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Saga Cochrane T3 – Lord Cochrane et le trésor de Selkirk

The Mountain – Three Days Grace (extrait de l’album Outsider)

Ce n’est un mystère pour personne depuis Lord Cochrane vs l’Ordre des Catacombes tout particulièrement, je suis très client du travail de Gilberto Villaroel, expliquant mon enthousiasme anticipé à la lecture de ce troisième volume des aventures de ce sacré Cochrane. Je m’étais mis ça de côté dès la sortie pour un moment tranquille, celui où j’aurais besoin de me ressourcer avec un travail de confiance, sans trop me prendre la tête ; ne pas avoir à sortir une trop longue chronique, me contentant de reprendre mes arguments de satisfaction passés avec le sourire ni trop d’efforts, d’une façon complètement justifiée.
Mais alors, soit je joue de malchance, soit effectivement je deviens vraiment pénible, à force, mais cette fois-ci, la magie n’a pas vraiment opéré, en tout cas certainement pas à plein. Alors on est pas sur la déception de l’année ou une purge littéraire tranchant cruellement avec le travail passé, certainement pas. Mais il faut admettre, quand même, que je trouve que Gilberto Villaroel m’avait habitué à mieux. Mais je crois que je sais pourquoi je ne suis pas aussi conquis que d’habitude, et comme toujours, je vais tâcher de vous expliquer au mieux.
Embarquons, voulez-vous.

1822. Lord Cochrane est amiral de la flotte chilienne alors qu’un terrible tremblement de terre frappe Valparaiso et endeuille la ville comme sa population, précipitant encore un peu plus le pays vers une guerre civile semblant inévitable. Mais ces circonstances troublées ne détournent pas le marin écossais de ses curiosités, passions et recherches. Lorsque en remerciement de ses services rendus le dirigeant du Chili lui confie un secret relatif à l’existence d’un trésor caché sur l’archipel de Juan Fernandez qui pourrait bien avoir un lien avec Cthulhu, Cochrane n’hésite pas, et part à sa recherche.

Et alors si vous avez déjà un peu suivi les aventures de Lord Cochrane, la date de ce résumé devrait vous faire un peu tiquer, déjà. Parce qu’effectivement, la principale curiosité de ce troisième volume, et sans doute le principal reproche que j’ai à lui faire, c’est sans doute le fait qu’il se situe chronologiquement entre le premier et le deuxième volumes déjà publiés. Mais alors pour ne pas non plus faire le pinailleur suprême, ce n’est pas tant ça que je lui reprocherais, exactement, mais plutôt ce que cela signifie en termes d’enjeux au sein du roman en lui-même, les conséquences que ce choix entraîne. Parce que sachant déjà partiellement ce qui se déroule dans le deuxième tome (et donc le troisième dans l’ordre chronologique), on perd déjà sacrément en suspense ; ce que je ne peux pas m’empêcher de trouver dommage dans un roman d’aventure. Et c’est franchement dommage, je trouve, de me rendre compte ainsi de la puissance de la linéarité classique des histoires.
D’autant plus avec l’ambition affichée – absolument respectable – de l’auteur de rendre tous ses romans indépendants les uns des autres, autonomes dans leurs déroulements et leurs intrigues, avec seulement un long fil conducteur pour les relier au fil des découvertes de son lectorat. J’aime vraiment bien ça, en soi. Mais alors pourquoi faire autant de rappels à d’autres histoires passées en permanence au fil du récit, et surtout, pourquoi faire de ce volume une histoire finalement pas du tout autonome, dépendant d’une suite, pour nous offrir sa conclusion. C’est en soi un spoil, j’en conviens, mais il me paraît tout de même utile de faire cette précision, par souci d’honnêteté : arrivé à la fin de ce récit, j’étais tout le contraire de rassasié : j’avais tout à la fois envie d’avoir le volume suivant sous la main pour le lire immédiatement et l’impression qu’on s’était un peu moqué de moi.

