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Lord Cochrane vs l’Ordre des Catacombes, Gilberto Villarroel

French Perfume – Great Big Sea (extrait de l’album Sea Of No Cares)

J’attendais ce roman avec impatience. Son prédécesseur, Cochrane vs Cthulhu, avait été une de mes meilleurs surprises de l’année passée, et j’avais très envie de retrouver son héros et ses aventures, tout simplement, parce que j’avais une totale confiance en la capacité de son auteur à renouveler l’exploit, avec en plus l’espoir de trouver mieux.
Et en effet, ce tome était meilleur que celui que j’avais eu la joie de parcourir auparavant, pour tout un tas de raisons. Nulle raison de diluer mon introduction au delà du nécessaire, à l’attaque.

Lord Cochrane est de nouveau en fuite des pouvoirs du Royaume d’Angleterre, et le voilà à Paris pour rendre visite à son vieil ami Jean-François Champollion dit Le Jeune dans un but un peu nébuleux. Il s’avère que leurs retrouvailles les amènent à se remémorer les événements ayant eu lieu 11 ans auparavant à Fort Boyard et leur malheureuse rencontre avec un dieu ancien endormi sous les flots de l’Atlantique. La menace est de nouveau éveillée, mais sous une forme différente cette fois, Cochrane et ses alliés se sont fait de nouveaux ennemis avec lesquels il faudra composer d’une toute autre manière.

Première audace donc. Ce roman se situe 11 ans après Cochrane vs Cthulhu, et en constitue de fait une suite suffisamment éloignée pour se constituer en stand-alone très solide ; se raccrochant ponctuellement aux événements du volume précédent sans le rendre indispensable à sa compréhension ou au plaisir de sa lecture. De fait, on se retrouve très vite plongé dans une histoire complètement différente, aux implications nouvelles, ce qui crée un sentiment de dépaysement sur le sentiment de dépaysement, et le plaisir s’en retrouve décuplé d’autant. Si on ajoute à ça les clins d’œil et allusions de l’auteur à des péripéties qui ne nous ont pas encore été contées et qui semblent diablement prometteuses, on se retrouve tout autant à apprécier le sentiment d’en savoir plus que certains personnages que celui de simplement devoir anticiper celui qu’on aura en découvrant un jour de quoi il retourne exactement ; que les aventures en question soient en rapport ou non avec le mythe de Chtulhu, d’ailleurs, puisque Lord Cochrane a eu une vie passablement passionnante. Le terreau pour la fiction de Gilberto Villarroel est passablement fertile.

Pas de surprise de ce côté là, évidemment, l’audacieux marin écossais éclabousse toujours le roman de sa classe insolente, avec toujours le soutien parfait de son auteur qui parvient à toujours rendre ses éclats parfaitement crédibles et plausibles, explicitant ses réflexions et prises de décision de sorte à ne pas le rendre stupidement imbattable, mais juste à le mettre à la hauteur de sa légende. J’ai toujours admiré les auteurices qui savent rendre compte des intelligences supérieures avec clarté et évidence, Gilberto Villarroel est clairement de cielles-là ; et c’est un plaisir sans borne de lire les raisonnements de Cochrane se dérouler au fil des pages pour être prouvés par les événements qui suivent sans jamais sembler tirés par les cheveux ou être subordonnés à la narration, y compris lorsqu’il fait des erreurs. Le lord écossais apporte une dose de mécanique dans un récit très organique, aidé en cela par les relations humaines qu’il entretient avec ses alliés et amis, avec un souffle indéniable qui renforce encore l’attachement . L’équilibre entre toutes les parties convoquées par l’auteur est quasiment parfait.

À cet égard, il faut sans doute saluer les avancées dans la cosmogonie créée par Gilberto Villarroel, qui à l’occasion de ce volume, creuse encore les intrications entre le mythe de Chtulhu et son propre univers étendu. Quelques surprises et révélations de taille, notamment par leur audace, dans ce récit, qui m’ont d’autant plus pris de court qu’elles étaient parfaitement intégrées à la cohérence globale, la renforçant même au passage, expliquant implicitement quelques détails et événements qui auraient pu poser poser question dans le cas d’un examen plus approfondi. Cet effort de world-building associé à la volonté claire de l’auteur de varier ses scènes et ses enjeux confère à l’ensemble une richesse très plaisante, qui donne autant envie de lire les autres occurrences à venir des aventures de Lord Cochrane que de se replonger dans la lecture de ce qui existe déjà avec une nouvelle curiosité. Ce qui, au bout de seulement deux tomes, n’est pas un mince exploit, à mes yeux.

Et si on ajoute à cela le fait que Gilberto Villarroel maîtrise encore mieux son rythme et ses effets qu’auparavant, sachant notamment faire un peu plus confiance à son lectorat pour retenir certaines informations sans avoir à les lui rappeler toutes les deux pages, on a toutes les raisons d’être enthousiaste pour la suite. Même si mon honnêteté me commande de signaler quelques longueurs, tout de même, ainsi que l’utilisation bien trop fréquente de l’appellation de « marin audacieux » pour parler de Lord Cochrane. Ce n’est pas factuellement faux, mais au bout de plus de 400 pages, lire et relire cette expression devient terriblement répétitif ; je serais le premier à dire que ce n’est qu’un détail, d’autant plus à l’aune de l’excellence du roman, mais pour que je le remarque, c’est quand même qu’il y a quelque chose d’une obsession dans cette utilisation.
Mais bon, c’est vraiment pour être tatillon hein, c’est vraiment un détail. Je trouvais ça assez amusant à pointer du doigt, en fait, puisque j’ai juste pris du plaisir dans tout le reste de la lecture.

Une découverte qui confirme son excellence et augure de lectures encore plus divertissantes et instructives à venir. Je demeure admiratif de la capacité de Gilberto Villarroel à créer une uchronie aussi solide que plaisante à lire, sachant introduire dans les failles de notre histoire des leviers alternatifs, pour y créer des des zones de flous passionnantes à parcourir en compagnie de Lord Cochrane et ses alliés. Tous les compliment que j’avais pu formuler à l’égard de Cochrane vs Cthulhu se retrouvent ici magnifiés par l’absence de la plupart des reproches que j’avais pu y faire, avec le plaisir supplémentaire de changer complètement de perspectives sur beaucoup d’aspects du récit.
Et si j’en crois les protagonistes comme l’auteur, Lord Cochrane reviendra. Ce qui voudra sans doute dire qu’il me reste beaucoup de choses à lire et découvrir en sa compagnie. Et j’ai hâte. Très hâte.

Au plaisir de vous recroiser.
En attendant, que votre avenir soit rempli d’étoiles. 😉

3 comments on “Lord Cochrane vs l’Ordre des Catacombes, Gilberto Villarroel

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