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Sous l’ombre des étoiles, Thomas Geha

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The Score feat. AWOLNATION – Carry On

Après la lecture de Des Sorciers et des Hommes, je me suis fait la promesse, à terme, d’acquérir, ou lire, à défaut, tous les ouvrages de Thomas Geha. Et si j’avais eu l’illustre chance de pouvoir lire Une île (et quart) sous la lune rouge avant sa publication dans le présent ouvrage en compagnie du texte dont il est question aujourd’hui chez Hélios, je me suis dit qu’en avoir une autre copie en plus d’un nouveau texte, c’était tout bénef’ ; parce que prêter des bouquins qu’on aime, c’est aussi quelque chose de gratifiant. Fait amusant, après un texte de fantasy excessivement convaincant, un texte plutôt axé fantastique de très bonne tenue selon mes yeux particulièrement difficiles, un très bon recueil de nouvelles (dont il faudra que je songe à vous parler un jour), il était donc temps de m’attaquer à la science-fiction de Thomas Geha pour compléter ma panoplie de bon petit fanboy ; avant de pouvoir, un de ces jours, me lancer dans Alone ou Le Sabre de Sang.
Ma confiance était totale avant de commencer, clairement, sans même savoir de quoi il allait être question, exactement. Et quel plus grand plaisir que de voir cette confiance récompensée au bout de seulement une dizaine de pages quand j’ai compris exactement de quoi il allait être question, vraiment. Encore une fois, j’ai été séduit et convaincu par le travail de Thomas Geha, et je m’en vais vous raconter tout ça.

Kee Carson, tireur d’élite à bord du Templier, vaisseau de guerre mobilisé pour l’affrontement contre les Salamandres, race alien hostile, se voit contraint à l’évacuation à bord d’une capsule de survie, en cryostase. Il se réveille quelques 250 ans plus tard sur la planète Seinbeck, au sein d’une tribu disparate, à laquelle appartient notamment un Salamandre. Or, si sa haine envers les Salamandres est intacte, sa place au sein de la tribu, et donc sa survie, dépendront précisément de sa capacité à faire fi de cette haine, car la rancune n’y a pas sa place.

La principale qualité de la plume de Thomas Geha, c’est sa profonde humanité, aux deux extrémités du spectre, qu’il sait écrire comme peu d’autres, exploitant à merveille les plus grandes qualités comme les pires défauts de ses protagonistes. Kee Carson est humain, et ça se ressent, dans le rendu de ses pensées et de ses réflexions comme dans son attitude, encore plus dans le contraste avec la tribu qui l’accueille. Encore et toujours, j’ai été séduit par le souffle des personnages que j’ai eu le plaisir de lire, mais encore plus par ce qu’ils représentaient, par leurs choix, bons ou mauvais, mais toujours cohérents. Si j’ai si vite su que ce roman se rangerait dans la catégorie de ceux que j’ai aimés lire, c’est bien parce que son objectif m’est très vite clairement apparu, dans toute sa douce simplicité. Thomas Geha a cette qualité assez unique qui lui permet de dépouiller ses récits du moindre symbolisme détourné pour leur faire exprimer les choses de façon très directe, mais sans jamais leur faire perdre en poésie, avec notamment un jeu sur la forme et les points de vue. Un réel don de conteur que je n’ai pour le moment que rarement croisé, ou jamais avec une telle constance. Avec comme exemple notamment, un monologue de Kee, au centre du roman, qui en constitue le pivot central ; ce dernier n’a rien de révolutionnaire en soi, mais il a pourtant su me prendre par surprise et me faire ressentir une réelle et rare émotion, car l’auteur arrive à le rendre extrêmement organique, cohérent et réaliste à l’aune de l’évolution de Kee. Si j’aime beaucoup avoir à creuser entre les lignes, parfois, une certaine franchise littéraire, quelque chose de plus direct, se trouve être diablement rafraîchissant, surtout lorsque c’est au service d’un récit si efficace et inventif.

