoire de dire que c’était fait. Je n’y ai senti absolument aucune passion, plus aucune flamme. Rien.

Et ça donne finalement une histoire où les scènes s’enchaînent sans vraiment de liant, avec des dialogues au hachoir, une intrigue bordélique et beaucoup trop de platitudes pour les pardonner. Parce que là où le deuxième tome surprenait ou décevait parfois, fugacement, il compensait au moins par d’autres idées, d’autres promesses conceptuelles. Ici, non, l’équilibre est rompu pour le pire. Et bon sang que ça me fait mal d’écrire ça, comme à chaque fois que je tombe sur un bouquin médiocre de la part d’un auteur dont je sais pertinemment qu’il peut faire tellement mieux. Mais vraiment, j’insiste, j’ai eu le sentiment en lisant ce tome, qu’il en manquait au moins deux autres avant lui. Il aurait fallu nous raconter bien plus de choses – et avec nettement plus de soin – pour seulement mériter un tiers du relâchement dont j’ai été témoin dans ce volume, autant dans les psychologies et motivations des personnages, absolument monolithiques et indiscernables les uns des autres, que dans l’enchaînement de péripéties sans saveur ou encore dans l’incompréhensible multiplication des points de vue dans des chapitres bien trop courts. Non, sincèrement, je n’arrive pas à voir d’autre explication à un tel bâclage que l’obligation absolue de rendre un produit fini à une date donnée sans possibilité de délai ou de réécriture dans des circonstances plus favorables. Ou alors Tade Thompson n’avait vraiment aucune idée de comment conclure autrement qu’avec des clichés fatigués, ayant épuisé son stock trop tôt dans l’écriture de sa trilogie.

Une novella à oublier, à mes yeux, je ne saurais pas mieux le dire. Ne serait-ce que pour éviter de me torturer avec la question de savoir comment on peut à ce point gâcher une idée qui au départ semblait inégalable. Ça me permettra d’aborder les prochaines œuvres de Tade Thompson sans a priori ou au moins un peu d’optimisme, en espérant que la période difficile qui me semble causer une telle chute dans la qualité de sa production arrive à sa fin. Je respecte cet auteur et je sais de source sûre qu’il est capable de grandes choses ; ce sont ces dernières que je veux lire et retenir de lui.
SI j’osais, je dirais qu’il nous restera toujours ses meurtres. (Ou Rosewater, mais je l’ai pas encore lu. Ça viendra.)

Au plaisir de vous recroiser.
En attendant, que votre avenir soit rempli d’étoiles. 😉

7 comments on “U-H-L #41 – L’Héritage de Molly Southbourne, Tade Thompson

  1. Tachan dit :

    Oh zut, elle faisait partie des novella que j’attendais le plus ayant aussi beaucoup aimé l’univers et l’héroïne dans le premier volet.
    Je vais le lire car je n’aime pas rester sur un goût d’inachevé mais en ayant en tête ce que tu écris pour tenter d’amoindrir la déception V.V

    Aimé par 1 personne

  2. Anouchka dit :

    Outch ça fait… mal. J’ai tellement aimé le premier et plutôt apprécié le second…

    Aimé par 1 personne

    1. Laird Fumble dit :

      Même chose. Mais vraiment, y a un truc qui cloche avec ce dernier tome, et de façon rédhibitoire.

      J’aime

  3. OmbreBones dit :

    Ah bah je viens de finir ma lecture et j’ai le même avis que toi, ça me rassure… Même si c’est très dommage ^^’

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    1. Laird Fumble dit :

      Comme je suis rassuré de voir que je ne suis pas tout seul à avoir cet avis non plus.
      Terrible gâchis.

      Aimé par 1 personne

      1. OmbreBones dit :

        Apparemment Stéphanie pense pareil. De fait on se sent moins seul·es mais comme tu dis, quel gâchis ^^’

        Aimé par 1 personne

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