Ces sentiments paradoxaux sont sans doute à mettre autant au crédit qu’au débit de l’auteur, témoins partagés de son réel talent de conteur, immuables, et des malheureux défauts habituellement pardonnables qu’il a sans doute un peu trop mobilisés à mes yeux pour ce tome précis. J’avais déjà pu dire dans mes chroniques passées que je saturais un peu de la formule « marin audacieux » beaucoup trop utilisée pour désigner Lord Cochrane, ou des rappels un peu trop fréquents aux événements passés d’un chapitre à l’autre. C’était surtout le cas dans Cochrane vs Cthulhu, et nettement moins dans sa suite, ce que j’avais salué, y voyant une certaine maturation dans l’écriture de l’auteur. Malheureusement, je dois constater que dans ce tome précis, on assiste plutôt à une régression, que je regrette. Parce que non seulement ces défauts se retrouvent de nouveau en nombre trop important pour ma patience, mais pire, j’ai eu l’impression que Gilberto Villaroel diluait son récit au delà du raisonnable.
Alors qu’il avait dans le roman précédent atteint un niveau de concision et d’efficacité absolument délicieux, j’ai trouvé que l’auteur, ici, se délectait de nous raconter une quantité affolante de détails triviaux et redondants, se concentrant sur des aspects de son univers jusque là judicieusement laissés de côté. Pour être tout à fait franc, j’ai eu le sentiment que la première moitié du roman se perdait dans des considérations géopolitiques superfétatoires, en tout cas hors de proportions dans leur rapport à ce que le titre du roman semblait promettre. Et je ne veux pas dire par là que l’histoire du Chili, les contributions de Cochrane à cette dernière ou des considérations plus intimes à son sujet ne m’intéressent pas, en elles-mêmes, surtout bien intriquées au reste du récit. Mais à ce stade de familiarité avec la saga de Gilberto Villaroel, le dépaysement dans les thèmes où le ton était sans doute un peu trop violent, et surtout décevant. Je venais pour l’aventure et la malice de Lord Cochrane, pas pour ses peines de cœur, ses atermoiements ou des considérations extérieures à ses aventures propres.

Comme souvent, c’est la frustration plus qu’aucun autre sentiment qui m’étreint et guide mes mots. Parce qu’encore ici, les qualités habituelles de l’auteur, à savoir les dynamiques interpersonnelles dans l’équipe de Cochrane, le jeu de piste autour de Cthulhu ou les prouesses militaires d’un soldat d’exception face à une opposition à sa hauteur, je les ai retrouvées, mais seulement ponctuellement, et sans doute trop timidement. Si je comprends sa volonté louable de montrer l’importance de Cochrane à l’échelle du Chili, comme de rattacher à ce récit fantasmé des pans entiers de la réalité historique, je ne suis ici pas convaincu que le dosage fut aussi réussi qu’auparavant. Pour être tout à fait franc, en dehors du troisième quart du roman, je me suis un peu trop souvent ennuyé ; le cœur de ce récit particulier était trop emballé dans des considérations tierces qui ne faisaient que retarder l’action au sens littéraire. Il y avait des mots d’écrits, en quantité, mais ils ne racontaient finalement pas grand chose. Ce qui est d’autant plus frustrant quand on sait ce dont l’auteur et capable, et ce qu’il nous promet en évoquant des aventures pas encore écrites mais qui ont eu lieu dans l’histoire de nos personnages semblant autrement plus passionnantes que ce qu’on est en train de lire, ou dans la suite à venir.

À dire vrai, je me rends compte qu’en fait ce roman n’était finalement qu’une très (trop) longue introduction au roman qui va lui faire suite, une sorte de succession de faux départs. Il contenait certes de bons moments et une bonne part des qualités habituelles de l’auteur, mais trop dispersés et trop courts à l’aune du reste. Je trouve que ce récit souffre avant tout d’un trop grand contraste qualitatif avec ses prédécesseurs, plus que d’un réel déficit de qualité en lui-même. Avec un récit plus synthétique et un cadrage plus adapté à ce dernier, moins éclaté, je crois sincèrement que j’aurais été beaucoup plus réceptif, et nettement plus enthousiaste. En tout cas beaucoup moins frustré par le sentiment d’avoir à attendre la suite pour réellement lire l’histoire qui m’a été promise sur 460 pages. C’est pas tant que c’était pas bon ou raté, c’est juste qu’il y avait tellement mieux, mais alors tellement mieux à faire avec exactement les mêmes éléments arrangés autrement.
Sachant que malgré ma relative acrimonie, je n’ai absolument aucun doute sur le fait que cette suite, lorsqu’elle paraîtra, je la lirai. Parce que je fais confiance à Gilberto Villaroel, tout de même. Il a su m’enthousiasmer auparavant, il saura sans doute le refaire à l’avenir. En tout cas je l’espère sincèrement.
Nous verrons bien.

Au plaisir de vous recroiser.
En attendant

3 comments on “Saga Cochrane T3 – Lord Cochrane et le trésor de Selkirk

  1. Lullaby dit :

    Je suis en retard sur cette série, n’ayant pas encore lu le tome 2. Mais vu ton retour, peut-être vaut-il mieux que je lise le 3 avant ?
    En tout cas, je le garde sur ma liste, pour le moment. Et j’ignorais qu’un 4e opus se préparait, je note aussi ! 🙂

    Aimé par 1 personne

    1. Laird Fumble dit :

      Si t’as envie de lire dans l’ordre chronologique des aventures de Cochrane, oui, il faudrait lire le T3 (et le 4) avant le 2.
      Mais ça risque de faire long, donc autant te faire plaisir en lisant le T2 direct qui est le meilleur de la série pour le moment, à mes yeux. 🙂

      Aimé par 1 personne

      1. Lullaby dit :

        Oki, merci pour le conseil ! 🙂

        J’aime

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