SI je suis si friand du travail de Thomas Geha, c’est sans doute car j’apprécie sa façon de lier les destins tout personnels de ses personnages à des concepts et des réflexions très universel·le·s, en tâchant de rendre aussi humain – ou conscient – que possible les rouages de ses intrigues. Il ne s’agit pas tant de décortiquer une problématique précise et de l’intégrer à la psychologie de ses personnages, mais plutôt de créer des situations desquelles il puisse extraire un maximum de questionnements sans les creuser intégralement lui-même, mais plutôt en nous les laissant à dispostion. Je crois savoir que je partage avec l’auteur le goût de la capacité de « miroir déformant », de laboratoire, de l’Imaginaire, ce qui explique sans doute aussi à quel point il me soit facile d’appliquer cette grille de lecture à son travail. Il crée des mondes, des intrigues et des personnages qui s’imbriquent parfaitement les uns dans les autres dans une optique de réaction synergique : des multiples additions d’idées en naissent de nouvelles, amenant avec elles un lot d’observations et de questions passionnantes. Et si ici, il s’est agi pour moi d’interroger le poids de la culture et des systèmes que nous créons dans nos processus décisionnels et la notion de libre-arbitre, je ne serais pas persuadé que tout le monde aurait la même lecture que moi de ce roman ; ce qui est à mettre au crédit de sa richesse.

Encore une indubitable réussite donc, sachant condenser la majeure partie des qualités que je prêterais personnellement à la science-fiction de qualité, ou du moins celle qui me parle ; celle qui sait raconter de belles choses imaginées tout en sachant faire de subtils rappels à notre réalité et créer quelque chose d’unique, à la croisée des chemins. Une littérature capable tout à la fois de nous montrer le meilleur comme le pire de nous-même, à la fois pour nous élever hors de la fange et nous montrer la boue sur nos bottes. J’aime Thomas Geha car il ne s’égare jamais gratuitement dans la candeur ou le cynisme, il sait bien souvent rester exactement entre les deux, dans une subtile lucidité dont il nous fait cadeau, emballée dans de jolis mots qui font, au bout du compte, surtout du bien.
On pourrait m’accuser de ne pas être totalement objectif, et ce serait sans doute assez vrai pour me faire sourire de façon à peine coupable. Parce que je sais, au fond de moi, que Thomas Geha mérite surtout d’être plus connu, et répandu. Lisez Thomas Geha. Commencer par Sous l’ombre des étoiles et Une île (et quart) sous la lune rouge ne serait, à ce compte-là, pas la pire des décisions. Mais le choix vous appartient, bien sûr.

Au plaisir de vous recroiser.
En attendant, que votre avenir soit rempli d’étoiles. 😉

7 comments on “Sous l’ombre des étoiles, Thomas Geha

  1. Célindanaé dit :

    Tout à fait d’accord, lisez Thomas Geha 🙂

    Aimé par 2 personnes

  2. UneBulledefantasy dit :

    Très belle chronique ! J’ai commencé par la lecture de la novella avant de lire le roman. Tellement d’accord avec toi ! Thomas Geha mérite d’être davantage connu. J’ai prêté récemment Des Sorciers et des Hommes à une amie et je n’hésiterai pas à faire de même avec ce livre là. Tu comptes lire quel livre de lui après celui-ci ?

    Aimé par 1 personne

    1. Laird Fumble dit :

      Merci beaucoup ! 🙂
      A priori, je me jetterai sur l’intégrale du Sabre de Sang dès qu’elle sera disponible, Colme me manque terriblement. =)

      Aimé par 1 personne

      1. UneBulledefantasy dit :

        Il a l’air trop bien ce livre aussi !

        Aimé par 1 personne

  3. muriellerochebrunet dit :

    Merci encore une fois pour cette chronique. Question toute personnelle… il semblerait qu’il n’y ait rien à voir avec Une île (et quart) sous la lune rouge que j’ai juste sur-adoré, quel est le risque de la déception ?? Ahaha, facile comme question !!!!!

    Aimé par 1 personne

    1. Laird Fumble dit :

      C’est pas le même genre du tout. Je dirais que le risque est présent, mais que la plume de Thomas Geha compense aisément la distance.

      J'aime

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