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Célestopol, Emmanuel Chastellière

Peeps – Be The Wolf (Extrait de l’album Rouge)

Il y a, parfois, des bouquins qu’on voit, qu’on croise, en se disant qu’il serait peut être de bon aloi de s’y intéresser de plus près, mais curieusement, sans passer le pas, toujours retenu par un autre ouvrage, par une actualité plus pressante ou simplement par des impératifs d’autre nature. Et ainsi, j’avais remarqué Célestopol, parce que sa couverture promettait une ambiance steampunk, un genre qui a toujours cruellement fait défaut à ma bibliothèque; et aussi parce que l’auteur semblait avoir frappé fort avec L’Empire du Léopard chez CRITIC, un éditeur pour qui j’ai une tendresse et un attachement particuliers.
Maintes fois, je me suis fait la réflexion qu’un ouvrage comme celui ci mériterait largement sa place dans ma PàL, mais autant de fois, il échappait à mon esprit, submergé que j’étais à l’époque de considérations, de prescriptions, professionnelles ou autres. Négligence coupable que le destin ne tarderait pas à corriger, puisque avant de pouvoir me rendre compte que j’avais encore une fois commis l’impair de l’oubli; au hasard d’une séance de dédicace à laquelle une amie libraire participait de l’intérieur, Emmanuel Chastellière me fit l’aimable don d’une dédicace dans l’ouvrage qui me fut donc offert par la suite par cette même amie.

Il était donc bien temps de découvrir l’ouvrage, atypique recueil de nouvelles se déroulant toutes dans la ville lunaire de Célestopol; un ouvrage se situant à égale distance entre l’uchronie, le fantastique, le steampunk et la science fiction, ambitieux mélange.
Autant le dire tout de suite, un mélange réussi. Si la formule générale est pour le moins surprenante, les premières nouvelles servant à mettre en place la diégèse et pouvant peut être laisser un goût de trop peu en bouche, la suite des événements et la construction globale de l’ouvrage comble habilement les trous pour finalement construire une image d’ensemble cohérente, solide, et surtout magnifique. Le projet est autant de raconter des histoires que de construire une ville avec des mots. A travers les portraits des différents personnages et péripéties qu’ils traversent, c’est Célestopol qui nous est dépeinte avec une plume très élégante, adaptant son style en fonction des aventures des protagonistes.
Le plaisir de lecture est le plus fort dans les moments où l’on retrouve certains d’entre eux, à d’autres moments, dans d’autres endroits, venant se greffer à des histoires autres que les leurs, complétant légèrement leurs portraits, réduisant d’autant le volume nécessaire à certaines explications, apportant avec eux autant de pièces de l’immense et superbe puzzle que constitue Célestopol, la ville, comme le recueil.

C’est là la principale réussite de l’ouvrage à mes yeux. Car il faut bien l’admettre, j’ai eu un peu de mal à avancer dans les premières nouvelles, trouvant certaines histoires incomplètes, certains enjeux trop vite effleurés ; ce fut pour être d’autant plus agréablement surpris de voir resurgir ces problématiques quelques pages un peu plus loin, répondant à certaines questions laissées sans réponse, poussant plus loin des histoires qui pouvaient paraître légères au premier abord. Et ainsi, tout doucement, se construit la fresque d’une ville et de ses habitants, vivant tous à différents niveaux, confrontés à des situations différentes, plus ou moins complexes, plus ou moins prenantes pour le lecteur en fonction des angles qu’adopte l’auteur, en fonction des filtres des histoires qu’il nous raconte.
Et quelle fresque. Beaucoup de détails qui se révèlent ne pas en être au détour d’une autre page, beaucoup d’excellentes réflexions qui nous ramènent à notre propre existence, au gré de récits se répondant les uns aux autres, allant chacun explorer des registres variés et très différents dans l’Imaginaire. Tout y passe ou presque, dans les thèmes comme dans l’exécution, sans jamais paraître comme un inventaire, mais bien comme une mosaïque riche et colorée, pas par dessein mais presque par nécessité cosmique. L’effort est porté sur la cohérence de l’ensemble, sur la solidité de l’architecture globale ; ce qui est là l’est pour une bonne raison, et la volonté de faire bien impose de bien faire, amenant tous les éléments à s’imbriquer les uns dans les autres, encore une fois avec une élégance certaine.

Célestopol, quelque part, serait à mes yeux plus volontiers identifiable comme un roman, celui d’une ville, dont ces nouvelles sont autant de quartiers, de fondations, de blocs avec lesquels joue Emmanuel Chastellière, y introduisant ses personnages pour mieux la faire vivre. Il ne se prive pas de faire des allers et retours dans le temps et l’espace, permettant de faire suite à certains événements passés dans le recueil, de donner un contexte à d’autres à venir, ou inversement. Il y autant de plaisir à lire ce qui nous est conté que d’anticiper ce qui nous reste à lire, ou bien relier les points, entre ce que nous savons et ce qui nous reste à découvrir. Une sorte de jeu de piste littéraire fictif , un joli challenge intellectuel, qui une fois terminé, nous pousserait presque à recommencer du début pour voir si on a raté un détail caché, peut être une histoire cachée entre les lignes, une référence qui nous aurait échappé. Et finir un livre avec l’envie de le recommencer, c’est souvent plutôt bon signe.

J’ai autant lu Célestopol pour l’envie de la découverte que parce que c’était un joli cadeau que l’on m’avait fait. En l’achevant, je me retrouvai surpris, avec l’envie de plus en découvrir, tant de l’auteur que de l’univers qu’il a su si habilement construire. Ce recueil est un excellent exemple du genre, dont la construction toute architecturale participe au plaisir de lecture. Et encore aujourd’hui, je ne peux qu’être heureux de connaître des gens qui savent m’offrir d’aussi beaux cadeaux. Le problème, c’est que ça m’encouragerait presque à prendre mon temps pour me les offrir moi même.

Au plaisir de vous recroiser,
En attendant, que votre avenir soit rempli d’étoiles. 😉

6 comments on “Célestopol, Emmanuel Chastellière

  1. muriellerochebrunet dit :

    Parfait ! Et au passage comme j’ai appris ce que steampunk veut dire (et oui, je suis ignare), j’ai eu des images tout au long de la lecture de cet article… Même si ce ne sont pas les bonnes, elles étaient belles et intéressantes 🙂

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  2. OmbreBones dit :

    Comme toi, c’est un roman / recueil que j’ai adoré et auquel j’ai trouvé beaucoup de qualités même si, comme toi, j’ai mis du temps à me lancer. C’est la malédiction des actualités littéraires trop chargées. Quand on manque le coche…

    Aimé par 2 personnes

  3. Merci encore pour la chronique !

    Aimé par 1 personne

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