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Toi l’immortel, Roger Zelazny

Memories – YUNGBLUD & WILLOW (extrait de l’album Yungblud)

Personnellement, intimement, même, je ne crois pas vraiment à l’idée de la notation, à quelque égard que ce soit, et particulièrement quand on parle d’Art. En tout cas pas sans un barème solide et transparent. La solidité ou un sentiment s’en rapprochant peut, à mon sens, venir de quelque chose de censément objectif ou au moins constant ; c’est dans cet esprit là que je consens à noter mes lectures sur les quelques sites de références que j’utilise pour relayer mes chroniques. Parce que mes notes sont constantes, dans le sens où elles n’appartiennent qu’à moi et ne prétendent pas réellement émettre un jugement ; plutôt un ressenti, selon des critères qui ne sont rien d’autre que personnels. C’est mon barème à moi, plus là pour donner une vague idée de mes « émotions » à la sortie d’une lecture et une sorte de hiérarchie pour me retrouver dans mon propre foutoir mental, à terme.
Et si je vous parle de ça aujourd’hui, c’est parce qu’avec la lecture du jour, pour la première fois, je crois, je ne sais pas.
J’ai déjà lu du Roger Zelazny, et j’avais évoqué notre relation littéraire compliquée lors de ma lecture des 24 vues du Mont Fuji, par Hokusai ; une novella qui avait su me convaincre que le monsieur valait bien mieux qu’une seule série littéraire, que je devais continuer d’explorer sa production pour m’en faire une idée correcte, sinon définitive. Je m’étais donc porté acquéreur il y a quelques temps de Toi l’immortel, son premier roman, parmi les plus reconnus et célébrés, histoire de me frotter au top de son travail.
Mais voilà. On va en parler plus avant dans cette chronique, du moins on va essayer ; comme je l’ai dit, je ne sais pas. J’ai lu ce roman, attentivement, avec curiosité, sans mal aucun, mais au moment de le refermer, pire, au moment d’en parler : je ne sais pas.

Et pourtant, il y a des choses à dire, clairement. Déjà, pour commencer, conceptuellement parlant – d’autant plus en prenant en considération son âge – ce roman tabasse, et pas qu’un peu. Notre narrateur et son aura de mystère, le dévoilement progressif des enjeux et la confiance que nous témoigne Zelazny en n’expliquant presque rien frontalement pour conserver la cohérence diégétique, toutes les petites idées suggérant un monde post-apocalyptique aussi complet que complexe, ça fonctionne du feu de dieu, rien à dire : Toi l’immortel a de la gueule, du style et une certaine forme de panache.
Et en même temps… En même temps rien n’est vraiment suffisamment creusé pour qu’un enjeu particulier puisse m’accrocher réellement ou suffisamment longtemps pour que je me concentre vraiment dessus. Peut-être la faute à une narration en flux constant éclatée, ne s’arrêtant jamais, sautant parfois d’un lieu et/ou d’un temps à l’autre au sein d’un même paragraphe, pour ensuite sauter ce même paragraphe pour reprendre exactement là où on en était la ligne précédente. Pas que j’aurais souhaité des chapitres clairs ou un découpage plus classique, puisque ce flux de conscience, en quelque sorte, ne me paraît pas dénué de sens et participe à l’unicité du roman ; mais il m’a quand même semblé que c’était un peu le foutoir, là-dedans.

C’est peut-être pour ça qu’une fois le bouquin terminé, je n’ai pas su quoi penser, et que je ne le sais toujours pas : peut-être n’ai-je tout simplement pas compris. À force de sauter d’un point d’intérêt à un autre, de multiplier les relations de notre héros et les dynamiques interpersonnelles en résultant, d’évoquer superficiellement un tel nombre d’enjeux différents, Roger Zelazny m’a perdu. Tellement de choses m’ont parues importantes que finalement aucune ne l’était vraiment, ou alors lui-même ne savait pas tellement ce qu’il devait extraire de son idée principale ; peut-être mon côté analytique m’a encore gâché un récit se voulant plus émotionnel que réflexif. Mais il n’empêche que je n’arrive pas à identifier ce que l’auteur voulait dire avec ce roman.
Sauf qu’encore une fois, là où un récit comme Mes Vrais Enfants a pu me poursuivre et continuellement me frustrer pendant des mois et des mois à force de ne pas comprendre ce que je lui reprochais exactement (j’ai eu l’épiphanie il y a quelques jours), Toi l’immortel me donne le sentiment que je pourrais très vite passer outre mon incompréhension. Ici, ce n’est pas que j’ai inconsciemment enregistré une gêne ou un malaise auquel il va falloir que je réfléchisse pour le digérer pleinement, c’est juste qu’il m’a globalement laissé indifférent. Malgré d’évidentes qualités littéraires et conceptuelles, malgré quelques défauts dommageables dans la narration et la construction du récit à mes yeux ; il a manqué à cette histoire quelque chose pour éveiller la moindre émotion chez moi.

Et de fait, décidemment, je ne sais pas. Je pourrais aisément penser que cette indifférence est le marqueur d’une faute à imputer au récit, sauf que je ne me suis pas ennuyé, et que j’ai activement réfléchi au fil de ma lecture. Tout le long, j’ai cherché à comprendre ce qu’il voulait me raconter, au delà de son histoire elle-même. J’ai cru, parfois, saisir un élément, une idée sous-jacente, quelque chose. J’ai attendu plus d’une fois le déclencheur de mon illumination béate. Et puis non, en fait, rien, Zelazny passait à autre chose, l’air de rien. Et j’attendais encore, pour être encore déçu, et attendre encore. Même si « déçu » n’est probablement même pas le bon terme.
Peut-être qu’il voulait simplement raconter une bonne histoire, et que je cherche la petite bête là où il n’y a rien à chercher d’autre que ce qui est sous mon nez. C’est possible ; j’en ai lu, des histoires comme celle-là. Il y en a même que j’ai bien aimées. Mais encore une fois, en les refermant, je savais où me situer. Là : je ne sais pas. Et ça me fout hors de moi. Je n’arrive pas à comprendre pourquoi ce roman n’arrive pas à trouver une place claire dans mon esprit. Je ne l’aime pas, je ne le déteste pas, je lui trouve des qualités comme des défauts, mais je serais incapable de dire ce que j’en pense vraiment.
Ce qui va probablement m’amener à le détester, alors qu’il ne le mérite clairement pas. Insupportable.

Arrêtons là les frais. Toi l’immortel est un roman remarquable par ses ambitions créatives et la profondeur de certains de ses concepts. Il raconte une tranche de vie singulière dans un contexte unique, il fait des choses que je n’ai que très rarement croisées dans mon parcours littéraire, avec peu de défauts notables ou vraiment gênants. Mais je l’aurais sans doute oublié dans quelques jours, si seulement je n’étais pas si obsédé par l’idée de comprendre mes propres sentiments et mon trop régulier manque d’émotions à la lecture.
Je sais pas.

Au plaisir de vous recroiser.
En attendant, que votre avenir soit rempli d’étoiles. 😉

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