Et ça continue, encore et encore.
Comment survivre à un roman d’horreur, Mallory Arnold
Fini.
J’ai vu ce bouquin apparaître dans mon rayon et le pitch de base était tellement et scandaleusement proche d’Une histoire qui finit mal, lu le mois dernier, que je devais en avoir le cœur net. Et bon, on est clairement pas dans un cas de plagiat bizarre dans un sens ou dans l’autre, tout juste dans une manifestation curieuse de la noosphère, à mes yeux.
Ne serait-ce que parce que dans le cas présent, ce n’est pas un bon roman. L’idée d’ensemble est tout à fait ok, honnêtement, mais l’exécution est vraiment pas au niveau. Facilités narratives abusées, personnages détestables et stupides, horreur timide et éparse en plus d’être thématiquement inconsistante, morale discutable, twists à la manque, suspense quasi inexistant, énigmes moisies : y a pas grand chose qui va là-dedans. C’est bien beau d’essayer de faire dans le meta, mais faut maîtriser un peu plus la matière pour se permettre des audaces comme celles que tente Mallory Arnold ici. Et quand on ose citer Princess Bride, bordel, on le fait correctement.
Nan, j’aurais préféré être magnanime, mais c’est vraiment pas bon. J’oserais même dire : c’est pas bien.
Les bouchères, Sophie Demange
Abandon page 103/259
D’abord et avant tout un problème de marketing, encore une fois, je le crains. Tentative motivée par un sticker « une vengeance à l’humour tranchant » apposé sur la couverture, arrivé à la moitié, peu de vengeance, et encore moins d’humour. On est plutôt dans une tranche de vie collective aux tons féministes, aux accents légitimement revanchards. En résulte un récit franchement sympathique, mais un peu mou du genou, qui se complait dans sa mise en place sans m’avoir donné assez d’éléments sur lesquels bâtir une promesse accrocheuse. C’est bien intentionné, mais ça manque cruellement de mordant et de rythme.
Tous les démons sont ici, Craig Johnson
Fini.
Très chouette découverte ! En dépit du fait que je sais très bien prendre un train en marche avec ce septième épisode de la longue série des Walt Longmire, j’étais curieux de voir ce que le résumé prometteur cachait ; et c’est un roman d’action-aventure fort sympathique, un brin référencé, bien rythmé et assez malin. Certes, je me suis salement spoilé des éléments de romans passés et je n’ai certainement pas toutes les données pour appréhender correctement l’univers créé par Craig Johnson, mais le texte se suffit bien assez à lui-même pour faire opérer son charme hard-boiled mais relativement sensible.
Mention spéciale au héros, que je trouve vraiment réussi, dans le genre bourru mais pas bourrin, me rappelant plus souvent qu’à son tour mon cher Samuel Vimaire, pour le côté « je pourrais être un connard mais je me surveille » allié à un courage parfois téméraire mais jamais vraiment inconscient. Et tant qu’à faire des comparaisons narratives avec Terry Pratchett, on peut aussi en faire une, certes ponctuelle mais indiscutable, quant au talent métaphorique acidulé de Craig Johnson ; les « genoux qui jouent la mélodie de la laitue », je pense que ça va me rester. Par ailleurs, si je devine ou subodore certaines maladresses dans le traitement, je sens surtout une grande volonté de respect dans la présence marquée des natifs américains dans la distribution secondaire du roman et de son univers littéraire, et ça fait plaisir.
Arrivé au bout, le fait est que j’ai envie de reprendre tout ça depuis le tout début pour vraiment profiter à fonds des connaissances glanées ici, donc c’est que c’est indubitablement réussi. Satisfaisant.
À la ligne, Joseph Ponthus
Abandon page 80/273
Réputation amplement méritée. Alignement audacieux du fonds et de la forme, litanie insupportable du travail prolétaire dans ce qu’il a de plus cru, répétitif, stupide et arbitrairement cruel. Je n’ai laissé tomber que parce que j’ai très vite eu le sentiment que le bouquin prêchait un converti ; et comme je subvocalise quand je lis, le rythme extrêmement haché induit par les passages à la ligne rend l’expérience assez pénible, pour ne pas dire fatigante. J’ai initialement tenu, mais au bout d’un moment, mon manque d’appétence pour la littérature de compte-rendu m’a fait rendre les armes ; les réalités dépeintes par Joseph Ponthus dans ce bouquin me sont simplement nocives. Ironiquement, c’est sans doute parce que le roman est réussi et si bien pensé que je n’ai pas su l’encaisser.
RIP.
SP – La Dame de la Seine, Claire Duvivier
Fini.
Chronique à venir pour la rentrée littéraire. Sortie le 21 Août. 😀
Et voilà. Une petite sélection pour cette fois.
On finit sur une touche de mystère pour faire bien, et derrière, on attaque bille en tête les lectures pour la Rentrée Littéraire, et croyez moi, ça va être un sacré morceau.
Au plaisir de vous recroiser.
En attendant, que votre avenir soit rempli d’étoiles. 😉

la cruauté de la dernière entrée là, t’as pas honte ? XD
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Si y a que ça je t’envoie la chronique en privé, hein. =)
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